Il a fallu attendre les années 70 pour que le syndrome boulimique commence à être abordé comme une vraie pathologie. Pourtant au Liban, comme ailleurs, des milliers de jeunes femmes en étaient victimes. Il faut peut-être préciser que cette maladie psychique n’a rien à voir avec la gourmandise ou la fringale épisodique. D’ailleurs il est très rare qu’un sujet boulimique soit obèse. La fringale est une envie impérieuse de manger due à une baisse du taux de glucose dans le sang (hypoglycémie), un syndrome fréquent en période prémenstruelle chez la femme. Il s’agit d’une alerte de l’organisme normale, l’avertissant du besoin urgent de se ravitailler en carburant. C’est-à-dire en glucose. Il ne s’agit pas non plus de gourmandise qui est associée à une notion de plaisir. Il y a de la volupté via le goût chez le gourmand. La boulimie, par contre, n’entraîne que de la souffrance chez sa victime, puisqu’elle se gave sans plaisir tout en souffrant atrocement de son état. Pourquoi on parle toujours en matière de boulimiques au féminin ? Parce que neuf fois sur dix, la boulimique est une femme jeune, très jeune même, perdant complètement le contrôle de son alimentation. Dans certains cas, les épisodes de suralimentation à l’excès peuvent se produire plusieurs fois par jour, en dehors des repas ! Le sujet se cache pour se gaver car la crise est accompagnée d’un sentiment de honte et de culpabilité, voire de dégoût de soi. Deux crises par semaine Les médecins estiment qu’une personne est boulimique si elle accuse au moins deux crises par semaine sur une période de trois mois. Cet incontrôlable gavage entraîne des comportements hallucinants pour essayer de surveiller le poids et sauvegarder un semblant de silhouette. Ainsi, comme l’impulsion est telle qu’on ingère jusqu’à 10 000 calories par crise, la boulimique se fait vomir souvent plusieurs fois par jour. Sans parler (cas fréquent) de celles qui avalent sans discernement et de façon excessive laxatifs et diurétiques avec tous les risques que cela implique pour leur santé. Vivant dans une véritable clandestinité, les boulimiques peuvent cacher longtemps, voire des années, leur trouble à l’entourage. Une longue série de maux Les désordres de santé entraînés par ce trouble psychique forment une longue liste. Gastro-œsophagites, hernies hiatales, douleurs abdominales, diarrhées. Mais aussi troubles cardiaques et rénaux à la suite des vomissements qui épuisent les réserves en potassium de l’organisme. Conséquence, par ailleurs, de la carence en huiles et autres matières grasses, la chute des cheveux et l’écaillement de la peau. Un fait moins connu : la face interne des dents est érodée par l’acidité des sucs gastriques, ce qui finit par détériorer gravement la dentition. La plupart des boulimiques, comme les anorexiques, accusent des troubles des règles résultant de l’anarchie du comportement alimentaire. À la longue, si rien n’est fait pour aider le sujet, une détresse profonde s’installe. La boulimie devient alors le seul dérivatif, l’unique remède aux maux de l’existence. Le sujet voudrait bien s’arrêter mais il lui est impossible sans l’aide d’un spécialiste.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il a fallu attendre les années 70 pour que le syndrome boulimique commence à être abordé comme une vraie pathologie. Pourtant au Liban, comme ailleurs, des milliers de jeunes femmes en étaient victimes. Il faut peut-être préciser que cette maladie psychique n’a rien à voir avec la gourmandise ou la fringale épisodique. D’ailleurs il est très rare qu’un sujet boulimique soit obèse. La fringale est une envie impérieuse de manger due à une baisse du taux de glucose dans le sang (hypoglycémie), un syndrome fréquent en période prémenstruelle chez la femme. Il s’agit d’une alerte de l’organisme normale, l’avertissant du besoin urgent de se ravitailler en carburant. C’est-à-dire en glucose. Il ne s’agit pas non plus de gourmandise qui est associée à une notion de plaisir. Il y a de la volupté via le goût...