Les troupes de la force internationale commencent à arriver en nombre à Kaboul dans un quartier général poussiéreux, avec quelques arbres rachitiques, vestiges de 23 années de guerre. «Nous courons le risque de sauter sur une mine ici, comme partout ailleurs» dans le pays, constate le porte-parole militaire britannique, le major Guy Richardson. Au contrôle de la grille d’entrée principale du QG – installé dans l’ancien club de sport de l’armée afghane – quelques munitions en état de marche, trouvées dans l’enceinte, sont empilées dans une fosse remplie de sable. Le bâtiment aux murs criblés de balles est le centre d’où le général John McColl dirigera la Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan (ISAF). Le quartier accueillera aussi pour un temps quelques-uns des 4 500 soldats de la force qui sera entièrement déployée à Kaboul d’ici à fin janvier. Un contingent d’environ 270 marines de l’armée britannique est déjà arrivé ainsi que leurs compatriotes de la 16e brigade de l’air. Les premiers militaires français sont arrivés mercredi en Afghanistan avec les officiers de dix autres pays. La nuit, les températures descendent en dessous de zéro, alors que les soldats doivent effectuer des gardes de trois heures à l’extérieur. Pas de chauffage Le capitaine Gareth Moore, du corps médical de l’armée britannique, révèle qu’actuellement, le QG de l’ISAF «n’a pas de chauffage et que les fenêtres sont provisoirement couvertes avec du plastique». Mais il veut surtout s’assurer que les militaires ne souffriront pas de la soif, dans une ville où l’approvisionnement en eau potable ressemble «un peu à une bataille». «L’une de nos premières priorités ici, ce sera l’eau courante», a-t-il dit. «Nous n’avons pour l’instant que ces bonnes vieilles feuillées (fosse servant de latrines aux troupes en campagne, ndlr) en guise de toilettes». Les missions de paix dans un pays dévasté, que le porte-parole des Nations unies, Yusuf Hassan, décrit comme un «État en faillite», peuvent aussi donner l’occasion de rencontrer de vieilles connaissances. «J’ai retrouvé des gens aujourd’hui que j’avais rencontrés avant au Kosovo», confie un responsable du QG de l’ISAF, le colonel Richard Barrons. Une vingtaine d’officiers, représentant 12 des 17 pays qui ont promis leur concours à la force internationale, sont arrivés mercredi à Kaboul, en reconnaissance avant le déploiement de l’ISAF d’ici à fin janvier. Les soldats qui patrouillent, même à l’intérieur de la base, portent leurs armes le doigt sur le cran de sécurité. Le sergent britannique Gina Smith, vétéran de la mission de paix dans les Balkans, est arrivée à Kaboul dès lundi. «C’est aussi confortable que possible», dit-elle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les troupes de la force internationale commencent à arriver en nombre à Kaboul dans un quartier général poussiéreux, avec quelques arbres rachitiques, vestiges de 23 années de guerre. «Nous courons le risque de sauter sur une mine ici, comme partout ailleurs» dans le pays, constate le porte-parole militaire britannique, le major Guy Richardson. Au contrôle de la grille d’entrée principale du QG – installé dans l’ancien club de sport de l’armée afghane – quelques munitions en état de marche, trouvées dans l’enceinte, sont empilées dans une fosse remplie de sable. Le bâtiment aux murs criblés de balles est le centre d’où le général John McColl dirigera la Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan (ISAF). Le quartier accueillera aussi pour un temps quelques-uns des 4 500 soldats...