L’assassinat du vice-président afghan Haji Abdul Qadir porte un coup dur à la stratégie employée par le président Hamid Karzai pour mettre un terme au pouvoir des chefs de guerre régionaux, estiment des experts. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Karzai s’efforce de faire entrer ces chefs régionaux dans son administration, et l’acceptation de Haji Qadir, un Pachtoun considéré comme l’homme le plus puissant de l’est de l’Afghanistan, avait été considérée comme un important succès pour le président. La nomination de Haji Qadir avait aussi reflété le souci de M. Karzai, lui-même pachtoun, de satisfaire de manière équilibrée les diverses communautés ethniques rivales de l’Afghanistan. Cette stratégie a subi un sérieux revers avec la mort de Haji Qadir, estime le journaliste et analyste Ahmed Rashid, auteur de Taliban, livre de référence sur les miliciens islamistes qui ont dominé l’Afghanistan de 1996 à 2001. « De toute évidence, c’est un coup très sérieux. » « Haji Qadir était un chef de guerre qui avait été convaincu par Hamid Karzai de venir à Kaboul, de coopérer avec le gouvernement central et de permettre au gouvernement central d’étendre son pouvoir à l’est de l’Afghanistan, a déclaré Ahmed Rashid. C’était un développement très positif (...) et le signal aux autres chefs de guerre qu’ils devraient faire la même chose. » L’envoyé spécial sortant de l’Union européenne à Kaboul a récemment souligné que le plus grand défi auquel M. Karzai était confronté était précisément de faire rentrer dans le rang les seigneurs de la guerre. « Dès le début, le président Karzai a pris la décision d’intégrer ou d’inclure les leaders régionaux dans les autorités gouvernementales à Kaboul », avait déclaré l’envoyé européen, Klaus-Peter Klaiber. « Je pense que c’est une bonne approche et (...) je ne peux qu’espérer que cela marchera. C’est la grande question et le grand défi pour la nouvelle administration, à mon avis », avait-il ajouté. M. Karzai a fait entrer d’autres leaders régionaux dans son administration, nommant le seigneur de la guerre ouzbek Abdul Rashid Dostam au poste de vice-ministre de la Défense dans sa première administration intérimaire, et trouvant aussi un portefeuille pour Ismail Khan, qui domine sans partage la région de Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan. L’objectif était d’étendre le pouvoir des nouvelles autorités au-delà de Kaboul et d’accroître la sécurité dans l’ensemble du pays. Dès l’annonce de l’assassinat de Haji Qadir, l’ancien roi d’Afghanistan, Mohammed Zaher Shah, a estimé que cet assassinat était « un coup très dur au processus de stabilité du pays », selon son porte-parole. Un responsable de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), chargée de la sécurité dans la capitale afghane, a estimé que l’assassinat n’était pas nécessairement le signe d’une dégradation de la situation à Kaboul, où la sécurité s’est spectaculairement améliorée en quelques mois. Mais « cela montre que (la violence politique) fait toujours partie du paysage afghan », a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat. L’assassinat de Haji Qadir survient moins d’une semaine après que des dizaines de Pachtouns ont été tués par erreur lors d’un bombardement américain dans la province de l’Uruzgan, dans le centre-sud de l’Afghanistan. Pour Ahmed Rashid, « cela va certainement mettre en colère de nombreux Pachtouns », mais l’assassinat pourrait aussi provoquer « une vague de sympathie et de soutien pour Karzai ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’assassinat du vice-président afghan Haji Abdul Qadir porte un coup dur à la stratégie employée par le président Hamid Karzai pour mettre un terme au pouvoir des chefs de guerre régionaux, estiment des experts. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Karzai s’efforce de faire entrer ces chefs régionaux dans son administration, et l’acceptation de Haji Qadir, un Pachtoun considéré comme l’homme le plus puissant de l’est de l’Afghanistan, avait été considérée comme un important succès pour le président. La nomination de Haji Qadir avait aussi reflété le souci de M. Karzai, lui-même pachtoun, de satisfaire de manière équilibrée les diverses communautés ethniques rivales de l’Afghanistan. Cette stratégie a subi un sérieux revers avec la mort de Haji Qadir, estime le journaliste et analyste Ahmed Rashid,...