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L’Argentine tremble avant d’affronter la Suède

Le contrat est clair pour l’Argentine : battre la Suède (groupe F) aujourd’hui à Miyagi (9h30 heure de Beyrouth), pour poursuivre sa route dans ce Mondial 2002 de football. Même un match nul les condamnerait à rentrer à la maison, si l’Angleterre ne perd pas dans le même temps face au Nigeria, déjà éliminé. Arrivés au Japon avec un costume taillé sur mesure de favori, au même titre que les Français, déjà éliminés, les doubles champions du monde se sont mis dans l’embarras en s’inclinant dans le sommet de ce premier tour face à l’Angleterre (1-0). Les Argentins ont été incapables de franchir le mur anglais dressé devant David Seaman, après le penalty inscrit par David Beckham avant la pause. Pour décrocher les trois points, Marcelo Bielsa pourrait être tenté de faire évoluer une formule offensive avec trois attaquants. La sélection argentine refuse de dramatiser ce rendez-vous suédois et d’imaginer un retour précoce dans un pays déjà meurtri par la crise économique et qui n’a plus que ses footballeurs pour rêver. « Nous allons gagner face à la Suède et nous qualifier, prédit ainsi Pablo Aimar. Nous avons l’équipe pour continuer et renverser la situation. » Entré en jeu à la place de Juan Sebastian Veron lors des deux premiers matchs, le milieu de terrain devrait cette fois être titularisé à la place du joueur de Manchester United, très décevant jusque-là. Même Diego Maradona semble serein, puisqu’il ne prévoit de venir au Japon, qui lui a finalement délivré un visa, qu’après cette rencontre. Toujours qualifié depuis 1974 Ortega non plus ne doute pas un instant de la qualification, comme l’Argentine l’a toujours fait depuis 1974. D’ailleurs sans doute pense-t-il aussi au Mondial 90, où un premier tour difficile, avec une défaite face au Cameroun, ne l’avait pas empêchée d’atteindre la finale. « Je ne regarde pas les valises (pour rentrer à la maison). Nous sommes tous conscients de ce que nous jouons », a affirmé Ortega. Gabriel Batistuta a estimé pour sa part que si le potentiel offensif de l’Argentine ne suffisait pas face à la Suède, il faudrait aller chercher la victoire avec les tripes. Mais Ortega a ajouté : « Avoir des tripes, c’est jouer du bon football. » Quelques grosses pointures de l’équipe n’ont pas joué à plein régime dans les deux premiers matchs, à l’image du milieu défensif Juan Sebastian Veron lors de la défaite concédée vendredi face à l’Angleterre (1-0). Le milieu de terrain Javier Zanetti a affirmé que, jusque-là, les meilleurs éléments de la sélection avaient été les novices en Coupe du monde, à savoir le libero Samuel qui a remplacé le capitaine Roberto Ayala blessé, et Pablo Aimar. Aimar, qui avait remplacé Veron contre l’Angleterre, devrait sans doute être titulaire contre la Suède pour insuffler à l’équipe un jeu typiquement sud-américain, fait de dribbles et de petites passes à terre. L’inconnue Veron Pour l’entraîneur Marcelo Bielsa, toute la question est désormais de savoir si Veron a sa place sur le terrain dans un rôle de milieu défensif derrière Aimar. Si tel est le cas, le vétéran Diego Simeone, 32 ans, pourrait céder sa place. De son côté, la Suède ne se met pas de pression, sachant qu’elle peut « se contenter » d’un match nul pour sortir vivante de ce groupe particulièrement relevé. « Nous devrons nous montrer solides en défense et nous devrons surtout nous concentrer à appliquer notre jeu, comme nous l’avons fait jusqu’ici », analyse l’entraîneur suédois Lars Lagerback, qui dirige l’équipe en duo avec Tommy Soderberg. « Mais nous ne jouerons pas aussi défensivement que l’Angleterre. Ce serait trop dangereux », ajoute-t-il. À priori, les « Jaunes et Bleus » se passeront une nouvelle fois de leur capitaine, le défenseur Patrik Andersson, blessé à une hanche avant le Mondial, et qui n’a toujours pas foulé les pelouses nippones. Daniel Andersson est lui toujours incertain à son poste de milieu de terrain. Les Scandinaves devraient donc se présenter dans une composition identique à celle du match face aux Super Eagles (2-1). Paradoxalement, malgré le palmarès des deux équipes – l’Argentine est double championne du monde et la Suède a participé à la finale du Mondial 1958 chez elle –, elles ne se sont recontrées qu’une seule fois en