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Le Fateh, cheville ouvrière du cessez-le-feu

Le mouvement Fateh de Yasser Arafat s’est employé discrètement à faire respecter le cessez-le-feu, contribuant à la baisse des violences qui a permis le retour du médiateur américain Anthony Zinni. Depuis l’appel lancé le 16 décembre par le président palestinien à la trêve, les chefs du Fateh ont multiplié les rencontres avec les organisations radicales islamistes ou laïques pour conclure les arrangements de la trêve. «Le Fateh est un mouvement peu discipliné, mais quand sa direction est menacée, ses membres la soutiennent», assure Ali Jarbawi, un professeur de sciences politiques à l’Université de Bir Zeit en Cisjordanie. Pendant que les forces de la sécurité, formées de vétérans du Fateh, procédaient à des arrestations de militants islamistes, le mouvement négociait avec le Hamas et le Jihad islamique ainsi qu’avec les groupes armés dissidents. Selon Ahmed Hewliss, secrétaire général du Fateh dans la bande de Gaza, les tractations ont commencé juste après le discours d’Arafat, à la fois à l’extérieur et à l’intérieur du mouvement qui a célébré le 31 décembre le 37e anniversaire de sa création. «Ces deux dernières semaines, il y a eu d’importants efforts pour parvenir à un cessez-le-feu surtout pendant les heures qui ont précédé l’annonce par le Hamas de la fin de ses opérations», dit-il. Le dialogue s’est engagé à deux niveaux, d’une part entre le Fateh et des groupes spécifiques, et d’autre part à l’occasion de rassemblements plus larges avec les Forces nationales et islamiques, la coalition de 13 organisations créée pour animer l’intifada, explique encore M. Hewliss. Selon lui, des accords informels existent à présent sur un arrêt des opérations militaires, tant en Israël que dans les territoires occupés, où colons et soldats israéliens étaient pris pour cible. Dans sa déclaration du 21 décembre, le Hamas a cependant mentionné uniquement la suspension des attentats-suicide et des tirs d’obus de mortier en Israël même. Les autres organisations n’ont pas publié de communiqués, hormis les Martyrs des brigades al-Aqsa, un groupe lié au Fateh. Toujours selon M. Hewliss, tous les groupes ont convenu qu’un cessez-le-feu était devenu urgent après les derniers attentats-suicide en Israël auxquels le Premier ministre de l’État hébreu Ariel Sharon a riposté par des frappes aériennes et en encerclant avec ses chars Yasser Arafat à Ramallah en Cisjordanie. «Nous avons réalisé que le monde n’est pas prêt à écouter le point de vue des Palestiniens, même si sa lutte est légitime», ajoute-t-il. L’intifada aura pour nouvelle ligne d’action des manifestations et la désobéissance civile, et se réservera le droit de revenir à la lutte armée si la trêve n’apporte pas de changements sur le terrain, avertit M. Hewliss. «Quand nous baissons les armes, cela ne veut pas dire que nous renonçons à jamais. Nos démarches sont fonction du comportement israélien. Nous ne pouvons pas accepter d’être le seul peuple à dire adieu à ses martyrs», dit-t-il. Le Fateh est fidèle à la personne de Yasser Arafat et n’a pas d’autre idéologie que la lutte pour un État palestinien. Ces derniers mois, il a aidé l’Autorité palestinienne à résoudre des questions internes de sécurité. Il a par exemple permis à la police d’envoyer des renforts dans le sud de la bande de Gaza où elle avait du mal à entrer, a indiqué un responsable de la sécurité palestinienne. «Au cours de l’intifada, il y a eu des dirigeants qui cherchaient à se positionner, mais je ne dirais pas pour autant qu’Arafat avait perdu leur contrôle. En période de crise, le Fateh ressemble à une grappe de raisins. En période normale, les grains se dispersent», souligne Ali Jarbawi.
Le mouvement Fateh de Yasser Arafat s’est employé discrètement à faire respecter le cessez-le-feu, contribuant à la baisse des violences qui a permis le retour du médiateur américain Anthony Zinni. Depuis l’appel lancé le 16 décembre par le président palestinien à la trêve, les chefs du Fateh ont multiplié les rencontres avec les organisations radicales islamistes ou laïques pour conclure les arrangements de la trêve. «Le Fateh est un mouvement peu discipliné, mais quand sa direction est menacée, ses membres la soutiennent», assure Ali Jarbawi, un professeur de sciences politiques à l’Université de Bir Zeit en Cisjordanie. Pendant que les forces de la sécurité, formées de vétérans du Fateh, procédaient à des arrestations de militants islamistes, le mouvement négociait avec le Hamas et le Jihad islamique...