Le développement de l’Afrique, un défi à long terme
le 29 juin 2002 à 00h00
Les huit premières puissances mondiales font désormais du développement économique de l’Afrique leur pari à long terme et ont, à peine achevé jeudi leur sommet de Kananaskis au Canada, pris rendez-vous sur ce même thème l’année prochaine lors de leur réunion en France. À Kananaskis, le G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) a adopté un « plan d’action pour l’Afrique », s’appuyant sur l’initiative du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) lancée par plusieurs chefs d’État africains. Quatre d’entre eux, le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Sud-Africain Thabo Mbeki, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika et le Nigérian Olusegun Obasanjo, étaient présents au Canada. Ils ont été invités par le président français Jacques Chirac à revenir dans un an en France, pays qui exercera alors la présidence du G8. Si la satisfaction était de mise, tant auprès des chefs d’État et de gouvernement du G8 que de leurs homologues africains, le ton était un peu différent auprès des organisations non gouvernementales (ONG) qui ont dénoncé l’absence d’engagement financier immédiat. « La déclaration du G8 est un triomphe pour des pays sceptiques comme les États-Unis qui résistent à toute mise en commun de l’aide et préfèrent choisir des formes plus unilatérales de soutien pour l’éducation et la santé », a affirmé l’ONG Action Aid. « Le plan d’action du G8 se résume à de nouvelles étiquettes pour des promesses déjà faites », a estimé Henry Northover de Cafod, une organisation caritative catholique britannique. Les dirigeants africains invités à Kananaskis étaient pour leur part satisfaits. « Je ne pense pas que le G8 devait nous faire des déclarations d’engagement financier. Lorsqu’ils nous disent qu’ils vont nous aider, je le crois », a déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet Abdoulaye Wade. « Nous avons toutes les raisons de croire que les choses vont changer », a ajouté celui qui est considéré comme l’un des pères spirituels du Nepad, inspiré de son « plan Omega » pour l’Afrique. Pour les responsables africains, le Nepad et son souhait d’associer aide internationale et investissement public avec les initiatives du secteur privé sont le meilleur moyen de garantir le développement économique à long terme du continent le plus pauvre du monde. Mais les attentes sont mesurées : « On ne peut garantir à celui qui n’a qu’un dollar aujourd’hui pour vivre qu’il en aura deux demain. Les taux de croissance de 100 % n’existent pas », a constaté le président sénégalais. Pour Thabo Mbeki, l’absence d’engagement financier du G8 n’est pas surprenante. « Ce qui va maintenant arriver est que nous allons nous asseoir et entrer dans les détails des engagements et voir quelles sont les initiatives pratiques que nous pouvons prendre. C’est dans ce contexte qu’un calendrier et des volumes de ressources spécifiques seront déterminés », a-t-il affirmé. Le soutien du G8 a toutefois une contrepartie importante. Les pays africains vont devoir honorer leurs promesses de meilleure gestion de leurs affaires publiques et de lutte contre la corruption. « Le plan d’action est un partenariat. S’ils ne remplissaient pas leur part, l’argent ne viendrait pas », a affirmé Jean Chrétien, le Premier ministre canadien, président en exercice du G8. Il a rappelé que les critères du plan d’action avaient été retenus par les Africains eux-mêmes. « Nous ne pouvions pas dire : vous aurez l’argent quoi que vous fassiez. Il y a toujours la possibilité qu’ils ne satisfassent pas aux conditions du Nepad et, si c’est le cas, l’argent n’arrivera pas de la même façon. » Cette « conditionnalité » de l’aide au développement est l’un des thèmes favoris de l’Administration républicaine américaine du président George W. Bush qui a déjà prévu de se rendre en Afrique en 2003.
Les huit premières puissances mondiales font désormais du développement économique de l’Afrique leur pari à long terme et ont, à peine achevé jeudi leur sommet de Kananaskis au Canada, pris rendez-vous sur ce même thème l’année prochaine lors de leur réunion en France. À Kananaskis, le G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie) a adopté un « plan d’action pour l’Afrique », s’appuyant sur l’initiative du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) lancée par plusieurs chefs d’État africains. Quatre d’entre eux, le Sénégalais Abdoulaye Wade, le Sud-Africain Thabo Mbeki, l’Algérien Abdelaziz Bouteflika et le Nigérian Olusegun Obasanjo, étaient présents au Canada. Ils ont été invités par le président français Jacques Chirac à revenir...
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