phase finale de Coupe du monde. C’était il y a 68 ans à l’occasion de la Coupe du monde 1934 en Italie. La Suède avait gagné un match de premier tour 3-2 contre l’Argentine, provoquant l’élimination immédiate des Sud-Américains. Les Suédois, actuellement en tête du groupe F, essaieront aujourd’hui de renouveler cet exploit. Nigeria-Angleterre : pour éviter de sombrer dans le ridicule L’Angleterre et le Nigeria ont exactement le même objectif, aujourd’hui à Osaka, dans leur dernier match du groupe F : éviter de sombrer dans le ridicule, les Anglais en ne confirmant pas brillamment leur succès sur l’Argentine (1-0), et les Nigérians en repartant chez eux avec trois défaites. Le ridicule ne tue pas, mais c’est quand même le « groupe de la mort », et on ne badine pas avec l’honneur d’un sportif, notamment dans certains pays d’Afrique. Cela incitait lundi le défenseur anglais Ashley Cole à affirmer que les Nigérians « sont sûrement très déçus. Ils veulent garder leur fierté, alors ils vont sûrement jouer ce match pour le gagner ». C’était le thème du jour, puisque Danny Mills, le latéral droit, a ajouté qu’il fallait « se méfier d’un animal blessé » et qu’ils « joueront pour leur honneur », tout en soulignant qu’ils seraient peut-être « plus décontractés ». Autre argument de Mills : « C’est important de gagner, pour finir en tête du groupe, et pour que ça nous donne encore plus de confiance. » Ça donnerait aussi aux Anglais 24 heures de plus pour préparer le huitième de finale d’Oita, dimanche contre le Sénégal, au lieu de jouer samedi à Niigata contre le Danemark. Les Danois jouent un peu comme les Suédois et pourraient poser des problèmes similaires à l’Angleterre, alors que le match contre le Nigeria peut désormais servir de préparation grandeur nature à celui contre le Sénégal. Kanu forfait L’autre sujet de préoccupation des Anglais, ça pouvait être l’horaire du match, 15h30 locales (9h30 heure de Beyrouth), au lieu de 20h30 vendredi dernier dans le Dôme climatisé de Sapporo, mais les Anglais se disent parfaitement acclimatés, après un mois loin de chez eux, et la météo locale annonce une pluie fine, bien anglaise, aujourd’hui sur toute la région d’Osaka. Côté nigérian, la situation est claire, puisque le départ de l’entraîneur Adegboye Onigbinde est déjà prévu, dès le retour au pays, ainsi que son remplacement par un entraîneur étranger. Aucune information n’a filtré hier, sinon la confirmation du forfait de Kanu, l’un des Nigérians qui connaît le mieux les joueurs anglais. Le flou le plus total régnait sur la composition de l’équipe, qui pourrait être un cocktail de joueurs plus ou moins jeunes. Ce devrait être aussi le dernier match du capitaine Augustine « Jay-Jay » Okocha : « Les gens doivent penser qu’il n’y a pas d’enjeu, mais nous sommes des professionnels, et nous devons protéger notre réputation. Nous avons notre orgueil et celui de notre pays à défendre », a résumé le futur ex-joueur du Paris Saint-Germain. Dès son départ du Japon, il cherchera un club pour la saison prochaine et ne perdra pas de temps : pour préparer ce dernier match, les Super Eagles sont à côté de l’aéroport international de Kansaï, prêts à s’envoler. L’Afrique du Sud joue sa place face à l’Espagne en roue libre L’Afrique du Sud, deuxième du groupe B, cherche à décrocher son sésame pour les 8es de finale de la Coupe du monde de football, aujourd’hui à Daejeon, lors de la dernière journée contre une Espagne déjà qualifiée mais qui entend défendre sa première place avec ses remplaçants. « L’ambiance au sein de l’équipe me rappelle celle de 1996 quand nous avions remporté la Coupe d’Afrique des nations », affirme le capitaine sud-africain Lucas Radeben qui espère que dix ans après leur retour dans l’arène internationale contre le Cameroun (match auquel il a participé), les Bafana Bafana vont décrocher une historique qualification. Miraculée après avoir été menée 2 à 0 par le Paraguay et avoir égalisé dans les arrêts de jeu, l’équipe sud-africaine a son destin entre ses mains et n’a besoin « que » d’un nul face aux Espagnols pour aller au deuxième tour. Une victoire leur donnerait même la première place du groupe et nul doute que l’avant-centre du Celta Vigo, prêté à Porto et pressenti à Middlesbrough, Benny McCarthy, et l’ancien milieu de terrain de l’Atletico Madrid Quinton