La princesse Margaret, sœur cadette de la reine d’Angleterre, enfant terrible de la famille royale mais «pleine de glamour», avait accumulé les ennuis de santé ces dernières années, en contraste frappant avec sa vie mondaine et agitée pendant 30 ans. Margaret a succombé samedi à une attaque d’apoplexie, la quatrième depuis 1998. Fragilisée par deux attaques en janvier et mars 2001 qui lui avaient fait perdre en partie la vue, Margaret ne quittait pratiquement plus sa résidence de Kensington Palace. Le 4 août dernier, elle avait tenu à être aux côtés de sa mère, la reine mère, qui célébrait ses 101 ans debout mais dont la santé suscite désormais des inquiétudes, n’étant pas apparue en public depuis deux mois. Margaret avait fait une dernière apparition en novembre. Là encore, les Britanniques avaient été émus de la voir en chaise roulante, une couverture sur les jambes, le regard barré par des lunettes noires. L’image contrastait avec le souvenir de la belle et insouciante jeune femme qu’elle avait été. Dans les années 50 et 60, «on n’avait jamais vu une princesse comme elle... pleine de glamour, aimant faire la fête et sophistiquée : c’était la Diana de l’époque», selon le Daily Mail. La plus jeune fille du duc et de la duchesse d’York est née le 21 août 1930 à Glamis Castle, en Écosse. Elle a six ans quand ses parents, le roi George VI et la reine Élisabeth, s’installent au palais de Buckingham. L’histoire raconte que la future reine d’Angleterre, de quatre ans son aînée, fut ravie de l’arrivée du bébé. «Bien que très différentes de caractère – Élisabeth plus réservée et sûre d’elle, Margaret moins confiante mais plus extravertie –, elles ont toujours eu l’une pour l’autre un indéniable attachement», assure Christopher Warwick dans sa biographie. Très vite, l’avenir royal d’Élisabeth sépare les deux sœurs. Chérie par son père, la petite dernière développe un caractère fantasque et capricieux. «Enfant, Margaret était espiègle et malicieuse. Le problème, c’est que personne n’était là pour la réprimander. Ses bêtises faisaient rire ses parents et elle savait en jouer avec un art consommé», confie une ancienne gouvernante. Livrée à elle-même dans une prison dorée, Margaret tend à faire ce qui lui plaît : elle aime la musique, la danse, le théâtre... et se fiche des convenances. Sa beauté – yeux bleus et teint de pêche – s’affirme à l’adolescence à la faveur de ses toilettes raffinées. On la photographie en maillot de bain, fume-cigarette à la main, dansant le french cancan lors d’une soirée arrosée... Ses amours tumultueuses donnent lieu à scandale. Margaret ne se remettra jamais de son amour brisé avec le capitaine Peter Townsend, selon son biographe. Elle a rencontré le bel écuyer du palais royal à 18 ans. Ce roturier de 34 ans, marié et père de deux enfants, divorcera pour elle en 1953. Margaret a alors 25 ans et peut dire «oui», mais épouser un divorcé implique de renoncer à tout droit au trône (au cas où Élisabeth disparaîtrait), aux avantages pécuniaires liés à sa position et à s’opposer à l’Église anglicane qui s’est prononcée contre. En octobre 1955, les amoureux décident de mettre fin à leur relation. Margaret se mariera avec Anthony Armstrong-Jones, comte de Snowdon, en 1960. Une union dont naissent un fils, David, en 1961, et une fille, Sarah, trois ans plus tard. Mais très vite, la presse fait ses choux gras des voyages du comte à l’étranger pendant que Margaret fait la fête avec la jet-set à l’île Moustique (Caraïbes). En 1976, un tabloïde publie une photo de Margaret en galante compagnie. Scandale. Le couple divorce en 1978. À l’époque, Margaret fume encore trois paquets de cigarettes par jour et, à l’instar de la «Queen Mum», ne dédaigne pas l’alcool. Ces excès ont un prix : en 1985, elle subit l’ablation d’une partie d’un poumon et est victime, en 1998, d’une attaque d’apoplexie. Un an plus tard, elle se brûle gravement les jambes dans sa salle de bains. En janvier 2001, Margaret avait été admise à l’hôpital King Edward VII, à la suite d’une nouvelle attaque et avait rechuté en mars. Depuis, ces déplacements étaient limités. Elle laisse l’image, selon les termes d’un proche de la famille, d’une princesse «pleine de vitalité, turbulente», mais qui pendant les dix dernières années de sa vie «était en quelque sorte rentrée au port».
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