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Actualités - Chronologie

Indignation arabe face aux projets américains de contrôle des étrangers

Les mesures envisagées par les États-Unis pour contrôler les étrangers provoquent l’indignation dans les pays arabes, qui accusent Washington de « discrimination » et de « pratiques totalitaires ». « Ce système dégage une répugnante odeur de discrimination raciale, que le monde n’a connue qu’à l’ombre des régimes totalitaires », s’enflammait hier l’éditorialiste Salama Ahmed Salama, dans le quotidien égyptien al-Ahram. M. Salama s’étonne du « silence des pays arabes face à ces mesures arbitraires » qui, selon lui, « dépassent les limites (...) sous prétexte de lutte contre le terrorisme ». Selon le système de contrôle et de pistage actuellement envisagé par Washington, tout visiteur jugé suspect devra donner ses empreintes digitales et se laisser photographier. Le quotidien New York Times précisait la semaine dernière que les musulmans ou les personnes originaires du Proche-Orient seraient plus particulièrement visés. Un responsable du département américain de la Justice a pour sa part indiqué que ces mesures s’appliqueraient à l’ensemble des ressortissants de pays que les États-Unis considèrent comme des soutiens du terrorisme, notamment l’Iran, l’Irak, le Soudan, la Libye ou la Syrie. « Le danger de ces mesures est de mettre tout citoyen arabe sur la liste des suspects », ajoute l’éditorialiste égyptien, qui redoute que l’initiative soit « rapidement imitée par la majorité des États européens ». « Les visiteurs venant de pays arabes deviendront des parias, traités sans accusation comme des criminels, qu’on retiendra dans les aéroports », prévoit M. Salama. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a condamné le projet, assurant que l’organisation panarabe va lancer « une étude aux plans juridique et politique concernant ces mesures américaines discriminatoires ». Même son de cloche au Soudan, pays dont les ressortissants subissent déjà depuis plusieurs années des contrôles stricts en arrivant aux États-Unis, Washington ayant accusé à plusieurs reprises le régime islamiste soudanais de soutenir le terrorisme. « Ces mesures sont discriminatoires », a déclaré, sous couvert d’anonymat, un responsable gouvernemental à Khartoum, qui a mis en cause « les lobbies antiarabes et antimusulmans, notamment les lobbies juifs ». « Nous avons tout fait pour prouver que nous ne soutenons pas le terrorisme, mais en raison de l’influence juive et pro-israélienne, l’Administration américaine maintient le Soudan sur la liste » des pays soutenant le terrorisme, a-t-il affirmé. En Jordanie, l’ex-député islamiste Abdel Monem Abou Zant affirme lui ne pas être étonné par de telles mesures. Le président américain George W. « Bush a révélé dès le début ses intentions perverses, en parlant d’une nouvelle croisade contre l’islam », a-t-il déclaré. Le but des Américains « est de resserrer l’étau autour des communautés arabes et musulmanes, par divers moyens terroristes, tout en prétendant agir au nom de l’auto-défense et de la défense de la liberté », a-t-il accusé. Au Koweït, le sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Khaled al-Jarallah, s’est refusé à tout commentaire immédiat, expliquant qu’il n’a « pas été informé de nouvelles mesures » prises par Washington. Étudiante à l’Université américaine au Caire, Shahira Akl, 23 ans, Jordanienne d’origine palestinienne qui possède une carte de séjour aux États-Unis, trouve « humiliant que ces mesures soient limitées à certains, selon la nationalité ou la religion ». « S’ils veulent établir ce principe, ils doivent l’appliquer à toute personne entrant aux États-Unis, pas seulement aux musulmans et aux Arabes », estime-t-elle.
Les mesures envisagées par les États-Unis pour contrôler les étrangers provoquent l’indignation dans les pays arabes, qui accusent Washington de « discrimination » et de « pratiques totalitaires ». « Ce système dégage une répugnante odeur de discrimination raciale, que le monde n’a connue qu’à l’ombre des régimes totalitaires », s’enflammait hier l’éditorialiste Salama Ahmed Salama, dans le quotidien égyptien al-Ahram. M. Salama s’étonne du « silence des pays arabes face à ces mesures arbitraires » qui, selon lui, « dépassent les limites (...) sous prétexte de lutte contre le terrorisme ». Selon le système de contrôle et de pistage actuellement envisagé par Washington, tout visiteur jugé suspect devra donner ses empreintes digitales et se laisser photographier. Le quotidien New York Times...