Les pays occidentaux et l’Onu ont réagi par un véritable concert de commentaires positifs au discours contre le terrorisme prononcé samedi par le président pakistanais Pervez Musharraf, mais l’Inde comme la Russie, plus circonspectes, attendent des actions concrètes de la part du Pakistan. «Nous accueillons avec satisfaction l’engagement déclaré (du Pakistan) de ne plus soutenir ou permettre l’utilisation de son territoire pour le terrorisme n’importe où dans le monde, y compris dans l’État indien de Jammu et Cachemire», a ainsi affirmé dimanche à New Delhi le ministre indien des Affaires étrangères Jaswant Singh. Il a néanmoins aussitôt ajouté que l’engagement du président pakistanais serait jugé «par les actions concrètes prises» contre «le terrorisme transfrontalier». Le ministre indien a par ailleurs affirmé exclure l’implication d’une troisième partie dans la résolution du conflit sur le Cachemire entre l’Inde et le Pakistan, comme l’avait suggéré dans son intervention télévisée le président Musharraf. Par la voix de son porte-parole Fred Eckhard, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan s’est, de son côté, félicité que le général Musharraf ait mis l’accent sur «la tolérance, l’État de droit et la nécessité de combattre le terrorisme et l’extrémisme», estimant que ce discours constituait un geste vers la paix dans la région. «Le secrétaire général saisit cette occasion pour réitérer sa conviction que les différends entre l’Inde et le Pakistan ne peuvent être résolus que pacifiquement», a ajouté M. Eckhard. «Il a été heureux de remarquer à ce propos que le président Musharraf avait évoqué la nécessité d’une solution pour le Cachemire par le biais du dialogue et des moyens pacifiques», a poursuivi le porte-parole. Les Cachemiris ont, à cet égard, espéré dimanche que les engagements du général Musharraf contre les extrémistes marqueraient le début d’une détente dans le sous-continent indien et d’un règlement pacifique du conflit du Cachemire. Le président américain George W. Bush s’est lui aussi félicité de la «position ferme contre le terrorisme» prise par le président pakistanais et de sa vision du Pakistan comme d’un «État moderne et progressiste», tandis qu’au nom de l’Union européenne (UE), dont elle assure la présidence tournante jusqu’au 30 juin, l’Espagne a accueilli «favorablement» le discours de M. Musharraf. «Je veux le féliciter pour les décisions destinées à lutter contre le terrorisme, notamment les mesures contre ceux qui cherchent à promouvoir le terrorisme à l’étranger», a renchéri le haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure Javier Solana. «Nous nous félicitons de la nette condamnation et du rejet du terrorisme sous toutes ses formes par le président Musharraf et de son engagement à faire preuve de beaucoup de fermeté face à toute personne commettant des actes de terrorisme à partir du territoire pakistanais», a, pour sa part, commenté le gouvernement britannique. «Le rejet de la violence et du terrorisme, clairement exprimé par M. Musharraf, peut être une contribution importante sur la voie d’une solution pacifique pour surmonter la crise entre l’Inde et le Pakistan», a considéré le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer. La France a, elle, jugé «importantes et positives» et «de nature à contribuer à la reprise du dialogue indispensable entre le Pakistan et l’Inde» les mesures contre l’extrémisme musulman annoncées par le chef de l’État pakistanais. Plus réservé, le ministère russe des Affaires étrangères a relevé «une note positive dans l’intention déclarée du président Musharraf de mettre un terme aux activités d’organisations extrémistes opérant à partir de territoires sous contrôle pakistanais», précisant toutefois que la Russie jugera la situation en fonction «des mesures concrètes d’Islamabad pour mettre un terme à toutes les actions terroristes». Quant au Premier ministre chinois Zhu Rongji, il est arrivé dimanche en Inde pour une visite officielle de cinq jours. Le ministre indien des Affaires étrangères a assuré à la presse que la Chine ne jouerait pas un rôle de médiateur entre New Delhi et Islamabad.
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