La Petite Kabylie (est d’Alger) a été frappée hier, pour la première fois depuis le début des violences en 1992 en Algérie, par un « attentat terroriste » qui a fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés, selon un bilan officiel provisoire. Une bombe a explosé au milieu de la foule fréquentant le marché hebdomadaire de Tazmalt, près de Béjaïa (capitale de la Petite Kabylie, 260 km à l’est d’Alger), à 09h00 heure locale (08h00 GMT), une heure de grande affluence. Des habitants ont indiqué qu’au moins sept personnes avaient été tuées et une quinzaine blessées dans cet attentat, précisant que le bilan pourrait être plus lourd. L’agence algérienne de presse APS (officielle), qui a confirmé cet attentat en l’attribuant au « terrorisme » (terme officiel désignant les actions des groupes armés islamistes), a annoncé de son côté un bilan de cinq morts et une trentaine de blessés et a précisé, citant des sources médicales, que ce bilan était « partiel » et « malheureusement pas définitif ». C’est la première fois qu’un attentat contre des civils a lieu dans cette région, surnommée « la petite Suisse », car jusque-là épargnée par la violence des groupes armés islamistes qui a ensanglanté le reste du pays, faisant plus de 100 000 morts depuis 1992, selon un bilan officiel. En revanche, la région de Tizi Ouzou, capitale de la Grande Kabylie (110 km à l’est d’Alger), est durement touchée par cette violence. Ses maquis sont devenus un sanctuaire pour le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) de Hassan Hattab d’où il continue à mener ses attaques, notamment contre les forces de sécurité. Le 5 mai, 15 militaires avaient été tués dans cette région lors d’une embuscade. Les habitants de Tazmalt et de Béjaïa, choqués, n’ont pas caché leur inquiétude, s’interrogeant sur « le sens à donner » à cet attentat survenu en pleine campagne électorale des élections législatives qui auront lieu le 30 mai. La Kabylie, qui a décidé de boycotter ce scrutin, boude la campagne. Se croyant à l’abri des exactions islamistes, des habitants hésitaient encore à considérer cet attentat comme « un avertissement » des groupes armés ou à le lier aux élections. « Pourquoi frapper la Kabylie qui, depuis plus d’une année, brave le pouvoir et boycotte ouvertement les élections », s’interrogeait un enseignant de Béjaïa. « Je ne comprends pas la logique des terroristes si ce sont eux qui ont fait cela », a-t-il ajouté, laissant planer un doute sur l’identité des agresseurs ou des commanditaires de cet attentat. Sous la houlette des comités de âarchs (tribus kabyles), leaders de la contestation en Kabylie depuis les émeutes sanglantes d’avril à juin 2001, les habitants ont répondu à l’appel au boycottage. Des émeutes avaient éclaté en Kabylie à la suite de la mort, le 18 avril 2001, d’un lycéen dans une gendarmerie de Beni Douala, près de Tizi Ouzou. Elles ont fait, officiellement, une soixantaine de morts d’avril à juin et sont restées sporadiques depuis dans toute la Kabylie. Les violences liées aux islamistes armés en Algérie ont fait près de 130 morts, dont près d’une cinquantaine d’islamistes armés, depuis le début du mois de mai, selon un décompte établi à partir de bilans officiels et de la presse. Elles ont fait plus de 540 morts, dont près de 180 islamistes armés, depuis le début de l’année, selon le même type de décompte.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Petite Kabylie (est d’Alger) a été frappée hier, pour la première fois depuis le début des violences en 1992 en Algérie, par un « attentat terroriste » qui a fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés, selon un bilan officiel provisoire. Une bombe a explosé au milieu de la foule fréquentant le marché hebdomadaire de Tazmalt, près de Béjaïa (capitale de la Petite Kabylie, 260 km à l’est d’Alger), à 09h00 heure locale (08h00 GMT), une heure de grande affluence. Des habitants ont indiqué qu’au moins sept personnes avaient été tuées et une quinzaine blessées dans cet attentat, précisant que le bilan pourrait être plus lourd. L’agence algérienne de presse APS (officielle), qui a confirmé cet attentat en l’attribuant au « terrorisme » (terme officiel désignant les actions des groupes armés...