Les machines 990 cc quatre temps ont imposé leur grosse voix rauque au feulement de leurs petites sœurs 500 cc deux temps dès la première course où elles étaient admises en championnat du monde motocycliste, le Grand Prix du Japon, remporté dimanche par l’Italien Valentino Rossi (Honda). Et dire que le triple champion du monde (1997 en 125 cc, 1999 en 250 cc et 2001 en 500 cc) a longtemps hésité à franchir le pas. Réticent à entamer la saison sur sa nouvelle monture, il a fallu que le plus grand constructeur nippon, son employeur, l’installe un peu de force sur la cinq cylindres en V qu’il avait manifestement mieux préparée qu’il ne le laissait entendre. Car Rossi et son coéquipier Tohru Ukawa (abandon sur chute), de même que le pilote essayeur de la marque, Shinichi Itoh, troisième à Suzuka, ont dominé avec insolence les essais hivernaux. À tel point qu’on se demandait ce que faisaient Suzuki et son quatre cylindres en V et Yamaha, concepteur d’un quatre cylindres en ligne. Efficacité Ils n’étaient pas loin. Ils l’ont prouvé aux essais, sur terrain sec, et en course, sous la pluie. En qualifications, toutefois, Honda gardait de sa superbe par rapport à la concurrence. Derrière la première place de Rossi et la troisième d’Itoh, les pilotes Yamaha, l’Espagnol Carlos Checa et l’Italien Max Biaggi, réalisaient les quatrième et cinquième temps. Ils se surprenaient eux-mêmes, après avoir longtemps tâtonné, en dominant les Suzuki du Japonais Akira Ryo, de l’Américain Kenny Roberts et de l’Espagnol Sete Gibernau, qu’on avait senti plus performantes en début de week-end. Mais la grande information était à lire dans les cartes électroniques des moteurs et les choix de développement des écuries. Certes les quatre temps ont intrinsèquement plus de puissance et de vélocité. Mais pour prétendre gagner un Grand Prix, il convient de sacrifier une partie de ces avantages pour permettre un pilotage plus efficace. Et c’est ainsi qu’on a vu des pilotes de 500 cc tenir la dragée haute à ceux des machines de la nouvelle génération, à l’instar de l’Italien Loris Capirossi (Honda), deuxième des qualifications, ou du Japonais Daijiro Katoh, champion du monde 2001 des 250 cc (Honda), sixième. Plus encore, pour la première fois en cinquante-trois ans de championnat du monde motocycliste, les écarts entre le premier et le dernier sur la ligne de départ ont été inférieurs à trois secondes. Explication C’était à n’y plus rien comprendre. La véritable explication était prévue pour dimanche. Et ce jour-là, la pluie s’est présentée comme un facteur supplémentaire de nivellement des valeurs. Trop peu, semble-t-il, pour empêcher les grosses quatre temps de dévorer les petites deux temps. Avec à la clef des écarts enfin significatifs. Rossi et sa Honda en tête, Ryo deuxième sur sa Suzuki, Checa rentrant sa Yamaha en troisième position, les nouvelles venues se partageaient le gâteau avec, en prime, la quatrième place d’Itoh. Ce groupe se tenait en une dizaine de secondes. Il fallait attendre autant de temps pour voir enfin pointer le carénage de la 500 cc du Japonais Norick Abe (Honda). Et pratiquement de dix secondes en dix secondes arrivaient le Brésilien Alex Barros (Honda), puis le Japonais Nobuatsu Aoki, sur la très modeste Proton trois cylindres deux temps. Ils constituaient le peloton de tête du «championnat bis» et ne devaient leur position honorable qu’à la faveur des chutes de plusieurs favoris équipés de quatre temps, comme Rossi, Roberts et Gibernau. La saison s’annonce «ouverte», comme l’a diplomatiquement déclaré Rossi. Mais cette réflexion ne concerne que le milieu très fermé des quatre temps.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les machines 990 cc quatre temps ont imposé leur grosse voix rauque au feulement de leurs petites sœurs 500 cc deux temps dès la première course où elles étaient admises en championnat du monde motocycliste, le Grand Prix du Japon, remporté dimanche par l’Italien Valentino Rossi (Honda). Et dire que le triple champion du monde (1997 en 125 cc, 1999 en 250 cc et 2001 en 500 cc) a longtemps hésité à franchir le pas. Réticent à entamer la saison sur sa nouvelle monture, il a fallu que le plus grand constructeur nippon, son employeur, l’installe un peu de force sur la cinq cylindres en V qu’il avait manifestement mieux préparée qu’il ne le laissait entendre. Car Rossi et son coéquipier Tohru Ukawa (abandon sur chute), de même que le pilote essayeur de la marque, Shinichi Itoh, troisième à Suzuka, ont dominé avec...