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Actualités - Analyse

Kaboul compte séduire à nouveau les touristes

D’ici à quelques mois, l’Afghanistan sera à nouveau une destination séduisante pour les touristes, prédit le ministre afghan du Tourisme, Abdul Rahman. «Le pays est maintenant rouvert au tourisme pour la première fois depuis 23 ans», a déclaré M. Rahman. «Beaucoup de gens sont très curieux de le voir de leurs propres yeux, surtout depuis qu’il apparaît si souvent à la télévision». Il s’attend «d’ici à trois ou quatre mois» à un afflux touristique venant d’Europe, des pays musulmans et des États-Unis. «Ce seront de vrais touristes, pas des gens qui travaillent dans les ONG ni des journalistes», affirme-t-il. Les Américains, en particulier, adoreront, selon lui, visiter des endroits comme les grottes de Tora Bora, où le chef du réseau d’el-Qaëda, Oussama Ben Laden, est censé s’être caché avec ses hommes pendant plusieurs semaines en décembre, avant d’en avoir été chassés par des bombardements intensifs de l’aviation américaine et l’offensive terrestre des forces afghanes. La ville de Kandahar (sud), où a vécu le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, également recherché par les Américains, sera aussi bientôt une étape touristique, selon M. Rahman. «Bien sûr, je n’enverrais pas des touristes aujourd’hui à Kandahar ou à Tora Bora, mais dans quelques mois la situation sera très différente», espère-t-il. La tâche du ministre s’avère néanmoins pour le moins ardue. Ben Laden et le mollah Omar sont toujours en fuite, et les chasseurs américains continuent de pilonner plusieurs régions du pays pour tenter d’éradiquer les partisans des deux anciens leaders extrémistes islamiques. Kandahar est, selon les organisations humanitaires, extrêmement instable et les routes reliant les principaux centres du pays sont fréquentées par des bandits sans foi ni loi. En plus de l’insécurité, la plupart des villes sont ravagées par plus de 20 années de guerre, depuis l’occupation soviétique de 1979 à 1989, suivie par la guerre civile, et enfin, depuis 1996, par la guerre entre le régime des talibans et les forces d’opposition. Les infrastructures sont symboliques, les coupures d’électricité fréquentes et la version afghane de «l’hôtel de luxe» est très éloignée des normes internationales. S’ajoute encore à cette situation le problème des champs de mines : quelque 10 millions d’entre elles sont enfouies dans le pays. M. Rahman est naturellement conscient de ces problèmes mais il croit néanmoins que les autorités sont capables de sécuriser quelques destinations touristiques-clés, comme la capitale Kaboul, la vallée du Panchir, un peu au nord de Kaboul, qui est d’une beauté à couper le souffle, la ville de Hérat à l’ouest du pays et les vastes étendues du nord. Le ministre cherche aussi un partenaire international pour rénover le principal hôtel de Kaboul, le Continental. «Nous voulons également améliorer les restaurants et les transports pour les touristes», dit-il. Une école de guides pour touristes est en train de se monter et les premiers étudiants vont commencer leur formation dans quelques semaines. Malgré les destructions – notamment celles des bouddhas géants de la province de Bamiyan –, beaucoup de sites valent le déplacement, estime le ministre. «Bamiyan est magnifique avec ou sans les bouddhas», dit-il, et «l’Afghanistan offre des parcs naturels, des sites historiques et des paysages superbes». Des agences touristiques d’Égypte, d’Espagne et de Grèce ont déjà commencé à s’informer sur le marché offert par le pays, a indiqué le ministre. Dès que les vols commerciaux internationaux reprendront, dans quelques semaines, les étrangers commenceront à arriver en foule, selon lui. «Le bouche à oreille fera le reste pour que l’Afghanistan devienne la nouvelle destination à visiter dans le monde», selon M. Rahman. Quant à l’actuelle couverture télévisée sur les raids américains et la traque de Ben Laden, il estime que «c’est peut-être une mauvaise publicité maintenant, mais c’est de la publicité. Pendant plus de 20 ans, le monde nous a totalement ignorés».
D’ici à quelques mois, l’Afghanistan sera à nouveau une destination séduisante pour les touristes, prédit le ministre afghan du Tourisme, Abdul Rahman. «Le pays est maintenant rouvert au tourisme pour la première fois depuis 23 ans», a déclaré M. Rahman. «Beaucoup de gens sont très curieux de le voir de leurs propres yeux, surtout depuis qu’il apparaît si souvent à la télévision». Il s’attend «d’ici à trois ou quatre mois» à un afflux touristique venant d’Europe, des pays musulmans et des États-Unis. «Ce seront de vrais touristes, pas des gens qui travaillent dans les ONG ni des journalistes», affirme-t-il. Les Américains, en particulier, adoreront, selon lui, visiter des endroits comme les grottes de Tora Bora, où le chef du réseau d’el-Qaëda, Oussama Ben Laden, est censé s’être caché avec...