TPI La durée du procès Milosevic oppose les juges au procureur
le 01 juin 2002 à 00h00
La durée du procès Milosevic a provoqué de vives discussions vendredi au Tribunal pénal international (TPI) entre des juges souhaitant limiter les débats et un procureur réclamant du temps pour pouvoir prouver que l’accusé est coupable de crimes de guerre et de génocide. « Nous aurions besoin de deux mois supplémentaires » pour prouver les accusations pour le Kosovo, a plaidé vendredi le procureur Geoffrey Nice. Les juges ont en revanche souligné la nécessité de garantir le droit de chaque accusé à un procès rapide. « Un procès qui dure au-delà d’un certain temps ne peut pas être équitable », a insisté le juge Patrick Robinson. Slobodan Milosevic est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans cette province à majorité albanaise en 1999. L’ancien homme fort de Belgrade est également inculpé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour son rôle dans les conflits croates et bosniaques. Ces derniers doivent être abordés dans la deuxième partie de ce procès fleuve entamé le 12 février. Si l’accusation doit terminer le dossier Kosovo le 26 juillet, « nous nous retrouverons dans une situation où nous n’aurons pas pu présenter de preuves pour un certain nombre de sites de tueries, ni pu appeler d’experts importants », a indiqué M. Nice. Les juges ont fixé des limites de temps très strictes – avril 2003 fin de la présentation de l’accusation – pour éviter que le procès ne dure beaucoup plus que deux ans. L’accusation rappelle qu’elle doit apporter des preuves dans le procès le plus important en terme de droit international depuis ceux de Nuremberg et Tokyo à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Nous avons fait tout notre possible pour respecter un emploi du temps intenable », a dit M. Nice. La liste des témoins a été drastiquement écourtée passant de plus de 200 à une centaine pour le Kosovo. Une fois à la barre, la plupart ne sont pas interrogés par l’accusation qui se contente de lire un résumé écrit de quelques minutes de leur déposition pour laisser du temps au contre-interrogatoire de M. Milosevic. « Cette procédure m’inquiète car un des buts du TPI est aussi de faire entendre la voix des victimes et de confronter (les suspects) aux crimes », relève Richard Dicker qui suit le procès pour l’organisation des droits de l’homme Human Rights Watch. « Je m’étonne de l’inflexibilité des juges sur les contraintes de temps », ajoute-t-il. M. Nice a souligné que depuis le début du procès, l’accusation avait disposé de 67 heures de parole contre 92 pour l’accusé. Les juges ont cependant critiqué la manière dont le procureur mène son dossier et le choix des témoins. « Je me demande combien d’entre eux étaient vraiment nécessaires », a lancé le juge May. Il a estimé que l’accusation ferait mieux d’accorder plus d’importance aux témoignages de survivants, comme M. Avdiu, qu’à celui d’experts. M. Nice a rappelé les difficultés auxquelles est confrontée l’accusation, notamment pour s’assurer la coopération d’initiés, ces personnes du cercle proche de Slobodan Milosevic et dont le témoignage est jugé capital. À ce jour, l’accusation n’a présenté le témoignage que d’un seul initié, Ratomir Tanic, un Serbe ancien conseiller du parti Nouvelle Démocratie. La culpabilité de M. Milosevic « serait facile à prouver si un certain nombre d’initiés acceptaient de témoigner (...) mais malheureusement dans la vie les choses ne sont pas comme ça », a-t-il lancé. Les juges ont déclaré qu’ils allaient réfléchir aux questions de temps.
La durée du procès Milosevic a provoqué de vives discussions vendredi au Tribunal pénal international (TPI) entre des juges souhaitant limiter les débats et un procureur réclamant du temps pour pouvoir prouver que l’accusé est coupable de crimes de guerre et de génocide. « Nous aurions besoin de deux mois supplémentaires » pour prouver les accusations pour le Kosovo, a plaidé vendredi le procureur Geoffrey Nice. Les juges ont en revanche souligné la nécessité de garantir le droit de chaque accusé à un procès rapide. « Un procès qui dure au-delà d’un certain temps ne peut pas être équitable », a insisté le juge Patrick Robinson. Slobodan Milosevic est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans cette province à majorité albanaise en 1999. L’ancien homme fort de Belgrade est...
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