Les supermarchés et les grands distributeurs sont tenus depuis hier d’appliquer la TVA, comme toutes les personnes et entreprises assujetties qui ont reçu leur numéro d’immatriculation auprès du ministère des Finances. À Monoprix et au BHV, les deux enseignes du groupe Admic, ce sont plus d’un million de produits pour lesquels il faut changer d’étiquette. «Impossible de faire ce travail en 24 heures, l’opération va prendre quelques jours», explique le PDG Michel Abcheh. Le passage à la TVA s’est tout de même effectué sans problème majeur, a-t-il déclaré à L’Orient-Le Jour. Désormais, le ticket de caisse doit obligatoirement faire figurer le montant global de la TVA payée par le client, ainsi que le montant TTC (toutes taxes comprises). Un signe distinctif doit indiquer devant chaque produit facturé si celui-ci est taxé ou exempté. «Nous devons faire encore quelques réglages», mais, ça y est les clients ont déjà commencé à régler la TVA, ce qui devrait provoquer une inflation globale de 5 % selon les études réalisées par le gouvernement. Celui-ci a en effet calculé que le panier de la ménagère comporte en moyenne 55 % de produits non assujettis à la TVA, comme les frais scolaires ou les frais de santé. Dans les supermarchés en revanche, «je crains que les consommateurs ne soient désagréablement surpris par le nombre d’articles soumis à la TVA», déclare Michel Abcheh. «Ils ont tendance à croire que tous les produits alimentaires sont exemptés, ce qui est faux. Pour prendre l’exemple de la man’ouché, elle est soumise à la TVA si elle est vendue par un assujetti. Le riz, la viande ou la farine sont exemptés, mais les olives ne le sont pas, par exemple». Dans les enseignes BHV et Monoprix, 75 % du chiffre d’affaires correspond à des produits taxés et 25 % à des produits exemptés. La proportion passe à 65 % taxés et 35 % exemptés pour le seul Monoprix. «La facture finale sera donc certainement plus élevée pour le client. Mais nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer les conséquences de cette hausse des prix sur leurs habitudes de consommation. Une chose est sûre, ils ne bénéficient pas parallèlement d’une augmentation de leurs revenus», poursuit M. Abcheh. En prévision de la TVA, certains achats ont été avancés en décembre et en janvier, ce qui pourrait se traduire par une baisse des achats correspondante pendant les prochains mois. Impossible toutefois de prédire pour l’instant si l’instauration de la taxe va déprimer la consommation de façon durable, comme le craignent certains commerçants qui pâtissent déjà des conséquences de la récession sur la demande. À cet égard, Michel Abcheh s’interroge sur la pertinence du lancement du mois des soldes au même moment que la TVA. «D’un côté on fait des efforts pour attirer les touristes au Liban, de l’autre, le système de détaxe qui leur est destiné n’est pas prêt. Il va y avoir beaucoup de confusion que nous allons devoir gérer à notre niveau». La TVA est une taxe sur la consommation qui est censée être neutre pour l’entreprise qui la collecte, mais l’application du nouveau système occasionne tout de même des coûts supplémentaires, notamment comptables. L’adaptation des tickets de caisse, l’impression de nouvelles étiquettes... «le coût représente environ 10 000 dollars pour une petite surface, il est bien plus important pour une entreprise comme la nôtre qui est totalement informatisée», explique M. Abcheh, sans donner de chiffres. Mais le PDG d’Admic déplore surtout que les délais d’adaptation aient été trop courts. Le décret d’application concernant son secteur d’activité, à savoir les sociétés qui opèrent avec des caisses (cash business), n’était pas encore paru au Journal officiel le 31 janvier. «Le ministère des Finances nous a demandé pourquoi nous ne nous sommes pas préparés dès la parution de la loi. Nous étions prêts, mais nous avions besoin de détails, qui ne sont parvenus qu’à la dernière minute». Sibylle RIZK
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les supermarchés et les grands distributeurs sont tenus depuis hier d’appliquer la TVA, comme toutes les personnes et entreprises assujetties qui ont reçu leur numéro d’immatriculation auprès du ministère des Finances. À Monoprix et au BHV, les deux enseignes du groupe Admic, ce sont plus d’un million de produits pour lesquels il faut changer d’étiquette. «Impossible de faire ce travail en 24 heures, l’opération va prendre quelques jours», explique le PDG Michel Abcheh. Le passage à la TVA s’est tout de même effectué sans problème majeur, a-t-il déclaré à L’Orient-Le Jour. Désormais, le ticket de caisse doit obligatoirement faire figurer le montant global de la TVA payée par le client, ainsi que le montant TTC (toutes taxes comprises). Un signe distinctif doit indiquer devant chaque produit facturé si...