L’accord d’association que s’apprêtent à parapher le Liban et l’Union européenne aujourd’hui à Bruxelles représente une chance unique pour le Liban de s’arrimer au «moteur européen», selon l’expression du président de la délégation de la Commission, Patrick Renauld. Mais il représente aussi un défi économique immense. «Les douze prochains mois vont être fondamentaux. La question sera de savoir si le Liban démarre ou pas (les réformes nécessaires). L’Union européenne fournit un cadre et des moyens financiers, mais elle ne peut pas agir à la place de ses partenaires. Ce n’est pas en restant le coffre-fort de la région que le Liban pourra développer son économie», dit-il dans un entretien avec L’Orient-Le Jour. Le volet économique et commercial de l’accord prévoit en effet un démantèlement progressif des tarifs douaniers, en vue de la création d’une zone de libre-échange. Il expose ainsi les producteurs libanais à la concurrence des entreprises européennes tout en leur offrant un accès privilégié aux marchés des quinze pays membres. La seule façon pour le Liban de tirer profit de cette situation nouvelle est d’accroître fortement la compétitivité de son économie. Dans cette perspective, le risque le plus grand pour le Liban «serait pour lui de penser que les autres vont faire le travail à sa place. Il lui faut agir le plus rapidement possible, car s’il attend la fin de la période de transition de douze ans, ce sera trop tard», poursuit M. Renauld. «Il faut un changement radical pour renouer avec la croissance et créer des emplois». Les négociations pour la conclusion d’un accord d’association avec l’Union européenne aboutissent enfin au Liban, six ans après le lancement à Barcelone du processus euro-méditerranéen destiné à unir les Quinze et leurs voisins méditerranéens dans une zone de «prospérité partagée». Le Liban est l’avant-dernier pays sur la liste (il ne reste plus que la Syrie), car les discussions ont subi une interruption entre 1997 et 1999. Ce retard présente à la fois des avantages et des inconvénients. D’une part, le Liban risque d’être dépassé par d’autres partenaires méditerranéens de l’Union européenne, comme la Tunisie, le Maroc ou la Jordanie. De l’autre, il bénéficie de l’expérience acquise au cours des premières années du processus euro-med. «De façon générale, on peut dire que le Liban a obtenu un accord favorable, avec de meilleures conditions que d’autres», dit un diplomate. S.R.
L’accord d’association que s’apprêtent à parapher le Liban et l’Union européenne aujourd’hui à Bruxelles représente une chance unique pour le Liban de s’arrimer au «moteur européen», selon l’expression du président de la délégation de la Commission, Patrick Renauld. Mais il représente aussi un défi économique immense. «Les douze prochains mois vont être fondamentaux. La question sera de savoir si le Liban démarre ou pas (les réformes nécessaires). L’Union européenne fournit un cadre et des moyens financiers, mais elle ne peut pas agir à la place de ses partenaires. Ce n’est pas en restant le coffre-fort de la région que le Liban pourra développer son économie», dit-il dans un entretien avec L’Orient-Le Jour. Le volet économique et commercial de l’accord prévoit en effet un démantèlement...
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