Pour être plus exact: les sorties des prochaines semaines. Parce que, pour ce qui est de la programmation immédiate, nous sommes réduits à la portion congrue (ce qui coïncide d’ailleurs avec notre brève absence du Liban!). «La guerre des étoiles» accaparant bon nombre de nos écrans et – facteurs aggravants – la période des examens et, surtout, le début tout proche de la Coupe du monde: autant d’éléments qui expliquent (sans vraiment les justifier) les réticences de nos distributeurs et exploitants à sortir de nouveaux films. Nous vous présentons donc un aperçu des films «en attente», en commençant par celui qui pourrait sortir aujourd’hui même. Le reste suit dans un désordre qui n’a rien à voir avec une classification qualitative. En nous excusant de ne pouvoir faire mieux. 40 Days and 40 Nights, de Michael Lehman Le titre et le thème de ce film rappellent un souvenir pas très heureux: Nine 1/2 Weeks, d’Adrian Lyne (1986), où l’on voyait Mickey Rourke et Kim Basinger engagés dans une relation sexuelle «excessive» qui n’avait finalement pas grand-chose d’érotique (lassante, oui, par contre). Sauf qu’ici c’est en quelque sorte l’opposé: un gars a juré de «s’abstenir» pendant les 40 jours et nuits en question. Un suspense insoutenable, n’est-ce pas? Vedette de l’affaire: Josh Hartnett, venu de Pearl Harbour et revenu de Black Hawk Down. Panic Room, de David Fincher Un refuge en principe idéal: une pièce aux murs épais, une installation sophistiquée, une porte impossible à forcer. Et de quoi survivre un bout de temps. C’est là que vont s’enfermer Meg Altman et sa fille – récemment venues vivre dans cet immeuble de New York – lorsque trois hommes vont, dans leur environnement immédiat, manifester une présence menaçante. Le suspense va devenir terrifiant. David (Seven) Fincher est un spécialiste du genre, Jodie Foster une grande actrice. The Scorpion King, de Chuck Russell Si vous avez vu The Mummy et/ou la suite (une seule aurait dû vous suffire), vous pouvez savoir à quoi vous attendre. C’est la même famille de personnages, le même genre de film (et d’histoire), et le même «style» (?). Le méchant sorcier Memnon, qui règne sur Gomohre (cité maudite!), menace toutes les tribus encore libres. Lesquelles vont s’allier pour résister et faire appel au costaud des costauds, Mathayus, joué par The Rock. Il y a aussi Cassandre, visionnaire par définition. Grosses bagarres en perspective. High Crimes, de Carl Franklin Sans être réellement original, le sujet pourrait être intéressant. Claire, mariée à Tom, se considère comme comblée. Une union heureuse, une vie confortablement assurée, rien ne semble lui manquer. À la suite d’un incident, Tom est arrêté par le FBI : son identité est fausse. De son vrai nom Ronald Chapman, il avait tué des civils au Salvador, lors d’une opération militaire secrète. Un complot? Claire, qui croit à l’innocence de son mari, va s’employer à le défendre. Elle engage Charlie Grimes, un ex-avocat militaire de talent... Ashley Judd, Jim Caviezel et Morgan Freeman sont les vedettes du film. Hart’s War, de Gregory Hoblit Se rattache à la vague des films de guerre récemment (de nouveau) en vogue à Hollywood. Cependant l’action de Hart’s War se déroule dans un camp de prisonniers de guerre en Allemagne, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le colonel William McNamara, en charge de ses compagnons de captivité, prépare un plan d’évasion qui lui permettra, en même temps, d’asséner un coup dur à l’ennemi... Bruce Willis est la grande vedette du film. Et l’on entend, entre autres, l’air célèbre de Lili Marlene, Summertime de Gershwin et des beaux rythmes de jazz. Iris, de Richard Eyre Ce film dramatique d’origine anglaise conte l’histoire de Dame Iris Murdoch, une des romancières les plus renommées du XXe siècle. Des flash-back nous montrent la jeunesse d’Iris, qui est alors incarnée par Kate Winslet. Sans