Le président américain George W. Bush a appelé lundi au téléphone le président syrien Bachar el-Assad qui a invité les États-Unis à faire la différence entre lutte antiterroriste et «vengeance». MM. Assad et Bush ont évoqué les «derniers développements régionaux», selon l’agence officielle syrienne Sana. La Maison-Blanche a indiqué pour sa part que M. Bush avait discuté de la campagne antiterroriste avec M. Assad qu’il a appelé par téléphone depuis l’avion présidentiel qui l’emmenait à Moline (Illinois). L’appel intervient alors que les relations syro-américaines connaissent des frictions au sujet du conflit arabo-israélien et de la définition du terrorisme. M. Assad a demandé à Washington «de définir le terrorisme», en recevant à Damas une délégation du Congrès américain, conduite par le représentant Saxby Chambliss, président de la sous-commission de la Chambre sur le terrorisme, selon Sana. «Avant d’utiliser la force militaire, il faut que les États-Unis en définissent l’objectif, il faut faire la différence entre lutte contre le terrorisme et vengeance», a-t-il ajouté. «Nous combattons le terrorisme depuis longtemps, les États-Unis sont des nouveaux venus», a-t-il poursuivi, dans une allusion aux confrontations sanglantes qui ont eu lieu en Syrie à la fin des années 1970 et au début des années 1980 avec les Frères musulmans. «Puisque les États-Unis ont des moyens technologiques et matériels importants, leur coopération dans ce domaine (la lutte antiterroriste) peut donner des résultats rapides et fructueux», a affirmé M. Assad. Sur le conflit avec Israël, le chef de l’État syrien a appelé «à analyser les causes de l’échec du processus de paix» lancé en 1991 à Madrid, «avant de mener de nouvelles négociations qui seraient sans résultat». «La Syrie voulait et veut toujours la paix» et «ne met pas de conditions à l’instauration d’une paix juste et globale autres que celles approuvées par la communauté internationale», a-t-il ajouté. M. Assad faisait allusion à l’exigence de la Syrie de récupérer tout le plateau du Golan, occupé en 1967 par Israël qui l’a annexé en 1981. La Syrie accuse les États-Unis d’alignement total sur Israël, alors que Washington reproche à Damas d’abriter des organisations palestiniennes radicales et de soutenir le Hezbollah chiite libanais, figurant sur les listes américaines d’organisations «terroristes». Damas, qui a fermement condamné les attentats du 11 septembre aux États-Unis, refuse de prendre des mesures contre ces organisations, affirmant qu’elles ne font que résister à l’occupation israélienne de territoires arabes. En dépit de ces points de friction, un ancien secrétaire d’État adjoint américain Edward Djerejian a affirmé dimanche à Damas que la Syrie et les États-Unis coopéraient dans la lutte contre le terrorisme. Deux délégations du Congrès ont déjà rencontré la semaine dernière M. Assad, et une autre, dirigée par le chef de file démocrate à la Chambre des représentants Richard Gephardt, est attendue mardi en Syrie. L’ambassadeur des États-Unis à l’Onu John Negroponte doit également visiter Damas dimanche, alors que la Syrie siège depuis le 1er janvier au Conseil de sécurité de l’Onu.
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