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Actualités - Chronologie

PÉTROLE La Russie arrête en douceur sa coopération avec l’Opep

La Russie, qui affichait depuis janvier sa coopération avec l’Opep pour soutenir les prix du pétrole, a annoncé hier la levée progressive des restrictions imposées sur ses exportations de brut, une décision attendue qui ne devrait pas déstabiliser outre mesure le marché international. « La situation sur le marché pétrolier est pratiquement stabilisée et dans ce contexte, nous pensons que le temps est venu de lever progressivement les limitations sur les exportations » de brut, a déclaré le Premier ministre Mikhaïl Kassianov, à l’issue d’une rencontre avec les barons du pétrole russe. « Au cours des deux prochains mois », la Russie « retrouvera le régime d’exportations qui était le sien avant la décision de limiter les ventes », a-t-il précisé dans des déclarations retransmises à la télévision. La Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole avec 2,97 millions de barils par jour vendus hors CEI, s’était résolue en décembre, sur pression de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), à réduire ses ventes de 150 000 b/j pour les premier et deuxième trimestres 2002, alors que les cours internationaux s’enfonçaient sous les 17 dollars. Cette solidarité a permis de redresser la situation. Les prix pétroliers, soutenus en outre par une reprise de l’activité économique mondiale, dépassent à nouveau les 25 dollars. La majorité des analystes s’attendait donc à une levée des limitations russes. Les groupes pétroliers russes, qui tablent presque tous sur une forte hausse de leur production cette année, poussaient d’ailleurs nettement dans ce sens : les limitations ont entraîné un afflux d’or noir sur le marché intérieur, où les prix se sont effondrés sous les cinq dollars le baril, entraînant pour certains des ventes à perte. Les raffineries russes étaient aussi surchargées. Et la stratégie affichée du président Vladimir Poutine est que la production pétrolière russe retrouve le niveau record qui était le sien à la fin des années 1980 et regagne les parts de marché perdues à l’étranger. « Dans les faits, les restrictions n’étaient plus respectées », a en outre souligné hier Stephen O’Sullivan, analyste de la société d’investissements UFG. La décision russe n’aura donc pas « un impact fondamental sur le marché ». « En janvier et février, Moscou a plutôt bien respecté ses quotas, avec des réductions d’environ 130 000 b/j, mais en mars les exportations sont revenues à leur niveau de l’an dernier », a ajouté M. O’Sullivan. Témoignage de ce réajustement, le prix du baril sur le marché intérieur russe s’est tout récemment redressé à 12 dollars. L’Opep avait certes estimé le mois dernier qu’elle souhaitait voir se poursuivre au second semestre la coopération de la Russie, estimant encore fragile la stabilisation des prix. Mais Moscou a fait les choses prudemment, annonçant une levée progressive de ses limitations. « Il s’agit d’éviter une réaction brutale des marchés, c’est de la bonne diplomatie pétrolière », a relevé Valery Nesterov, analyste de la banque moscovite Troïka Dialog. Les grands pays consommateurs, que la Russie veut courtiser, devraient se dire satisfaits. Le sous-secrétaire d’État américain pour l’Économie, Alan Larson, en visite à Moscou, a déclaré cette semaine que les États-Unis salueraient une hausse des exportations russes. La levée des restrictions serait « un cadeau non seulement pour les groupes pétroliers, mais aussi pour le président George W. Bush qui arrive en Russie la semaine prochaine », estimait hier le quotidien économique Vedomosti.
La Russie, qui affichait depuis janvier sa coopération avec l’Opep pour soutenir les prix du pétrole, a annoncé hier la levée progressive des restrictions imposées sur ses exportations de brut, une décision attendue qui ne devrait pas déstabiliser outre mesure le marché international. « La situation sur le marché pétrolier est pratiquement stabilisée et dans ce contexte, nous pensons que le temps est venu de lever progressivement les limitations sur les exportations » de brut, a déclaré le Premier ministre Mikhaïl Kassianov, à l’issue d’une rencontre avec les barons du pétrole russe. « Au cours des deux prochains mois », la Russie « retrouvera le régime d’exportations qui était le sien avant la décision de limiter les ventes », a-t-il précisé dans des déclarations retransmises à la télévision. La...