La scène se réduit à du métal tordu et un méchant béton, les murs ont des impacts de bombes et de roquettes, le plafond est percé, les sièges sont durs et cassés, mais le spectacle, malgré tout, continue en Afghanistan. Des centaines de spectateurs enthousiastes – et parmi eux le ministre de la Culture et de l’Information Raheen Makhdoom et le ministre de l’Enseignement supérieur Rassool Amin – ont assisté mardi à un spectacle composé d’une série de petits sketches, de récitals musicaux et de chants interprétés par la «Kabul Theatre Company». Comme la semaine dernière pour la première représentation, les Afghans se sont levés, très excités, pour ovationner les acteurs. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des sketches tournent autour de la montée et de la chute du régime des talibans. L’acteur-vedette Najibullah Ghanzada entre avec une torche enflammée et allume des broussailles placées stratégiquement sur l’infrastructure tordue qui fut jadis une scène. Un autre acteur arrive alors et commence à gémir sur sa maison, son théâtre et «l’Afghanistan tout entier» qui ont été incendiés par les talibans. Un troisième acteur le console en lui disant que même s’il a été battu et que tous ses biens ont été détruits, les talibans sont maintenant vaincus. Une femme en robe de mariée, symbolisant le retour de la paix, se promène sur la scène en agitant les bras comme si elle volait. Le message est simple et court, mais il a son public : de nombreux spectateurs sont perchés sur ce qui reste des marches en béton vociférant pour avoir une suite. Suivent des lectures poétiques, un récital de musique joué par un quatuor instrumental traditionnel afghan et des chants nationaux interprétés par le fameux chanteur populaire Aziz Ghaznaway. «Nous sommes très fiers d’avoir réussi à ramener les gens au théâtre, après si longtemps», dit Najibullah Arian, producteur de ce spectacle qui dure une heure. «Nous sommes aussi heureux de pouvoir faire de la musique», ajoute-t-il. Les talibans avaient interdit les distractions sous toutes leurs formes. «Ils nous auraient arrêtés et jetés en prison si nous avions organisé un tel concert», se rappelle-t-il. L’acteur Ghanzada, qui s’est brûlé la main hier en allumant le feu à un buisson, dit que cette pièce est la première jouée par la troupe de Kaboul depuis 1995. «Notre but, avec cette pièce, est de rétablir le théâtre à Kaboul et d’attirer l’attention du monde sur la situation misérable du théâtre de la capitale», explique-t-il en montrant les caméras des plus grandes chaînes de télévision mondiales qui filment la représentation. Si le ministère de la Culture et la communauté internationale pouvaient apporter un financement, Ghanzada pourrait continuer les représentations de sa pièce, et peut-être même en écrire une autre, dit-il. «Mon rêve est d’avoir un vrai théâtre, avec de véritables sièges, un toit et une scène», dit-il. «Et peut-être aussi un rideau», ajoute-t-il avec une note d’envie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La scène se réduit à du métal tordu et un méchant béton, les murs ont des impacts de bombes et de roquettes, le plafond est percé, les sièges sont durs et cassés, mais le spectacle, malgré tout, continue en Afghanistan. Des centaines de spectateurs enthousiastes – et parmi eux le ministre de la Culture et de l’Information Raheen Makhdoom et le ministre de l’Enseignement supérieur Rassool Amin – ont assisté mardi à un spectacle composé d’une série de petits sketches, de récitals musicaux et de chants interprétés par la «Kabul Theatre Company». Comme la semaine dernière pour la première représentation, les Afghans se sont levés, très excités, pour ovationner les acteurs. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des sketches tournent autour de la montée et de la chute du régime des talibans....