Quoi qu’il arrive, le Français Sébastien Loeb (Citroën Xsara WRC) restera comme le vainqueur moral du rallye Monte-Carlo, première épreuve du championnat du monde, hier à Monaco. Trois jours durant sur les routes de l’arrière-pays monégasque, c’est lui en effet, Sébastien Loeb (27 ans), qui a dicté sa loi à une meute de champions du monde. Et d’abord au plus illustre d’entre eux, le Finlandais Tommi Makinen (Subaru Impreza WRC), couronné à quatre reprises et triple vainqueur en principauté ces dernières années, le seul à avoir pu rester une menace pour ce champion du monde junior qui n’en était qu’à sa deuxième participation à une course du Mondial au volant d’une WRC. Une victoire, après une deuxième place au San Remo en octobre, le jour de sa fête, l’histoire aurait pu être belle pour ce pilote ayant débuté en sport automobile en 1997 seulement, sans une énorme étourderie de l’équipe Citroën, samedi soir juste avant l’arrivée au parc fermé. La deuxième journée était terminée, Loeb était parvenu à conserver plus de 28 secondes d’avance sur Makinen malgré une «chaleur» dans l’avant-dernière spéciale du jour. Et puis, Citroën changeait les pneus de la Xsara dans une zone non autorisée. Réclamation de l’équipe Subaru, rapport du délégué technique, les commissaires de l’épreuve annonçaient la sanction : deux minutes de pénalité. Indulgence ou mise « hors course » Autant dire que le succès espéré s’envolait. Citroën faisait alors appel, reconnaissant l’erreur, mais estimant la sanction trop lourde. D’autant que la manœuvre n’avait pas d’incidence sur le plan sportif. Guy Fréquelin, directeur de Citroën Sport, réclamait que cet appel soit suspensif pour laisser Loeb, son pilote, à une première place méritée. «Le Monte-Carlo a un règlement spécifique. Changer de pneus entre le parc d’assistance et le parc fermé pour effectuer 350 mètres ne procure aucun avantage. C’est pourquoi je demande l’indulgence. Par le passé, des fautes plus graves n’ont pas été sanctionnées aussi durement», plaidait Fréquelin. Du côté des adversaires toutefois, on ne l’entendait pas ainsi. La mise «hors course» était ainsi réclamée par Subaru et Ford dont les ambitions au championnat pilotes sont grandes. Le Tribunal d’appel international de la Fédération internationale automobile (FIA) tranchera. Avant ou après la prochaine épreuve en Suède (1-3 février)? Aucune date n’était encore fixée hier soir à Monaco. « Plus la même chose » Tout cela n’avait aucune influence sur le comportement de Loeb, inébranlable. Makinen, en revanche, n’avait plus la même détermination en fin de parcours pour revenir sur le Français. «Il n’y a pas le feu. Nous adoptons le rythme de croisière. J’essaierai d’aller un peu plus vite dans le dernier passage au Turini, mais à quoi bon attaquer à fond ? Ce n’est plus réellement la même chose depuis la faute de Citroën», a admis Makinen. Derrière en revanche, Ford, Carlos Sainz et Colin McRae avaient tout intérêt à poursuivre la bataille face à Marcus Gronholm (Peugeot 206 WRC). Ce dernier, malheureux jusque-là, comme Peugeot, en principauté, a préféré assurer une 5e place derrière les deux Focus WRC, devant le Norvégien Petter Solberg (Subaru Impreza WRC).
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