peut-être insister assez sur l’œuvre littéraire, le film met en scène la relation d’Iris avec son mari, John Bayley. La maladie d’Alzheimer mettra un terme à la carrière d’Iris Murdoch, superbement jouée par Judi Dench. Il nous reste à parler de trois films très attendus chacun dans son genre. – Femme fatale, de Brian De Palma, est une coproduction intereuropéenne, tournée pour une bonne part en France. On y voit Antonio Banderas lancé sur les traces d’une étrange créature (la très belle Rebecca Romijn-Stamos). Un film dont on dit beaucoup de bien. – Belle-Maman est un film français de Gabriel Aghion. Catherine Deneuve va marier sa fille, mais le jour de la cérémonie va apporter une surprise de taille. – Enfin, autre film français, Ma femme est une actrice, réalisé par Yvan Attal, réunit (outre l’auteur) Charlotte Gainsbourg, Terence Stamp et Ludivine Sagnier, une des 8 femmes. Ciné-Club La saison des ciné-clubs tire à sa fin. En montrant des signes manifestes d’essoufflement. Que va donner le futur proche? Encore un aspect inquiétant de l’état actuel de la culture au Liban... Nous ne manquerons pas d’y revenir. l Ciné-Club de l’École supérieure des affaires Mardi 28, à 20h40, In the Name of the Father, film américano-irlandais de Jim Sheridan (1993), avec Daniel Day-Lewis et Emma Thompson (titre français: Au nom du père – durée: 2h10). De Belfast à Londres, en 1975, l’histoire véridique des «Quatre de Guilford». Accusés d’attentat terroriste par les Britanniques – en vérité innocents – ils se retrouvent en prison (dont un père et son fils). Le film est dur, remarquablement fait et joué. En particulier par Daniel Day-Lewis et Emma Thompson, avocate de talent. In the Name of the Father avait remporté l’Ours d’or au Festival de Berlin. ESA, rue Clemenceau. l Ciné-Club des philosophes (Anima) Mardi 28, à 19h00, Fight Club, film américain de David Fincher (1999), avec Edward Norton, Helena Bonham-Carter, Brad Pitt (durée: 2h20). Rencontre insolite entre deux marginaux, portés à tous les extrêmes. Création d’un «club» où les luttes à mains nues servent d’exutoire aux pires violences. Lesquelles se retrouvent tout au long du film, jusqu’à le submerger. À chacun son opinion, mais la réputation de ce film nous paraît surfaite. Un succès, en tout cas. Théâtre Béryte (USJ), rue de Damas. l Ciné-Club du Centre culturel français Mercredi 29, à 19h15, suite du cycle «Varda par Agnès»: Jacquot de Nantes, un film réalisé en 1990 (v.o., s/s. titres en anglais – durée: 1h58). Agnès Varda raconte à sa façon (intelligente) les jeunes années de celui qui fut son époux, le cinéaste Jacques Demy. Programme complété par un court métrage de 1954, Le sabotier du Val de Loire, de Jacques Demy (durée: 24 min.) Un document à la fois réaliste, humain et poétique. Une bonne soirée, au total. Salle Montaigne du CCF, rue de Damas. Carnet Yves Robert On se doit de revenir, même avec du retard (question de dates... et d’espace!), sur la disparition d’Yves Robert. Qui fut, en somme, un cinéaste «bien français», par sa manière amicale de filmer ses personnages (il fut aussi acteur) et de leur faire dire, en douce, des vérités (justement) douces-amères. Il aimait raconter des histoires bien tournées (texte et réalisation), comme Le grand blond avec une chaussure noire, avec Pierre Richard. Ou mettre en scène des hommes d’âge mûr plus ou moins en crise (Un éléphant ça trompe énormément). Son plus grand succès reste La guerre des boutons (refait en Angleterre!), une approche juste et vive des enfants. Chez lui, jamais de vulgarité, mais une justesse, une sincérité sans apprêt. Autre réussite: avoir réuni Catherine Deneuve et Jean Rochefort, dans Courage, fuyons. Yves Robert était l’époux de l’actrice Danièle Delorme. S’il existe un paradis des cinéastes, il a bien pu s’y glisser. En bon copain, avec le sourire.
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