Fortune, actuellement à Manchester United, aimeraient battre leurs anciens compagnons de championnat. « Un nul nous irait très bien », affirme toutefois McCarthy. Éviter l’Allemagne « L’Afrique du Sud était a priori une équipe qui ne devait pas figurer en 8es de finale et on constate aujourd’hui qu’elle peut décrocher la 1re ou la 2e place du groupe », rappelle le capitaine espagnol Fernando Hierro, qui, comme bon nombre de titulaires espagnols, devrait être mis au repos par José Antonio Camacho. L’entraîneur espagnol affirme pour la galerie : « C’est une folie de croire que nous allons laisser l’Afrique du Sud gagner ou essayer de faire un nul. Nous allons disputer ce match avec l’intention de le gagner, car l’Espagne cherche toujours à gagner. » Mais il est évident que les Ibériques n’ont aucune envie de dépenser leur précieuse énergie dans la chaleur coréenne, même si, de l’avis général, ils préfèrent en 8es de finale éviter l’Allemagne, premier du groupe E. S’ils conservent la tête du groupe, l’Éire, deuxième derrière les Allemands, leur serait alors dévolu. Les Espagnols, coiffés par le Paraguay vainqueur du « Nigeria B » en 1998 lors du dernier match de poule en France, n’auront donc pas d’état d’âme vis-à-vis du... Paraguay, qui a besoin d’une victoire espagnole pour espérer passer au deuxième tour. Camacho a ainsi clairement annoncé la couleur : il donnera « leur récompense » aux joueurs espagnols, qui « travaillent tous les jours à l’entraînement dans l’optique de servir le groupe ». Le jeune attaquant Luque, qui ne compte aucune sélection internationale, devrait donc jouer son premier match avec le maillot espagnol lors d’un Mondial, mais dans une sorte d’équipe B. Le programme d’aujourd’hui Voici le programme des matchs d’aujourd’hui du Mondial 2002 de football (heure de Beyrouth) : Premier tour Date Groupe Lieu Heure 12 juin Suède - Argentine (F) Miyagi 9h30 12 juin Nigeria - Angleterre (F) Osaka 9h30 12 juin AfSud - Espagne (B) Taejon 14h30 12 juin Slovénie - Paraguay (B) Seogwipo 14h30 Vaincre et espérer pour le Paraguay Le Paraguay, qui rencontrera la Slovénie, aujourd’hui à Seogwipo pour son dernier match du groupe B, a longuement répété des combinaisons offensives à l’entraînement car son sort dépendra en effet du résultat du match de Daejon entre l’Espagne, déjà qualifiée, et l’Afrique du Sud, qui n’a besoin que d’un petit match nul. Il faudra en effet gagner par deux buts d’écart en espérant que l’Espagne s’impose également de son côté. Mais, même s’ils ne sont plus maîtres de leur destin, Jose Luis Chilavert et ses équipiers entendent bien jouer leurs chances à fond pour essayer de décrocher une hypothétique qualification pour les huitièmes de finale. Contre une décevante Slovénie, déjà éliminée et peu motivée depuis la crise interne consécutive à l’exclusion de son stratège Zahovic, une simple victoire ne suffira pas pour le Paraguay, qui dans ses deux premiers matchs a mené à la marque avant de se faire remonter (Afrique du Sud 2-2) et même dépasser (Espagne 1-3). Ce manque de rigueur défensive, qui pourtant faisait sa force en 1998, a coûté très cher au Paraguay et à une génération talentueuse mais en fin de cycle. Le sélectionneur espagnol Jose Antonio Camacho a déjà annoncé qu’il ferait tourner son effectif et il ne faut sans doute pas s’attendre à voir une trop grosse prise de risques de la part d’une formation victime du Paraguay en 1998. Mais Chilavert est un gagneur et il ne voudrait pas quitter le tournoi sans avoir réussi à marquer un but.
Le contrat est clair pour l’Argentine : battre la Suède (groupe F) aujourd’hui à Miyagi (9h30 heure de Beyrouth), pour poursuivre sa route dans ce Mondial 2002 de football. Même un match nul les condamnerait à rentrer à la maison, si l’Angleterre ne perd pas dans le même temps face au Nigeria, déjà éliminé. Arrivés au Japon avec un costume taillé sur mesure de favori, au même titre que les Français, déjà éliminés, les doubles champions du monde se sont mis dans l’embarras en s’inclinant dans le sommet de ce premier tour face à l’Angleterre (1-0). Les Argentins ont été incapables de franchir le mur anglais dressé devant David Seaman, après le penalty inscrit par David Beckham avant la pause. Pour décrocher les trois points, Marcelo Bielsa pourrait être tenté de faire évoluer une formule offensive...