Un groupe armé lié au mouvement Fateh s’est dit prêt à respecter la trêve demandée par le président palestinien Yasser Arafat pour donner une chance au dialogue, mais dit craindre une poursuite de la politique israélienne d’assassinats de ses cadres. Fortement implantés dans le sud de la bande de Gaza, notamment à Rafah qui a connu d’importantes confrontations entre Palestiniens et Israéliens durant les derniers mois, les responsables des Factions Ahmed Aboul Riche se déclarent «soucieux de donner une chance» au chef de l’Autorité palestinienne «d’aboutir à la paix, en dépit de la perte de tout espoir de règlement pacifique». «Nous allons respecter l’appel au calme, car nous sommes conscients du poids des pressions américaines sur Arafat», a déclaré le chef du groupe qui s’est présenté sous le nom de code de Abou Mahmoud. «Si Israël respecte le cessez-le-feu, nous ferons de même, mais nous doutons fort que cela dure, car c’est un État avide de sang», a-t-il affirmé. Les Factions Ahmed Aboul Riche, ou les Faucons du Fateh, ont été rebaptisées du nom de leur commandant après son assassinat par des unités spéciales israéliennes peu après la signature des accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne en 1993. Le chef du groupe, qui revendique une certaine autonomie par rapport au Fateh du président Arafat, a affirmé qu’il briserait la trêve en cas d’assassinat par Israël «de dirigeants ou de cadres palestiniens, du Fateh ou même du (mouvement islamiste) Hamas». Il a souligné que «les assassinats constituent la limite» de leur tolérance. Abou Mahmoud, qui se présente comme le commandant du groupe, s’est déclaré convaincu qu’«Israël ne laissera pas passer cette période d’accalmie sans mener une opération visant à saper la paix». La violence et les confrontations ont nettement baissé depuis l’appel lancé le 16 décembre par M. Arafat à un arrêt des opérations armées contre Israël. Les mouvements islamistes Hamas et Jihad islamique ont annoncé depuis un arrêt des opérations, notamment les attentats-suicide en Israël. Abou Mahmoud a dénoncé des «tentatives quotidiennes de provocation de la part des Israéliens». «Ils tirent à l’arme lourde pour tenter de nous inciter à répliquer, mais nous n’allons pas leur offrir cette occasion», a-t-il affirmé. Il a cependant répété que le Fateh se réservait un droit de riposte en cas d’assassinat, estimant qu’il s’agirait de «légitime défense». «En tant que factions armées, nous sommes toujours prêtes à riposter et nous estimons que l’autodéfense est un droit légitime garanti même par l’Onu», a-t-il estimé. Abou Mahmoud souligne que le droit de riposte pour se défendre est «le point de divergence» entre son groupe et le président Arafat qui veut une trêve totale. «Nous n’avons pas tiré une seule balle depuis l’annonce du cessez-le-feu, mais eux (les Israéliens) continuent à tirer sur nous», a-t-il accusé. «Si Israël le veut, cette phase aura été la dernière période de violence et le sang de nos jeunes sera le dernier prix à payer pour que nos enfants vivent en paix», a-t-il estimé. «La décision est entre leurs mains, mais une seule tentative d’assassinat et nous retomberons à nouveau dans la violence», a averti Abou Mahmoud.
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