Raphaël Poirée a tout gagné en biathlon, une Coupe du monde, trois titres de champion du monde, les plus belles courses, dont le 10 km de Ruhpolding vendredi dernier. Tout ? Pas tout à fait, car il manque encore à son palmarès la médaille d’or olympique individuelle qu’aucun Français n’a encore jamais réussi à décrocher dans cette discipline. À 27 ans, le caporal-chef instructeur de l’École de haute montagne croit en ses chances aux Jeux de Salt Lake City, les seconds de sa carrière. «Depuis quatre ans, je ne m’entraîne que dans l’unique but de remporter cette médaille», dit-il. «Grâce à cette médaille, j’ai surmonté mon échec à Nagano», où il avait terminé 22e sur 20 km et avait abandonné dans le 10 km dont il était le favori. «Grâce à elle, je me suis rapidement remis de mon accident de moto. Alors, ma motivation fut grande pour revenir. En plus, un tel évènement m’a orienté sur le chemin qui mène à l’essentiel dans une vie». Cet accident date du 3 juin 1999. Le biathlète avait percuté de plein fouet une voiture. «Quand Joël Besson (directeur de l’équipe de France de biathlon) a vu ma moto, il a cru que c’était fini pour moi», se souvient Poirée. Par miracle, Raphaël Poirée n’avait souffert que d’une double fracture ouverte à l’avant-bras gauche. Il passa trois mois sans utiliser son bras gauche mais, le 15 décembre 1999, il remporta une épreuve de Coupe du monde. À la ville, à Villard-de-Lans, le biathlète français est l’époux d’une biathlète norvégienne, Liv Skjelbreid, fille d’un facteur. Leader incontesté Aux championnats du monde d’Oslo, le 26 février 2000, Madame avait gagné le 12.5 km départ en ligne et Monsieur, le 15 km départ groupé mais Liv a déjà décroché sa médaille olympique, une médaille de bronze en relais en 1998. Julien Robert, membre du relais français champion du monde à Bled-Pokljuka (Slovénie) le 11 février 2001, croit en son ami de collège. «À partir de la classe de 4e, nous étions internes à la section “sport-études” de la Chapelle. Depuis, nous ne nous sommes pas quittés. J’étais meilleur que lui en tir et plus puissant, mais il possédait une caisse au-dessus du lot», se souvient-il. «Comme il était frêle et chétif, nous nous demandions où il puisait son énergie. Certainement dans l’orgueil et l’envie de gagner. Dans ma carrière, je n’ai jamais vu un seul gars s’investir autant que lui. Poirée, c’est de l’investissement énorme sur une très très longue durée. Il dort, il mange, il respire, il boit “biathlon”. Et, chaque jour, il s’investit un peu mieux et un peu plus que le jour précédent». Comme Gilles Marguet et Vincent Defrasne, les deux autres relayeurs en Slovénie, Julien Robert reconnaît que Poirée est devenu le leader inconstesté de l’équipe de France. «Bien des fois, les entraîneurs suivent ce qu’il dit. Chez nous, ce ne sont pas les entraîneurs qui tirent le groupe. C’est lui. Et, comme il s’est beaucoup entraîné avec et chez les Norvégiens, nous avons que son savoir est supérieur au nôtre», précise-t-il. «À l’entraînement, notre objectif est de le battre. Mais lui ne nous lâche jamais rien. Il est toujours à fond sur tout. Il ne fait absolument rien pour rigoler».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Raphaël Poirée a tout gagné en biathlon, une Coupe du monde, trois titres de champion du monde, les plus belles courses, dont le 10 km de Ruhpolding vendredi dernier. Tout ? Pas tout à fait, car il manque encore à son palmarès la médaille d’or olympique individuelle qu’aucun Français n’a encore jamais réussi à décrocher dans cette discipline. À 27 ans, le caporal-chef instructeur de l’École de haute montagne croit en ses chances aux Jeux de Salt Lake City, les seconds de sa carrière. «Depuis quatre ans, je ne m’entraîne que dans l’unique but de remporter cette médaille», dit-il. «Grâce à cette médaille, j’ai surmonté mon échec à Nagano», où il avait terminé 22e sur 20 km et avait abandonné dans le 10 km dont il était le favori. «Grâce à elle, je me suis rapidement remis de mon accident de...