Sarraf : Pourquoi le gouvernement refuse-t-il le dialogue ?
le 15 février 2002 à 00h00
«Tous les projets sont empreints d’un cachet politique et confessionnel. Ce que nous recherchons aujourd’hui se trouve aux antipodes du confessionnalisme. Il s’agit uniquement d’une question économique. Que l’on nous permette donc de parler économie avec le gouvernement. Que les économistes s’occupent d’économie et que les politiciens s’en tiennent à la politique». C’est en ces termes que M. Jacques Sarraf, président de l’Association des industriels, s’est adressé hier aux journalistes qui lui demandaient les résultats de ses discussions avec le Premier ministre Rafic Hariri et le ministre de l’Économie Bassel Fleyhane. M. Sarraf venait de s’entretenir avec le président de la Ligue maronite Harès Chéhab et les membres du conseil exécutif. «La question de l’agence exclusive est devenu un sujet de discorde nationale, au lieu de demeurer confinée dans son contexte naturel : un dialogue entre le gouvernement et les organismes économiques», a ajouté M. Sarraf. Pour le président de l’Association des industriels, «toutes les réunions se réduisent actuellement à la monopolisation et aux attaques contre les hommes d’affaires libanais qui ne font qu’appliquer une loi datant de 1967. Nous ne cherchons qu’à protéger la main-d’œuvre libanaise et les institutions dont il est erroné de prétendre qu’elles réalisent de gros profits». Dans une interview accordée hier matin à la chaîne de télévision LBC, M. Sarraf avait affirmé que les hommes d’affaires libanais étaient disposés à lutter contre l’abolition de la représentation exclusive, assurant que l’abrogation de la loi de 1967 était destinée à «nous affaiblir tous». Au sujet de son entretien avec le Premier ministre Rafic Hariri, M. Sarraf a déclaré avoir été surpris par la volte-face de ce dernier qui lui avait assuré que le dialogue se poursuivait au niveau de la représentation exclusive. Il a également rappelé la tendance actuelle en Europe à accorder des concessions exclusives régionales. Le président de l’Association des industriels a conclu en invitant le gouvernement à éviter l’adoption de mesures hâtives. De son côté, M. Chéhab a critiqué l’imposition de la TVA et la loi sur l’abolition de la représentation exclusive qu’il a estimées «contraires aux intérêts des institutions économiques et du peuple». Et s’est demandé si le gouvernement avait, au préalable, mis en place un système fiable pour la protection du consommateur. «Nous aurions souhaité que de telles mesures aient été précédées d’un dialogue entre les institutions économiques et les syndicats ouvriers afin d’éviter une aggravation de la crise sociale qui prévaut», a-t-il ajouté. Selon le président de la Ligue maronite, l’abolition de la représentation exclusive est susceptible de «nuire, non seulement aux intérêts des agents qui ont assuré une place privilégiée au Liban, mais également à ceux du consommateur libanais». Pour M. Chéhab, l’abolition de la représentation exclusive «laissera le Liban en proie à des holdings internationaux ou régionaux dont nous ignorons l’origine». Par ailleurs, le conseil exécutif de la Ligue maronite, réuni hier sous la présidence de M. Chéhab, a également critiqué «les mesures hâtives décidées par le gouvernement sans prendre en considération la crise économique que traverse le pays».
«Tous les projets sont empreints d’un cachet politique et confessionnel. Ce que nous recherchons aujourd’hui se trouve aux antipodes du confessionnalisme. Il s’agit uniquement d’une question économique. Que l’on nous permette donc de parler économie avec le gouvernement. Que les économistes s’occupent d’économie et que les politiciens s’en tiennent à la politique». C’est en ces termes que M. Jacques Sarraf, président de l’Association des industriels, s’est adressé hier aux journalistes qui lui demandaient les résultats de ses discussions avec le Premier ministre Rafic Hariri et le ministre de l’Économie Bassel Fleyhane. M. Sarraf venait de s’entretenir avec le président de la Ligue maronite Harès Chéhab et les membres du conseil exécutif. «La question de l’agence exclusive est devenu un sujet...
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