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Stratégie de coopération pétrolière tous azimuts

George W. Bush et Vladimir Poutine ont posé les jalons d’une grande coopération pétrolière, qui doit permettre aux États-Unis de moins dépendre du Proche-Orient et d’apporter à la Russie les investissements dont a tant besoin son économie. Sur le front économique, Moscou attendait deux engagements précis du sommet russo-américain : la levée des entraves à l’importation de produits russes et le lancement d’une coopération énergétique. Sur le premier point, les Russes devront attendre. Le président américain n’a rien apporté de concret, ni sur la suppression des restrictions commerciales imposées par l’amendement Jackson-Vanik, ni sur l’octroi à la Russie du statut d’économie de marché qui permettrait de supprimer les taxes antidumping touchant notamment les métallurgistes. M. Bush n’a pu que se dire « déterminé à travailler avec le Congrès » afin de lever cet amendement anachronique, adopté en 1974 en raison du non-respect par l’Union soviétique du droit à l’émigration des juifs. Et les États-Unis ont juste assuré, à l’issue de près de trois heures d’entretiens au Kremlin, qu’une décision sur le statut économique serait prise « d’ici au 14 juin ». En revanche, les appels des barons pétroliers russes ont été entendus. Bush et Poutine, dans la grande salle d’apparat du Kremlin, ont lancé par une déclaration commune « un nouveau dialogue énergétique ». Les États-Unis, qui consomment un quart du pétrole mondial, espèrent ainsi se libérer des diktats de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Et la Russie, 2e producteur mondial derrière l’Arabie saoudite, entend regagner les parts de marché perdues depuis la fin de l’URSS et voir arriver les investissements des géants américains, indispensables au redressement de l’industrie pétrolière et de toute l’économie. En signe de bonne volonté, ChevronTexaco a signé vendredi un mémorandum d’accord avec le russe Sovkomflot pour le transport du brut de la Caspienne, a rapporté Interfax. La veille, ExxonMobil avait conclu avec les chantiers navals Amour un contrat de 140 millions de dollars pour la modernisation d’une plate-forme pétrolière à Sakhaline (Extrême-Orient russe). Mais la coopération stratégique n’est encore qu’un engagement formel, qui ne pourra se concrétiser dans l’immédiat par un afflux de pétrole sur le marché américain. La quantité d’or noir exportée par Moscou vers les États-Unis est pour l’instant insignifiante : 0,2 % du marché américain contre 20 % pour l’Arabie saoudite. Et il faudra du temps et de l’argent pour développer les réseaux d’exportation de la Russie et moderniser les ports du pays. « Dans la pratique, la coopération pétrolière est d’un point de vue logistique actuellement presque impossible », souligne Roland Nash, de la banque Renaissance Capital. « L’absence de routes directes (vers les États-Unis) laisse les atouts à l’Opep », ajoute-t-il. Les pétroliers américains sont jusqu’à présent restés excessivement frileux en Russie, à l’exception notable du projet Sakhaline-1 développé en accord de partage de production (PSA). D’autres projets pourraient les intéresser, comme la construction d’un terminal à Mourmansk (Grand Nord) associé à un oléoduc de 1 500 km, ou la prolongation d’un pipeline jusqu’au port de Nakhodka sur la côte Pacifique, relève la banque autrichienne Raiffeisen. Mais « si les déclarations d’intention des politiques ne se concrétisent pas par de gros investissements, les rêves de voir la Russie devenir, d’ici 5 à 10 ans, un important exportateur vers les États-Unis ne se réaliseront pas », prévient Valery Nesterov, de la banque Troïka Dialog. Washington a d’ores et déjà souligné que la législation russe sur les accords PSA restait insatisfaisante.
George W. Bush et Vladimir Poutine ont posé les jalons d’une grande coopération pétrolière, qui doit permettre aux États-Unis de moins dépendre du Proche-Orient et d’apporter à la Russie les investissements dont a tant besoin son économie. Sur le front économique, Moscou attendait deux engagements précis du sommet russo-américain : la levée des entraves à l’importation de produits russes et le lancement d’une coopération énergétique. Sur le premier point, les Russes devront attendre. Le président américain n’a rien apporté de concret, ni sur la suppression des restrictions commerciales imposées par l’amendement Jackson-Vanik, ni sur l’octroi à la Russie du statut d’économie de marché qui permettrait de supprimer les taxes antidumping touchant notamment les métallurgistes. M. Bush n’a pu que se...