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Coup d’arrêt à la dynamique de la victoire

L’épopée de l’équipe de France championne du monde de football en 1998 s’est fondée sur un goût de la victoire né de la frustration d’un Euro 96 raté, alors que la confirmation lors de l’Euro 2000 s’est nourrie d’une dynamique de la victoire aujourd’hui brisée par l’élimination lors du premier tour du Mondial 2002 en Asie. La victoire, la France y goûte une première fois en 1993. L’Olympique de Marseille avec Didier Deschamps, Marcel Desailly et Fabien Barthez devenait le premier club français à remporter une Coupe d’Europe, la plus prestigieuse, celle des clubs champions. Bordeaux dispute trois ans plus tard la finale de la Coupe de l’UEFA avec dans ses rangs trois jeunes prometteurs : Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu et Zinedine Zidane. Exode L’histoire s’organise, commence à s’écrire. C’est ensuite le début de l’exode français vers les clubs les plus prestigieux des championnats étrangers. Celui qui n’est pas encore « Zizou » mène les destinées de la Juventus Turin comme quelques années plus tôt la pièce maîtresse du carré magique (avec Giresse-Tigana-Fernandez) des Mondiaux 82 et 86 : Michel Platini. Zidane après Platini, le n° 10 des Bleus qui n’a rien gagné au plus haut niveau mondial. Un groupe se forme alors dans la douleur d’un Euro 96 au goût amer, avec une élimination, sans défaite, en demi-finale, aux tirs au but, face à la République tchèque. Cet échec sera la source d’une soif de victoires sous le maillot tricolore. Lama, Thuram, Desailly, Lizarazu, Djorkaeff, Zidane et Aimé Jacquet étaient déjà là, en bloc. Comme un signe de la nouvelle dimension de la « formation à la française », le talent hexagonal s’exporte, et de plus en plus cher. Desailly est depuis longtemps au Milan AC (Italie), Patrick Vieira et Christophe Dugarry le rejoignent, Youri Djorkaeff intègre l’Inter Milan (Italie), Lilian Thuram va à Parme (Italie), Vincent Candela à l’AS Rome (Italie), Lizarazu à l’Athlético Bilbao (Espagne) tandis que Thierry Henry et David Trezeguet font les beaux jours de Monaco. 1998, la dynamique s’installe 1998, la deuxième Coupe du monde organisée par la France arrive à point nommé. Habitués aux joutes avec des Espagnols, Italiens, Allemands, Brésiliens ou Argentins, les joueurs français se forgent une mentalité de vainqueurs. La fierté du maillot tricolore, signe de leurs origines diverses, s’exacerbe. « On ne lâche rien », enrage Thuram avant de rencontrer l’Italie en quart de finale du Mondial 98. Il expliquera plus tard qu’évoluant dans le championnat italien, lui comme ses camarades français du Calcio ne pouvaient « pas perdre » sous peine de se faire incessamment railler. La France devient championne du monde pour la première fois de son histoire. C’est la consécration d’un homme, Aimé Jacquet, qui a su combiner sa rage à l’envie de tout un groupe qui, depuis quelques années, a mûri dans les meilleurs championnats. Les titres nationaux et les Coupes d’Europe en clubs s’alignent sur les palmarès des joueurs de l’équipe de France. La dynamique de la victoire est là. Elle se confirme à l’Euro 2000, dans une compétition encore plus relevée que le Mondial 98. La France étale sa classe et réalise le premier doublé historique Mondial-Euro. La France est sur le toit du monde, sûre d’elle, trop sûre peut-être, avant de s’engager vers une deuxième étoile trop vite annoncée pour des cadres surmenés.
L’épopée de l’équipe de France championne du monde de football en 1998 s’est fondée sur un goût de la victoire né de la frustration d’un Euro 96 raté, alors que la confirmation lors de l’Euro 2000 s’est nourrie d’une dynamique de la victoire aujourd’hui brisée par l’élimination lors du premier tour du Mondial 2002 en Asie. La victoire, la France y goûte une première fois en 1993. L’Olympique de Marseille avec Didier Deschamps, Marcel Desailly et Fabien Barthez devenait le premier club français à remporter une Coupe d’Europe, la plus prestigieuse, celle des clubs champions. Bordeaux dispute trois ans plus tard la finale de la Coupe de l’UEFA avec dans ses rangs trois jeunes prometteurs : Christophe Dugarry, Bixente Lizarazu et Zinedine Zidane. Exode L’histoire s’organise, commence à s’écrire....