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Quand l’Italie se met à douter de Totti

Il a suffi de deux matchs en demi-teinte et d’un but crucial de son concurrent Alessandro Del Piero au Mondial 2002 de football pour que l’Italie se mette à douter de son enfant chéri, Francesco Totti. Le Romain est pourtant arrivé encensé par tout un pays, élu meilleur joueur du Calcio en octobre, présenté comme le successeur du Brésilien Roberto Falcao dans la conduite du jeu de la Roma. Ses supporteurs ont vécu comme une injustice l’attribution du Ballon d’or à l’Anglais Michael Owen. Le Mondial devait lui rendre justice. Certes, l’Italie aime Roberto Baggio et a regretté qu’il ne soit pas sélectionné pour son quatrième Mondial. Mais personne n’aurait oser imaginer qu’il puisse prétendre à la place de titulaire. Pas plus qu’Alessandro Del Piero, remplaçant dans la tête du sélectionneur Giovanni Trapattoni. À 25 ans, tout a toujours souri à Totti, l’enfant gâté de Porta Metronia, un quartier cossu au sud de Rome, à la Roma depuis l’âge de 12 ans. Jusqu’à ce début de Mondial. Bonne histoire Après un premier match convaincant et une passe décisive contre l’Équateur, Totti se met moins en valeur face à la Croatie (1-2) et le Mexique (1-1). Pire, Del Pierro, frustré d’être promis au banc, rentre à sa place et marque le but qui envoie l’Italie au second tour. « Je n’en fais pas une maladie. Au contraire, c’est bon pour l’équipe », assure Totti. Mais la presse italienne ne l’entend pas de cette oreille. Elle tient une bonne histoire, celle de la rivalité entre ses deux meneurs de jeu. « Je savais d’avance que si l’un des deux marquait, le débat aurait lieu », ajoute-t-il. Les questions fusent, comme autant de remises en cause : quand va enfin commencer le Mondial de Totti ? Est-ce qu’on n’attendait pas trop de lui ? N’est-il pas usé physiquement ? Des joueurs de l’équipe trouveraient qu’il manque un homme qui prendrait la responsabilité du jeu, qu’en pense-t-il ? Il se serait disputé avec Paolo Maldini, le capitaine ? « Je suis un joueur qui peut faire la différence dans cette équipe et ma condition physique est bonne », répète sans relâche l’attaquant, « habitué à la critique », mais qui demande l’indulgence : « Tout le monde peut faire un match moyen. On me connaît, je suis un joueur capable de belles choses. » Il répète sa foi dans son équipe « qui peut marquer quand elle veut » et en lui : « Je vais faire un grand Mondial. Il ne me manque qu’un but. » Si cette délivrance arrivait contre la Corée du Sud, ce ne serait pas plus mal pour Totti. À moins que « le Trap » ne préfère Del Piero à son protégé. « C’est lui qui décide », répond l’intéressé.
Il a suffi de deux matchs en demi-teinte et d’un but crucial de son concurrent Alessandro Del Piero au Mondial 2002 de football pour que l’Italie se mette à douter de son enfant chéri, Francesco Totti. Le Romain est pourtant arrivé encensé par tout un pays, élu meilleur joueur du Calcio en octobre, présenté comme le successeur du Brésilien Roberto Falcao dans la conduite du jeu de la Roma. Ses supporteurs ont vécu comme une injustice l’attribution du Ballon d’or à l’Anglais Michael Owen. Le Mondial devait lui rendre justice. Certes, l’Italie aime Roberto Baggio et a regretté qu’il ne soit pas sélectionné pour son quatrième Mondial. Mais personne n’aurait oser imaginer qu’il puisse prétendre à la place de titulaire. Pas plus qu’Alessandro Del Piero, remplaçant dans la tête du sélectionneur Giovanni...