Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

BEAUX LIVRES Redécouvrir ces objets du quotidien (photos)

On a tendance à oublier qu’on ne trouve pas que des romans en librairie. Le livre, c’est bien connu, est un puits de savoir. Où l’on peut satisfaire toute sorte de curiosités. Ainsi en est-il des livres d’art (disponibles à la librairie Dédicace) consacrés à certains objets. Ces ouvrages qui, par la magie d’une belle sélection et d’une composition de qualité (texte et images), vous font redécouvrir des instruments et des ustensiles du quotidien, ne manqueront pas de vous rappeler cette fameuse exclamation du poète : «Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». «Éventails» (Françoise de Perthuis et Vincent Meylan – éd. Hermé) Une erreur largement répandue situe les origines de l’éventail en Espagne, ou au Japon. L’instrument est en fait beaucoup plus ancien. Son apparition remonterait à environ cinq mille ans. Dans l’Égypte ancienne, il était un des symboles du pouvoir. Il se présentait sous la forme d’un plumeau. Par la suite, il se modifia en écran avant d’évoluer en modèles pliants, sous l’influence des éventails rapportés du Japon par les Portugais. Accessoire indispensable à la cour de François Ier, sa fabrication et son ornementation atteignirent des sommets de raffinement et d’élégance. Objet précieux par excellence, il fut abandonné – à quelques rares exceptions près – au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, modernité oblige. Il n’en continue pas moins de trôner en bonne place dans les intérieurs comme élément décoratif. Souvent de grande valeur (209 pages). «Boîtes» (Maria Grazia Branchetti – éd. Celiv) Coffrets à bijoux, boîtes à sels, à ouvrage, à couture, à timbres, à musique, tabatières, étuis à cigarettes, à allumettes, bonbonnières…. Conçues pour recueillir, abriter, protéger, transporter les objets de valeurs, celles qui nous tiennent à cœur, ou encore les petits secrets, ces boîtes fonctionnelles ont inspiré les artisans, les orfèvres et parfois aussi les artistes. Cela a donné de véritables œuvres d’art, que l’on peut découvrir en feuilletant cet ouvrage. Certaines pièces très anciennes sont aussi des témoignages de mœurs et de modes de vie. Comme ce coffret de voyage de l’Italie du XVe siècle, en bois recouvert de soie verte à l’extérieur, et offrant à l’intérieur, outre un nécessaire de toilette, un véritable autel miniature avec tableaux religieux et effigies sacrées ! (237 pages). « Clefs » (Gabriele Mandel –éd. Celiv) Des clefs du paradis à celles de Barbe-Bleue… toute une symbolique entoure cet élément… clef de la vie quotidienne, comme aussi de l’inconscient. Gabriele Mandel, écrivain, historien de l’art, archéologue et diplômé en psychologie, défend cette thèse dans ce très bel ouvrage illustré. Il explore aussi bien les origines des clefs que les interprétations possibles de leurs différentes formes. De la banale clef à dents jusqu’aux superbes clefs ouvragées, artistiquement travaillées des membres des confréries et des clubs, le panel est large et étonnant. L’auteur s’attarde aussi sur les serrures, les cadenas, les verrous ou encore les loquets, tous ses systèmes de fermeture dominés par la clef. Et traque même sa représentation iconographique au fil des siècles et des civilisations. Cela donne un véritable ouvrage de référence (199 pages). « L’Horloge » (Gabriele Mandel – Celiv) Ce qui est intéressant dans ce livre (aux superbes photos sur papier glacé), c’est qu’il aborde d’une part l’horloge d’art et d’autre part l’horloge dans l’art. À raison d’ailleurs, puisque l’horloge est, tout comme l’art, un témoignage du temps. Ainsi, l’auteur présente l’évolution de cet objet à travers les siècles et les modes, avant de s’intéresser – et le lecteur avec lui – à la représentation de ce «miroir du temps» dans les différents domaines artistiques, notamment la peinture et la sculpture. Des horloges de tour, ou d’hôtel de ville, à la montre en passant par l’horloge murale et celle de table, Gabriele Mandel fait un tour historique et artistique complet de cet instrument de mesure du temps (157 pages). « Stylos à plume » (Juan Manuel Clark – éd. Flammarion) Un petit livre, carré, épais, bien illustré et qui distille des tas d’informations aussi bien historiques que spécialisées. Où l’on apprend par exemple que les premières traces d’écriture remontent à 5 500 ans. Que les tiges de jonc, avant les plumes d’oie, étaient dans l’Antiquité les vecteurs de l’écriture. Que le crissement de la plume agaçait Goethe, contrairement à Alexandre Dumas qui rédigeait ses romans fleuve à l’aide de milliers de plumes d’oie…. Ou encore que les premiers modèles de stylos à plume en métal ont été inventés à la fin du XIXe siècle. En laque, en or, en vermeil, en argent ciselé, en nacre ou en ivoire… Le design des stylos à plume est bien plus important que l’on pourrait le croire. Avec parfois des astuces et des trouvailles insolites: mini-rouleau de papier buvard planqué à l’intérieur, montre incrustée au capuchon. On trouve même un stylo à plume pistolet… à cartouches lacrymogènes ! Même en cette ère d’ordinateur, le stylo reste indispensable pour rédiger de belles lettres. Qu’elles soient d’amour ou de remerciements distingués (377 pages). « Chaussures » (Linda O’Keeffe – éd. Könemaan) Symbole fétichiste par excellence, la chaussure a toujours fait rêver les émules de Cendrillon. Accessoires de séduction, objets de désir, les escarpins, les sandales, les bottes et autres mules sont, paraît-il, la porte de l’inconscient. D’où l’intérêt de ce livre, petit format mais bien épais, qui ne se contente pas de présenter tous les modèles de chaussures créés depuis l’Antiquité jusqu’aujourd’hui, mais qui les commente finement, entre brin de psychologie et page d’histoire. Où l’on apprend, par exemple, que l’«entredoigts» est un modèle très ancien originaire de l’Inde. Et que les Égyptiens et les Romains dessinaient les visages de leurs ennemis sur les semelles de leur sandale afin de pouvoir littéralement leur marcher dessus ! Émaillé d’anecdotes, de photos de pièces uniques portées par des stars, ainsi que de portraits de grands créateurs, d’André Perugia, le chausseur attitré de Rita Hayworth, aux plus célèbres designers actuels, tels Manolo Blahnik, Robert Clergerie, Vivienne Westwood, Patrick Cox, etc. ), cet ouvrage est un pétillant hommage à cet accessoire essentiel… objet de tous les délires (501 pages). Z.Z.
On a tendance à oublier qu’on ne trouve pas que des romans en librairie. Le livre, c’est bien connu, est un puits de savoir. Où l’on peut satisfaire toute sorte de curiosités. Ainsi en est-il des livres d’art (disponibles à la librairie Dédicace) consacrés à certains objets. Ces ouvrages qui, par la magie d’une belle sélection et d’une composition de qualité (texte et images), vous font redécouvrir des instruments et des ustensiles du quotidien, ne manqueront pas de vous rappeler cette fameuse exclamation du poète : «Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?». «Éventails» (Françoise de Perthuis et Vincent Meylan – éd. Hermé) Une erreur largement répandue situe les origines de l’éventail en Espagne, ou au Japon. L’instrument est en fait beaucoup plus ancien. Son apparition remonterait à environ...