Voici les grandes lignes du programme que Jacques Chirac avait promis de mettre en place s’il était élu : – En matière de sécurité, le dispositif permettant de «maîtriser l’insécurité» comporte un conseil de sécurité intérieure, un ministère du même nom et des groupements d’intervention régionaux. Dès l’élection du Parlement, il doit présenter «une loi programme pour la sécurité». Cette loi quinquennale devra prévoir l’organisation des effectifs, la modernisation des moyens, pour renforcer l’appareil de sécurité. – «Une loi programme pour la justice» doit prévoir le «renforcement des moyens», «la mise en place de la justice de proximité pour qu’il n’y ait plus d’impunité», «la création de centres fermés pour les multirécidivistes» et «un programme de modernisation de nos prisons». – M. Chirac a également promis d’introduire un ensemble de mesures économiques et fiscales d’urgence : «baisse de l’impôt sur le revenu payable en 2002 sur le revenu de 2001 de 5 %», «première étape de la diminution des charges sociales pour les emplois les moins qualifiés, de façon à donner une impulsion à la création d’emplois», ainsi que des «mesures pour favoriser l’emploi des jeunes dans les entreprises». Il a mis sur le même rang les «grandes réformes sociales» qu’il préconise et qui feront l’objet d’une concertation entre l’État, les syndicats et le patronat. Il s’agit des retraites, de l’assurance-emploi, de la formation tout au long de la vie, de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, ainsi que de «l’assouplissement des 35 heures». – Le contexte et le coût économique de ces programmes ont été détaillés par le candidat Chirac : Prévision de croissance moyenne du PIB : 3 % par an. Équilibre des finances publiques : pas avant 2007 si nécessaire. Augmentation de 1,4 % des dépenses publiques en volume chaque année, dont 0,3 % pour les dépenses de l’État. Baisses des prélèvements : 30 mds d’euros dont : 15 mds d’euros de baisse de l’impôt sur le revenu ; 6 mds d’euros, de baisse des charges sociales ; 7 mds d’euros de baisses d’impôts en faveur des entreprises, dont la baisse de l’impôt sur les sociétés ; 2 mds d’euros destinés à «accompagner la réforme de la taxe d’habitation». L’extrême droite n’est pas un phénomène seulement français, estime Patten Le succès enregistré par le parti d’extrême droite de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle française n’est pas seulement un phénomène français et doit faire réfléchir tous les hommes politiques, a déclaré Chris Patten, commissaire européen aux Relations extérieures, au cours d’une conférence de presse en compagnie de Josep Piqué, ministre espagnol des Affaires étrangères et président en exercice de l’Union européenne, et de Javier Solana, haut représentant de l’UE pour la politique étrangère. «Si la politique paraît sans objet, si le débat politique est en rupture avec les principes et les idéaux, vous créez un vide dans lequel s’introduisent des personnes avec des idées simplistes et extrémistes. Elles offrent, dans le cas de M. Le Pen, des solutions xénophobes et extrémistes ridiculement simples», a poursuivi le commissaire européen. «Aussi, tous les hommes politiques doivent admettre qu’ils se trouvent face à un défi avec ce qui se passe en Europe», a-t-il conclu. Josep Piqué a souligné que le refus de M. Le Pen par les électeurs français «est un rejet des attitudes antieuropéennes qui font partie du discours habituel» du candidat d’extrême droite. «Je crois que cette confirmation de la volonté de la France de continuer à être un moteur de la construction européenne est particulièrement importante, venant de l’un des pays sans aucun doute les plus importants d’Europe», a-t-il dit. Le ministre espagnol a affirmé que les résultats obtenus par Jean-Marie Le Pen, avec plus de 5,5 millions de voix, «témoignent de la nécessité de répondre de façon appropriée aux situations qui alimentent l’inquiétude d’une partie des citoyens». Il a souligné la nécessité d’appliquer des politiques qui «prennent en compte la nécessaire sécurité des citoyens, et également l’immigration, phénomène plein de promesses et dont l’Europe a besoin, mais qui doit être appréhendé avec rigueur et sérieux. L’immigration légale, qui garantit les droits et l’intégration sociale des immigrés, doit être soutenue, mais il faut être ferme dans la lutte contre l’immigration illégale», a-t-il conclu.
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