Rechercher
Rechercher

Actualités

Un corps de rêve ? Gare au prix (PHOTOS)

Presse, publicité, vision esthétique, élan amoureux s’unissent pour déifier la minceur... Se sentir détenteur de centimètres excédentaires c’est se marginaliser face à son époque, voire s’invalider dans l’arène des conquêtes mais aussi vis-à-vis de son époque et de la vie elle-même, y compris la professionnelle. Il fut un temps, pas très lointain, où l’habit faisait le moine. L’ouragan des jeans est venu niveler les garde-robes. Jeunes et vieux, riches et pauvres, hommes et femmes dans leur bleu de forge sont des moines porteurs de la soutane identique des temps actuels. Tous égaux face au denim... Les vêtements, grâce à cette mode, ont perdu de leur prestige et l’économie de ses ressources. S’habiller aujourd’hui coûte cinq fois moins qu’il y a cinquante ans. L’industrialisation de la mode a tué l’artisanat et la petite couture... Les grandes et belles inspirations aussi... Le vêtement, qui dans le temps jouait un rôle discriminatoire, a donc cédé sa place au corps... Ce que signifiait le costume est aujourd’hui exprimé par le corps lui-même. Malheur donc aux «mal habillés» par la nature. Les défauts physiques alimentent ainsi la mamelle réparatrice : chirurgie esthétique, soins, massages, reconstruction et autres body building(s) rendent tout le monde adepte du miroir. Les méthodes à succès constituent un vrai pactole. D’autant plus que quelques adeptes illustres et certaines métamorphoses spectaculaires enrichissent le culte corporel d’une agiographie digne de foi... Démagogie lucrative «Jeunes, beaux et minces». L’ordre fait naître des devises, des emplois, des illusions et des comptes en banque. Et comme les méthodes miracles ne durent pas la vie durant, la graisse revient et le combat reprend. Sournoisement, dès les premiers centimètres du retour graisseux ou celui des griffures du temps, l’ego s’enrhume et le moral avec. Résultat, la vie humaine passe entre suppression et lamentation. Et comme les deux états se succèdent et le culte s’universalise, les industries embellisseuses sont promises à une prospérité mythique... Si seulement elles pouvaient aussi embellir avec la même efficacité la laideur invisible des êtres, quel somptueux cadeau ce serait pour l’humanité... Quelques centimètres de moins d’égoïsme, d’égocentrisme, de cupidité, d’avarice, d’agressivité permettraient non seulement une vie plus belle pour tous mais aussi de regarder un peu plus haut que son nez ou ses bourrelets de graisse...
Presse, publicité, vision esthétique, élan amoureux s’unissent pour déifier la minceur... Se sentir détenteur de centimètres excédentaires c’est se marginaliser face à son époque, voire s’invalider dans l’arène des conquêtes mais aussi vis-à-vis de son époque et de la vie elle-même, y compris la professionnelle. Il fut un temps, pas très lointain, où l’habit faisait le moine. L’ouragan des jeans est venu niveler les garde-robes. Jeunes et vieux, riches et pauvres, hommes et femmes dans leur bleu de forge sont des moines porteurs de la soutane identique des temps actuels. Tous égaux face au denim... Les vêtements, grâce à cette mode, ont perdu de leur prestige et l’économie de ses ressources. S’habiller aujourd’hui coûte cinq fois moins qu’il y a cinquante ans. L’industrialisation de la mode a...