L’attentat anti-israélien d’hier souligne de nouveau, aux yeux de certains experts, l’urgence d’une profonde réforme des services de sécurité palestiniens, que le président Yasser Arafat doit annoncer prochainement, alors que d’autres doutent de son efficacité. « Une réforme des services de sécurité pourrait théoriquement empêcher des attaques (anti-israéliennes), mais en réalité cela dépend d’une décision politique et (le président palestinien Yasser) Arafat n’a pas pris une telle décision », a déclaré le colonel en retraite Eran Lerman, ancien chef du contre-espionnage militaire israélien. « Arafat fait un double jeu. Il dénonce le terrorisme, mais soutient au moins une organisation », a estimé M. Lerman, faisant allusion aux Brigades des martyrs d’al-Aqsa, groupe armé proche du Fateh de M. Arafat, qui a revendiqué de nombreux attentats-suicide. « En attendant des changements politiques (palestiniens), Israël est obligé de prendre des mesures afin de faire cesser les attaques terroristes », a-t-il ajouté. M. Arafat a récemment annoncé la restructuration de ses services de sécurité, une douzaine actuellement, dont certains ont été accusés à de nombreuses reprises par Israël et les États-Unis de soutenir les attentats anti-israéliens. La visite de George Tenet, chef de la CIA, qui s’est achevée mardi, était d’ailleurs consacrée à la réforme des services de sécurité palestiniens. Mardi, lors d’une rencontre à Ramallah, le patron de la CIA a proposé à M. Arafat la création de seulement trois services chargés de la sécurité nationale, des renseignements et de la police, placés sous la responsabilité du ministère de l’Intérieur, ont indiqué des responsables palestiniens. L’analyste politique palestinien Ali al-Jerbawi a lui aussi estimé que seul un engagement politique pourrait faire cesser les attentats palestiniens, à condition qu’une telle démarche soit suivie de la reprise des négociations de paix. « Si Israël poursuit les incursions et le blocus, la réforme de l’appareil de sécurité palestinien sera inutile », a-t-il estimé. Selon lui, M. Arafat est dans l’impossibilité d’empêcher les attentats car Israël a « systématiquement détruit l’infrastructure sécuritaire palestinienne et même l’Autorité palestinienne ». Une version des faits que rejette M. Lerman, la qualifiant de « dénuée de fondement ». « Il y a 30 000 membres des forces de sécurité à la solde de l’Autorité palestinienne (...) et les activistes viennent des villes sous contrôle palestinien », a-t-il dit. « Arafat n’a purement et simplement pas ordonné à ses hommes d’agir », estime l’ancien colonel. Pour sa part, un haut responsable du mouvement islamiste Hamas a déclaré que « rien ne pouvait empêcher » son groupe de « lutter contre l’occupation israélienne ». « Que les services de sécurité palestiniens soient réduits à un ou portés à 20, nous allons continuer le combat, car nous jouissons du soutien de notre peuple », a déclaré Abdelaziz Rantissi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’attentat anti-israélien d’hier souligne de nouveau, aux yeux de certains experts, l’urgence d’une profonde réforme des services de sécurité palestiniens, que le président Yasser Arafat doit annoncer prochainement, alors que d’autres doutent de son efficacité. « Une réforme des services de sécurité pourrait théoriquement empêcher des attaques (anti-israéliennes), mais en réalité cela dépend d’une décision politique et (le président palestinien Yasser) Arafat n’a pas pris une telle décision », a déclaré le colonel en retraite Eran Lerman, ancien chef du contre-espionnage militaire israélien. « Arafat fait un double jeu. Il dénonce le terrorisme, mais soutient au moins une organisation », a estimé M. Lerman, faisant allusion aux Brigades des martyrs d’al-Aqsa, groupe armé proche du Fateh de M....