Le gouvernement canadien a pris toutes les mesures nécessaires pour protéger le site sauvage de Kananaskis de l’invasion subite de milliers de personnes pour le sommet du G8, un effort sans précédent salué par les écologistes qui restent néanmoins inquiets. Le choix de cette petite station montagnarde des confins de l’Alberta n’avait rien pour plaire aux écologistes, puisque la région compte des concentrations de loups, d’ours grizzlis et de couguars parmi les plus fortes d’Amérique du Nord. Ottawa n’est pas resté sourd à leurs critiques et a demandé à un expert des écosystèmes, Bruce Leeson, de s’assurer que les décisions prises pour l’organisation du sommet n’auraient, au pire, qu’un impact très limité sur l’équilibre écologique fragile de ce paysage de carte postale. Cet expert n’a négligé aucun détail, allant jusqu’à encourager les membres des délégations officielles à réutiliser draps, serviettes, savons et tasses de café pendant le sommet pour ne pas surcharger le système de traitement des eaux. Les officiels auront cependant plus de chance que les milliers de policiers et militaires qui ont pris position dans les montagnes et les forêts autour de Kananaskis pour les protéger. Ceux-ci ont reçu l’ordre de ne laisser « aucune trace » de leur passage dans la nature. Ils doivent tout ramener avec eux, y compris leurs besoins, qu’ils font dans des sacs de plastique. « C’est comme lorsque vous allez promener votre chien, vous ne laissez pas ses crottes traîner sur le trottoir ou sur la pelouse de quelqu’un », explique M. Lesson. Le but est de s’assurer que les mammifères ne s’habituent pas à l’odeur humaine. Ces derniers mois, les forces de sécurité ont suivi une formation intensive pour apprendre à minimiser l’impact de leur présence sur la faune et la flore, une première. Déjà, tous les trois jours, ils replantent leur tente un peu plus loin pour éviter d’abîmer le sol. Pendant le sommet, hélicoptères et chasseurs F-18 qui survoleront le site se tiendront à distance de certaines parois à-pic pour éviter que, pris de panique, le petit d’une chèvre de montagne ou d’un mouflon ne se jette dans le vide. Alors que la nature ne fait que s’éveiller dans les Rocheuses, les forces de sécurité ont aussi pour mot d’ordre de ne déranger sous aucun prétexte les espèces dans leurs sites de reproduction, qu’il s’agisse de la grenouille maculée de Columbia, du campagnol de Richardson ou de la salamandre à longs doigts. « Les canards arlequins plongeurs s’accouplent entre le terrain de golf et l’extrémité sud du lac Barrier », met en garde le précis d’information officiel. Ils ont aussi appris comment se protéger des grands mammifères. Si une rencontre imprévue avec un loup ne comporte aucun risque pour l’humain, il en va différemment dans le cas des ours grizzlis ou noirs, des wapitis et des orignaux, en particulier des femelles qui viennent de mettre bas et ne reculent devant rien pour défendre leurs portées. Mieux vaut se tenir à distance. « Je reconnais que les gars font un bon job pour protéger l’environnement durant le sommet, certainement meilleur que tout ce qui a été fait auparavant, mais le problème c’est qu’ils ne seront pas ici dans cinq ou dix ans quand quelqu’un qui aura vu Kananaskis à la télévision arrivera les poches pleines d’argent et dira : c’est beau ici, nous voulons construire un gros complexe touristique, un gros hôtel et accueillir toutes sortes de gens », s’inquiète Stephen Legault, directeur de la WildCanada.net, une organisation écologiste.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement canadien a pris toutes les mesures nécessaires pour protéger le site sauvage de Kananaskis de l’invasion subite de milliers de personnes pour le sommet du G8, un effort sans précédent salué par les écologistes qui restent néanmoins inquiets. Le choix de cette petite station montagnarde des confins de l’Alberta n’avait rien pour plaire aux écologistes, puisque la région compte des concentrations de loups, d’ours grizzlis et de couguars parmi les plus fortes d’Amérique du Nord. Ottawa n’est pas resté sourd à leurs critiques et a demandé à un expert des écosystèmes, Bruce Leeson, de s’assurer que les décisions prises pour l’organisation du sommet n’auraient, au pire, qu’un impact très limité sur l’équilibre écologique fragile de ce paysage de carte postale. Cet expert n’a...