Arafat n’est pas un traître, mais il est sous pression
le 17 janvier 2002 à 00h00
Les Palestiniens estimaient hier que leur président Yasser Arafat avait été acculé à arrêter le chef radical Ahmad Saadat, mais doutaient de voir Israël l’autoriser en retour à retrouver sa liberté de mouvement. «Arafat n’est pas un traître, il est sous pression et tout le monde le sait jusqu’au plus jeune de mes gosses !», s’exclame Siham Saleh, une femme de ménage quadragénaire qui vient chaque jour, d’un village voisin, travailler à Ramallah. Mais elle voudrait quand même voir M. Arafat, bloqué à Ramallah, s’expliquer à la télévision sur l’arrestation du chef du FPLP. «Les gens sont en colère et ils ont besoin de comprendre», dit-elle. De fait, l’arrestation de M. Saadat n’est pas une décision populaire, s’il faut en croire les réactions de Palestiniens interrogés au hasard à Ramallah, mais la résignation et l’amertume l’emportent. Mohammed Hassan, 20 ans, «ne croit pas que M. Arafat réussira ainsi à desserrer l’étau israélien. Il a fait arrêter Saadat pour pouvoir sortir de Ramallah, mais il n’y parviendra pas s’il ne fait pas arrêter les assassins du ministre israélien du Tourisme (Rehavam Zeevi), et même cela ne suffira pas à Ariel Sharon», dit-t-il, accusant le Premier ministre israélien de refuser toute chance de paix. Pour Mitri Zabaneh, 42 ans, un épicier, les Palestiniens sont perdants à tous les coups : «Si le FPLP reprend ses attaques, cela fera le jeu de Sharon qui souhaite un regain de violence». «Nous n’allons pas opter pour la violence contre notre direction nationale», affirme Jibril Mohammed, 50 ans, directeur d’une publication du FPLP. «Arafat était soumis à des pressions pour arrêter Saadat, même s’il a violé l’immunité (du chef du FPLP), qui est membre du Conseil national palestinien (Parlement en exil)», estime-t-il. «Le pire c’est qu’Arafat a plié devant les demandes israéliennes et américaines et n’en récoltera rien. Les deux pays vont continuer d’exercer des pressions sur l’Autorité palestinienne, car leur but est d’écraser l’intifada», ajoute M. Mohammed. «Nous savons que Sharon veut déclencher un conflit interpalestinien et nous ne lui permettrons pas de le faire», dit-il, ajoutant que «la violence contre Israël pourrait reprendre et ne viendra pas seulement du FPLP». «Il n’y a pas de nouvel ordre mondial, mais juste un empire américain qui impose sa volonté. Si un pays indépendant comme le Pakistan se plie aux diktats américains, que peut faire un dirigeant isolé comme Arafat ?» s’interroge Mitri Zabaneh.
Les Palestiniens estimaient hier que leur président Yasser Arafat avait été acculé à arrêter le chef radical Ahmad Saadat, mais doutaient de voir Israël l’autoriser en retour à retrouver sa liberté de mouvement. «Arafat n’est pas un traître, il est sous pression et tout le monde le sait jusqu’au plus jeune de mes gosses !», s’exclame Siham Saleh, une femme de ménage quadragénaire qui vient chaque jour, d’un village voisin, travailler à Ramallah. Mais elle voudrait quand même voir M. Arafat, bloqué à Ramallah, s’expliquer à la télévision sur l’arrestation du chef du FPLP. «Les gens sont en colère et ils ont besoin de comprendre», dit-elle. De fait, l’arrestation de M. Saadat n’est pas une décision populaire, s’il faut en croire les réactions de Palestiniens interrogés au hasard à Ramallah,...
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