La tenue du sommet arabe à Beyrouth a dominé non seulement l’actualité politique, mais aussi le marché libanais des changes qui a connu une pause cette semaine. L’attente fébrile des résultats de ces assises, notamment en ce qui concerne l’aide arabe promise pour la reconstruction du Liban, est venue reléguer au second plan les inquiétudes émanant de la situation intérieure. Pourtant, le décor entourant le marché n’a guère changé. Les agents financiers, qui ne sont pas parvenus à se débarrasser de leur psychose politique, n’ont pas vu leurs préoccupations financières et économiques prises en compte par le sommet. La décision d’accélérer la mise en place d’une grande zone arabe de libre-échange ne semble pas les concerner. Cette unique résolution économique, prise par le sommet, jeudi dernier, après la clôture du marché et à la veille d’un long week-end pascal, ne devait avoir aucun impact sur l’environnement financier entourant le pays. De ce fait, il serait déraisonnable d’espérer un relâchement des pressions qui s’exercent sur la livre libanaise depuis assez longtemps et qui auraient coûté à la BDL plus d’un milliard de dollars pour la soutenir l’année dernière. Mais il n’en demeure pas moins qu’en raison de la forte «dollarisation» des dépôts bancaires et de la volonté du gouvernement de maintenir la stabilité monétaire, il n’est toujours pas question qu’il y ait de changement notable dans la situation présente du marché. C’est dans cette perspective que les opérateurs se sont contentés cette semaine d’expédier leurs affaires courantes surtout à la veille et au lendemain de l’échéance mensuelle et trimestrielle qui s’accompagne généralement par quelques petits mouvements particuliers sur le dollar. En effet, l’offre de celui-ci s’est un peu développée depuis mardi dernier, dispensant la BDL de le vendre pour subvenir aux besoins toujours limités de la demande en cette monnaie à des fins commerciales. C’est ainsi que le billet vert continuait à être invariablement fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié pratiquement à 1 514 LL, après que la BDL eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1501 et 1 514 LL, mettant par cela des limites à ses marges de fluctuation. Dollar soutenu à l’étranger À l’étranger, le dollar a continué sur sa lancée de la semaine dernière pour remonter jusqu’à 0,87 pour un euro, et ce pour la première fois depuis début mars. Il a été soutenu par la publication d’une nouvelle batterie de statistiques économiques aux États-Unis reflétant la reprise de l’activité. La fourchette de fluctuation du billet vert pour la semaine a été toutefois étroite, entre 0,8775 et 0,8703 pour un euro. Il a testé ce dernier niveau hier à la veille du long week-end pascal, après la progression plus forte qu’attendu de l’indice d’activité des directeurs d’achats de la région de Chicago (55,7 points en mars, au lieu de 53,4 points, contre 53,1 points en février). Cela d’autant que l’indice de confiance des consommateurs américains calculé par le Conference Board a bondi de 95 points à 110,2 points et celui établi par l’Université de Michigan de 90,7 points à 95,7 points pendant la même période. Ces indices, considérés comme d’excellents indicateurs de la situation économique américaine, ont été confirmés par la forte progression de 5,3 % des ventes de logements neufs et de 1,5 % des commandes de biens durables le mois dernier aux États-Unis. Ils ont donc plaidé ensemble en faveur du scénario d’une hausse soutenue du dollar qui a achevé la semaine hier à New York à 0,8705 pour un euro contre 0,8770 vendredi dernier, à 1,4250 pour un sterling contre 1,4260, à 1,6845 FS contre 1,6665 mais à 132,70 yens contre 132,90 pour des raisons en rapport avec la clôture de l’année fiscale japonaise. Évolution mitigée des marchés boursiers américains et européens Les marchés boursiers américains ont enregistré d’amples mouvements dans les deux sens cette semaine qui a été dominée par des opérations techniques, comme des habillages de portefeuilles avant la fin du premier trimestre. Ils ont ainsi terminé hier, à la veille des fêtes pascales, en légère baisse par rapport à la semaine précédente. Le DJIA, principal indicateur de Wall Street, a reculé de 0,22 % à 10 403,94 points et le S&P 500, qui représente un plus grand éventail de valeurs, a abandonné 0,11 % à 1 147,39 points ainsi que l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq qui a perdu 0,33 % à 1 845,35 points. À cela auraient contribué les craintes que les bonnes statistiques en provenance de l’économie ne se répercutent pas positivement sur les résultats des sociétés américaines qui doivent être publiés en masse à partir de la mi-avril pour le premier trimestre 2002. De ce fait, les indices boursiers américains risquent de se tasser la semaine prochaine si les entreprises lanceraient des mises en garde sur leurs bénéfices. Ce phénomène pourrait affecter surtout les valeurs de la haute technologie, selon les analystes de marchés. Mais il n’en demeure pas moins que le catalyseur du prochain mouvement de la cote sera aussi la publication de l’indice d’activité dans le secteur manufacturier ISM lundi et les chiffres du chômage américain pour mars vendredi. À cet égard, on s’attend à un indice ISM en léger retrait à 54,5 points contre 54,7 points en février et la création de 48 000 emplois non agricoles contre 66 000 pendant la même période. Au contraire, les Bourses européennes sont parvenues à terminer majoritairement la semaine en beauté. La hausse des prix pétroliers, qui a soutenu les titres du secteur, et l’engouement pour Philips, après la signature d’un contrat pour devenir un fournisseur privilégié de Dell Computer, ont soutenu la tendance. Il en est de même de l’annonce d’une hausse plus forte que prévu de l’indice IFO mesurant le climat des affaires en Allemagne à 91,8 points en mars contre 88,5 points en février et de la remontée de 0,4 % de la production industrielle en janvier dans ce pays après 0,3 % en décembre. En effet, l’indice Eurotop 300 a progressé d’une semaine à l’autre de 1 268,73 points à 1278,66 points (+0,78 %) et l’indice Eurostoxx 50 de 3 660,82 points à 3695,24 points (+0,94 %). À la Bourse de Paris, le CAC 40 a gagné 1,88 % à 4 688,02 points contre 4601,57 points et, à la Bourse de Francfort, l’Extra Dax a pris 0,58 % à 5397,12 points contre 5 366,13 points, ainsi qu’à la Bourse de Londres, où le Footsie s’est octroyé 0,41 % à 5 271,80 points contre 5 250,50 points pendant la même période. Élie KAHWAGI
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