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Actualités - Chronologie

Turquie Élections anticipées ou pas ? Les propos d’Ecevit sèment la confusion

Le Premier ministre turc Bulent Ecevit, malade, a semé la plus grande confusion jeudi en admettant pour la première fois la probabilité d’élections législatives anticipées avant de revenir peu après sur ses propos en affirmant avoir été « mal compris ». « Je crois avoir été mal compris. Il est hors de question d’organiser des élections anticipées avant 2004, j’y suis catégoriquement opposé », a-t-il dit à la presse devant son domicile où il est au repos médical assisté. Un peu plus d’une heure auparavant, M. Ecevit, 77 ans, avait pourtant indiqué devant le groupe parlementaire de son Parti de la gauche démocratique (DSP), première réunion politique à laquelle il participait depuis près de deux mois, que des « élections se profilent à l’horizon », tout en s’affirmant opposé à une telle éventualité. Il avait même demandé aux 128 députés (sur 550) de sa formation de se rendre dans leurs circonscriptions respectives afin de préparer le terrain à un scrutin. Le bref discours devant ses députés de M. Ecevit, qui a subi mercredi soir un contrôle médical complet à l’hôpital, a été émaillé de confusions dans l’emploi des mots. À l’issue de cette intervention, il s’est entretenu avec le président Ahmet Necdet Sezer, comme il le faisait une fois par semaine avant son alitement. Puis il s’est présenté devant les nombreuses caméras qui campent devant son domicile pour réfuter ses propres propos : « Quand j’ai évoqué des élections, c’étaient les prochaines, en 2004 », a-t-il dit. M. Ecevit a rejeté depuis sa première hospitalisation le 4 mai dernier les multiples appels à la démission et à des élections anticipées en raison de sa santé défaillante. Mme Tansu Ciller, chef du Parti de la juste voie (DYP, centre droit), principal parti d’opposition, a réagi aux déclarations du Premier ministre en estimant qu’il était « grand temps pour M. Ecevit de faire ses adieux au peuple. Il est même trop tard », a-t-elle ajouté. M. Abdullah Gul, vice-président du Parti islamiste de la justice et du développement (AK), a renchéri en réclamant des élections législatives, « inévitables », à l’automne prochain. Il s’est en outre interrogé ouvertement sur la « faculté de jugement » du Premier ministre. Un député du Parti de la mère patrie (ANAP, centre droit), membre de la coalition gouvernementale, a relevé que les propos de M. Ecevit avaient ouvert la voie à des discussions sur des élections anticipées. « Le génie est sorti de la lampe », a estimé Nihat Akbulut. M. Ecevit dirige depuis 1999 une coalition tripartite, mais sa mauvaise santé et les divisions de son gouvernement sur les réformes à mener pour adhérer à l’Union européenne font planer une lourde incertitude sur la vie politique du pays, avec des répercussions sur son économie en crise. Il a manqué toute une série de réunions politiques cruciales et ne pourra pas participer vendredi au Conseil national de sécurité (MGK), qui rassemble chaque mois les plus hauts dirigeants civils et militaires du pays. Ses propos jeudi ont provoqué une onde de choc sur les marchés financiers volatils, la livre turque (TL) perdant du terrain contre le dollar (1,64 million de TL), avant de se redresser pour revenir à son niveau de la veille (1,60 MTL). La Bourse d’Istanbul, qui était tombée la veille à son niveau le plus bas de l’année, chutant de 5,1 % à la clôture, s’est toutefois reprise jeudi, en hausse de 4,4 %, à 9 009 points, un phénomène lié, selon les analystes, à la reprise – même très partielle – des activités politiques de M. Ecevit ce jour.
Le Premier ministre turc Bulent Ecevit, malade, a semé la plus grande confusion jeudi en admettant pour la première fois la probabilité d’élections législatives anticipées avant de revenir peu après sur ses propos en affirmant avoir été « mal compris ». « Je crois avoir été mal compris. Il est hors de question d’organiser des élections anticipées avant 2004, j’y suis catégoriquement opposé », a-t-il dit à la presse devant son domicile où il est au repos médical assisté. Un peu plus d’une heure auparavant, M. Ecevit, 77 ans, avait pourtant indiqué devant le groupe parlementaire de son Parti de la gauche démocratique (DSP), première réunion politique à laquelle il participait depuis près de deux mois, que des « élections se profilent à l’horizon », tout en s’affirmant opposé à une telle...