La 17e coup du monde de football coûte dix fois plus cher que l’édition 1998 aux télévisions qui ont acquis les droits de retransmission, mais son organisateur, la Fédération internationale de football (Fifa) doit supporter les lourdes charges d’une première coorganisation. « À elle seule, la vente des droits télévisés de la Coupe du monde rapporte 1,3 milliard de francs suisses (près de 850 millions de dollars) à la Fifa », rappelle son président sortant, le Suisse Joseph Blatter, dans un rapport financier qui sera présenté au congrès extraordinaire à Séoul le 28 mai, trois jours avant le match d’ouverture France-Sénégal. En 1998, seuls 90 millions d’euros étaient tombés dans l’escarcelle de la Fifa au titre de la commercialisation des droits télés dans le monde. Le contrat de l’époque avait été signé en 1987 et portait sur trois éditions (1990, 94 et 98) pour un total de 222 M EUR (60+72+90), rappellent deux journalistes, Jean-Louis Pierrat et Joël Riveslange, dans un livre paru le 16 mai, L’argent secret du foot . Depuis, la concurrence entre les chaînes et la popularité croissante du sport-roi ont fait exploser les coûts. La Fifa rappelle ainsi qu’en 1998, l’audience cumulée du premier Mondial à 32 participants a atteint quelque 37 milliards de téléspectateurs dans le monde entier. Les télévisions n’ont donc pas regardé à la dépense. En France, au pays des champions du monde, la chaîne privée TF1 a acquis « l’intégralité et l’exclusivité » des droits du Mondial-2002 pour 168 M EUR, avec en prime 24 matches de l’édition 2006 en Allemagne, et une option pour les 40 autres à faire valoir avant le 31 décembre 2003. À titre de comparaison, TF1 et sa rivale du service public France Télévision n’avaient déboursé à elles deux que 15,4 M EUR pour diffuser les 64 rencontres du Mondial-98. En retour, les chaînes espèrent bien sûr d’immenses retombées publicitaires. Mais, en Europe, TF1 et ses consœurs prennent de gros risques, car les matches seront retransmis le matin, entre 06h30 et 11h30 GMT, en raison du décalage horaire. Crises et imprévus Si elle rapporte beaucoup, la Coupe du monde coûte également très cher. « Les charges sont nettement plus élevées que prévu » en raison entre autres du « coût de l’organisation conjointe » par la Corée du Sud et le Japon, rappelle la Fifa dans son rapport financier. Pour 2002, « la Fifa évalue ses dépenses à 1,222 milliard de francs suisses (843 M EUR), dont 65 % (546,5 M EUR) au titre de la Coupe du monde », lit-on dans le rapport financier. L’instance mondiale du football verse 201 millions FS (138 M EUR) aux participants, et 287 millions FS (198 M EUR) aux deux comités d’organisation, le Kowoc coréen et le Jawoc japonais. Par ailleurs, des imprévus et des crises ont alourdi le coût de l’organisation du premier Mondial du XXIe siècle. En mai 2001, la faillite de l’agence de marketing sportif suisse ISMM-ISL, qui gérait les droits commerciaux de la Fifa, a entraîné une perte de 51 millions de francs suisses (35 millions d’euros), selon les chiffres officiels. Après les attentats du 11 septembre, l’assureur de la Fifa, la compagnie française AXA, a renoncé à prendre en charge la couverture du Mondial asiatique. La souscription d’une nouvelle prime d’assurance a entraîné un surcoût pour la Fifa. Enfin, la Fédération internationale a dû faire face en 2002 à l’insolvabilité du groupe Kirch, qui avait pris le relais d’ISMM-ISL pour commercialiser les droits TV du Mondial. Malgré ce dernier revers, la Fifa reste optimiste et considère « qu’il n’y a pas lieu de corriger les prévisions relatives aux recettes tirées des droits télévisés des Coupes du monde 2002 et 2006 ». Mik, Kaz et Ato Les joueurs Spheriks Mik et Kaz et leur entraîneur Ato, les mascottes de la Coupe du monde 2002, sont censés « transmettre la passion générée par le Mondial aux amateurs de football du monde entier ». Pour la première visite du Mondial de football en Asie, ces mascottes chamboulent complètement la tradition en représentant des personnages imaginaires nés des dernières techniques d’animation assistées par ordinateur. Ces créatures en trois dimensions, représentant symboliquement de minuscules particules d’énergie, doivent travailler pour maintenir une atmosphère de fraternité et de joie devant présider au bon déroulement du mondial. L’entraîneur de couleur jaune et les deux buteurs, un violet et un bleu, sont censés rappeler des personnages de bandes dessinées. Cependant, apprend-on auprès des responsables du marchandisage à la Fédération internationale de football (Fifa), ces personnages surprenants ne rencontrent pas le succès escompté auprès des supporteurs. Ces personnages imaginaires n’ont en effet pas réussi à séduire un public pourtant très attaché aux produits dérivés des grandes compétitions, comme cela avait été le cas par exemple avec le coq Footix en 1998 en France. Le principe de la mascotte a vu le jour à l’occasion de la Coupe du monde 1966 en Angleterre. Voici la liste des mascottes qui ont égayé les diverses éditions de la compétition : 1966 Angleterre : Willie, le lion – 1970 Mexique : Juanito, le petit garçon – 1974 Allemagne : Tip et Tap, les garçons – 1978 Argentine : Gauchito, le petit footballeur – 1982 Espagne : Naranjito, la petite orange – 1986 Mexique : Pique, le piment – 1990 Italie : Ciao, vignette autocollante – 1994 États Unis : Striker, le chien – 1998 France : Footix, le coq.
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