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Actualités - Chronologie

ARGENTINE La moitié de la population vit dans la pauvreté

La moitié des 36 millions d’Argentins vit dans l’indigence à la suite de l’aggravation de la crise économique en avril qui a vu 2 millions de personnes passer sous le seuil de pauvreté, a annoncé hier à Buenos Aires Juan Carlos Del Bello, directeur de l’Institut national de la statistique et du recensement (INDEC). Le nombre de pauvres est passé de 14 à 18 millions au cours des six derniers mois, en raison de la forte augmentation des prix de la nourriture et du chômage et avec le gel des salaires, a déclaré M. Del Bello à des télévisions locales. L’appauvrissement de la population suit la courbe descendante de la récession continue depuis près de quatre ans, mais s’est accentué avec l’échec de la politique libérale de Fernando de la Rua, qui a démissionné de la présidence le 20 décembre 2001, après deux jours de pillages et de violences dans tout le pays. Le phénomène s’est encore accéléré en raison d’une inflation de 21,1 % au cours des quatre premiers mois de l’année, en réaction à la dévaluation du peso qui a perdu près de 70 % de sa valeur par rapport au dollar pendant le premier quadrimestre. « L’augmentation dramatique du nombre de pauvres est due à la valeur du panier de base pour l’achat des aliments dont le prix a grimpé de 35,2 % depuis le mois de décembre. La grande partie des nouveaux pauvres est apparue en avril où les prix de la nourriture ont augmenté de 17,7 % », a précisé le directeur de l’INDEC. M. Del Bello a ajouté que la nourriture représente 46 % des achats des foyers les plus défavorisés et que les prix des huiles, des farines et des viandes ont entraîné « une croissance dramatique » de l’indigence. Une famille-type, un couple avec deux enfants, est considérée comme pauvre quand ses revenus mensuels se situent en dessous de 598 pesos (186 dollars) mais 6,5 millions de personnes, selon l’INDEC, vivent en état de malnutrition qui touche les foyers ne disposant pas de plus de 252 pesos (78 dollars). « Je pense que nous sommes à 49 % de l’hyperinflation de 1989 avec des valeurs cependant beaucoup plus graves en raison du fort taux de chômage », a estimé Juan Carlos Del Bello. Le directeur de l’INDEC a indiqué que l’institut avait commencé à étudier les chiffres du chômage de mai et assuré qu’à partir du second semestre, l’évaluation du taux de chômage et des revenus serait faite chaque mois. Le dernier chiffre officiel remonte à fin octobre 2001 avec un taux de 18,3 %, mais des estimations du ministère de l’Économie font état d’un chômage touchant actuellement 25 % de la population active. Si l’inflation calculée sur les prix de la nourriture atteint 35,2 %, « il est difficile avec des salaires gelés de satisfaire durablement les nécessités de base », a ajouté le directeur de l’INDEC. « Avec un taux de chômage si élevé, il est impossible d’inverser la situation de la pauvreté des foyers argentins » , a encore dit M. Del Bello. Pour l’INDEC, à Buenos Aires et sa périphérie, 5,5 des 10 millions d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.
La moitié des 36 millions d’Argentins vit dans l’indigence à la suite de l’aggravation de la crise économique en avril qui a vu 2 millions de personnes passer sous le seuil de pauvreté, a annoncé hier à Buenos Aires Juan Carlos Del Bello, directeur de l’Institut national de la statistique et du recensement (INDEC). Le nombre de pauvres est passé de 14 à 18 millions au cours des six derniers mois, en raison de la forte augmentation des prix de la nourriture et du chômage et avec le gel des salaires, a déclaré M. Del Bello à des télévisions locales. L’appauvrissement de la population suit la courbe descendante de la récession continue depuis près de quatre ans, mais s’est accentué avec l’échec de la politique libérale de Fernando de la Rua, qui a démissionné de la présidence le 20 décembre 2001, après...