Le marché des changes de Beyrouth était presque déserté hier en l’absence de nouvelles initiatives à l’achat et à la vente malgré l’assombrissement du climat politique intérieur. La tenue du sommet arabe et le souci de toutes les fractions libanaises de le faire réussir semblent expliquer ces velléités d’indifférence des opérateurs face aux craintes liées à l’imminence d’une crise gouvernementale. La demande du dollar est restée donc très limitée en l’absence d’intérêt à l’offre en dehors de la BDL. Celle-ci, qui a maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 et 1 514,00 LL, est parvenue à le faire fixer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL pendant qu’il se négociait toujours à 1 514,00 LL, mais dans des volumes très maigres. À l’étranger, le dollar a évolué en dents de scie. Il a finalement lâché du terrain après les propos du président de la Réserve de NY, W McDonough, selon lesquels il est surévalué en termes de pouvoir d’achat comparativement aux autres monnaies. Un peu plus tôt, Il était remonté en flèche après la publication d’un bon indice de confiance des consommateurs (110,2 pts en mars contre 95,00 en février) et d’une nouvelle hausse de 1,5 % des commandes de biens durables aux États-Unis en février. Il avait aussi profité de l’annonce d’un déficit de 1,5 milliard d’euros en janvier éclipsant la hausse de l’indice IFO en Allemagne. Il s’est ainsi négocié à NY à 0,8770 pour un euro contre 0,8775 la veille, à 1,4270 pour un sterling contre 1,4265, à 1,6685 FS contre 1,6645 et à 132,90 yens contre 133,40. Les Bourses revigorées par les fondamentaux économiques En Bourses, Wall Street a renoué avec la hausse hier, après la publication de chiffres macroéconomiques rassurant les investisseurs aux États-Unis. La bonne humeur des opérateurs devait toutefois être tempérée par les propos de McDonough, qui a estimé que la croissance va accentuer le déficit de la balance américaine des paiements courants de 3,9 % du PIB en 2001 à 5 % du PIB cette année. En fait, les opérateurs ne sont pas parvenus encore à surmonter hier leurs inquiétudes sur les performances des sociétés américaines, alors que le redressement économique n’est pas encore reflété dans leurs résultats trimestriels. C’est ainsi qu’en préclôture, le DJIA a dû réduire ses gains de 49,47 pts à 10 331,14 points, le S & P 500 de 3,51 pts à 1 135,38 points, alors que le Nasdaq passait à l’équilibre autour de 1 813 points. La hausse de Wall Street et l’évolution favorable du climat outre-Atlantique, notamment en Allemagne, ont également eu un effet positif sur les Bourses européennes qui ont majoritairement fini en hausse. Londres a constitué une exception avec le recul du Footsie de 8,1 pts à 5 195,50 points après la démission surprise du PDG de BAE Systems sans fournir des explications. Ainsi, le CAC 40 s’est adjugé en hausse de 39,71 pts à 4 628,07 points et l’Extra Dax de 73,21 pts à 5 390,59 points. Cela a permis à l’Eurotop 300 de s’octroyer 1,65 pt à 1 261,80 points et à l’Eurostoxx 50 de gagner 6,74 pts à 3 633,78 points. À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie par la baisse de 14 628 actions de Rymco de 1 17/32 à 1 13/32 dollar dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote, avec le maintien de 27 070 actions A de Solidere à 4 3/4 dollars, de 1 966 actions B de la même société à 5 3/8 dollars et 50 261 actions C de la Byblos Bank à 1 9/16 dollar. Élie KAHWAGI
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