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Actualités - Chronologies

Washington procède à un arbitrage délicat

Les États-Unis ont déployé samedi de nouveaux efforts pour tenter d’éviter une guerre entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires qui se sont déja affrontées trois fois pour le contrôle de la province frontalière du Cachemire. Mais le rôle d’arbitre de Washington est singulièrement affecté par la condamnation du «terrorisme» comme moyen d’action politique, qui est au cœur de la campagne lancée par le président George W. Bush depuis les attentats du 11 septembre. Ce véritable anathème constitue en effet une mise en demeure claire pour Islamabad, accusée par New Dehli de soutenir des mouvements «terroristes» impliqués dans le conflit territorial du Cachemire, que les deux voisins se disputent depuis la partition de l’Inde britannique en 1947. Le président Bush a pris contact samedi avec le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee et avec le président pakistanais Pervez Musharraf, pour leur demander «d’œuvrer pour réduire les tensions dans la région». Mais il a surtout insisté auprès de M. Musharraf pour qu’il prenne des mesures «supplémentaires, fortes et efficaces» contre les «extrémistes» qui s’attaquent aux intérêts indiens. Le dernier incident en date – une attaque-suicide contre le Parlement de New Delhi qui a fait 14 morts le 13 décembre – est à l’origine du regain de tension entre les deux géants, dotés d’armes nucléaires et des moyens de les utiliser. L’Inde a accusé des mouvements islamistes basés au Pakistan d’avoir agi pour le compte des services secrets d’Islamabad, mais le Pakistan a démenti toute implication. Le Cachemire est une province à majorité musulmane, aujourd’hui divisé en une zone sous contrôle indien et une autre sous contrôle pakistanais par une ligne de front née de la première guerre indo-pakistanaise de 1949. L’Inde et le Pakistan ont massé des troupes le long de cette ligne de contrôle. Et les deux pays ont réduit de moitié le personnel de leurs représentations diplomatiques et annoncé l’interdiction de survol de leurs espaces aériens par les vols des compagnies aériennes de leur voisin. Après avoir cessé, sous la pression des États-Unis, son soutien aux talibans dès le début de la confrontation en Afghanistan, Islamabad se voit dorénavant exhorté à couper ses liens avec les groupes qui participent aux combats anti-indiens au Cachemire. Cette exigence apparaît beaucoup plus risquée pour le président Musharaff dans la mesure où le conflit du Cachemire est une cause nationale au Pakistan. Pourtant, il a déja décidé le gel des comptes bancaires d’une organisation islamiste au Cachemire, le Harakat ul-Moujahidine, dès le début de la «guerre contre le terrorisme» lancée par Washington. Et, après que Washington eut ajouté à la liste noire des organisations terroristes deux autres mouvements islamistes, Lashkar-e-Taiba et Jaish-e-Mohammad, Islamabad a annoncé des mesures contre eux et le chef du Jaish-e-Mohammed, Maulana Masood Azhar, a été arrêté. En dépit de cette bonne volonté et des risques qu’elle lui fait courir, le général Musharraf ne peut espérer aucun relâchement de la pression américaine. Washington l’a déjà mis en garde contre tout allégement du dispostif de surveillance des fuyards talibans ou combattants d’el-Qaïda sur sa frontière occidentale avec l’Afghanistan. «Ce serait une très grosse déception si cela se produisait», a déclaré le secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld. M. Musharraf a dû assurer Washington que son pays ne déplacera pas ces troupes pour renforcer le front avec l’Inde. «Tout ce que nous faisons sur la frontière afghane continuera à l’être. Il n’y aura pas de diminution de troupes (...) pas de changement de cette situation», a-t-il déclaré.
Les États-Unis ont déployé samedi de nouveaux efforts pour tenter d’éviter une guerre entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires qui se sont déja affrontées trois fois pour le contrôle de la province frontalière du Cachemire. Mais le rôle d’arbitre de Washington est singulièrement affecté par la condamnation du «terrorisme» comme moyen d’action politique, qui est au cœur de la campagne lancée par le président George W. Bush depuis les attentats du 11 septembre. Ce véritable anathème constitue en effet une mise en demeure claire pour Islamabad, accusée par New Dehli de soutenir des mouvements «terroristes» impliqués dans le conflit territorial du Cachemire, que les deux voisins se disputent depuis la partition de l’Inde britannique en 1947. Le président Bush a pris contact samedi avec le...