Dori «avec un i», précise cet encore très jeune homme aux très grands yeux, «c’est plus linéaire, presque minimaliste. Toute ma vie est devenue minimaliste depuis deux ans». Et Hitti, avec un i également ; Hitti comme Mounir, son père, déjà versé dans le monde de la décoration et surtout la fabrication de meubles, et comme Dani, avec un i ? l’aîné, directeur général de la société, sa tête pensante, son cœur battant. Dori, le «tout dernier», donc, 32 ans qu’il ne «fait même pas» et une carrière entamée il y a quelque huit ans. L’encore très jeune homme ne semble pas avoir changé, un air juvénile, un sourire intact, souligné par un appareil d’orthodontie qui lui donne l’apparence d’un adolescent timide mais satisfait ! Dori ressemble toujours au jeune étudiant qu’il était, le costume sombre et de lourdes responsabilités en plus, parti apprendre la beauté et les arts à Florence, ville magique presque imaginée pour les esthètes et les privilégiés. «J’aime beaucoup ce pays pour son design. Les Italiens excellent dans tous les domaines qui touchent à la beauté, la mode, les voitures, la décoration. J’aime la langue de ce pays, sa nature, les meubles italiens, la vie là-bas. Vivre à Florence et faire autre chose que le design, c’est comme aller à Las Vegas sans jouer». Dori passera dans la Cité de toutes les beautés des années marquantes, avec un – bienheureux – passage obligé à l’Académie des beaux-arts et un second au Palazzo Spinelli, «spécialisé dans le design. Cette ville offre la possibilité non pas d’étudier l’histoire de l’art mais de la vivre, et puis la liberté de s’épanouir». Il en reviendra avec un bagage culturel important, de nombreux souvenirs et… une petite Florence, aujourd’hui âgée de presque six ans. Comme la plupart de ses collègues, il affirme et confirme : «Je hais le mot décorateur ou décoration. Je suis architecte d’intérieur. Ce que je préfère, c’est étudier l’espace, le lire, apprécier et organiser les volumes. L’espace doit durer, demeurer. Le reste peut changer et évoluer. Même si je fais de la décoration aussi. Lorsque je conçois un restaurant, j’étudie les niveaux, les échelles, les hauteurs. C’est après que viennent les couleurs et les textures. Un peu comme la cravate qui suit le choix du costume». « Tout est dans les volumes » Cravate bleu marine pour Dori, qui lui confère un air brusquement plus sérieux, surtout lorsqu’il énumère la liste des endroits publics et privés qu’il a eu le bonheur d’habiller. Pour n’en citer que quelques-uns : les restaurants Sô, Grand Café, Down Town Café, Jules Verne, les boîtes Stars et Atlantis, le consulat de Chypre, le studio des nouvelles de MTV et, enfin, les hôtels Sheraton Hotel Coral Beach, Intercontinental Hotel à Faraya, Faqra Club Hotel et Best Western Plaza Hotel. De chacun de ses «passages» dans ces endroits qu’il a conçus et décorés, il dépose une empreinte facile à reconnaître et à déchiffrer, car très simplifiée jusqu’au minimalisme. «Le style minimaliste s’adapte bien à ce que j’aime. Je l’ai été – minimaliste – bien avant que la tendance ait pris cette ampleur». «Il est très difficile de faire simple, précise-t-il, tout est dans les volumes, mais aussi dans les couleurs et les choix des tissus. Bien que j’utilise souvent des styles complètement différents, venus d’inspirations différentes, je tiens à dégager une même impression, un tracé similaire, des formes cubiques, des axes, un alignement linéaire. Chez moi, tout est clair». Claires les nuances, l’architecture des lieux et la disposition des meubles et objets. Claires enfin et surtout les priorités actuelles. «Au début de ma vie professionnelle, je prenais la plupart des projets qui m’étaient proposés, ce qui était alors normal. Aujourd’hui, je dois faire une sélection car je ne peux plus me permettre de faire des erreurs». En attendant de revoir la douce Florence, Dori se réveille auprès de sa douce Florence en rêvant du client idéal qui partage avec lui son amour d’un minimalisme parfait. Chaleureux.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dori «avec un i», précise cet encore très jeune homme aux très grands yeux, «c’est plus linéaire, presque minimaliste. Toute ma vie est devenue minimaliste depuis deux ans». Et Hitti, avec un i également ; Hitti comme Mounir, son père, déjà versé dans le monde de la décoration et surtout la fabrication de meubles, et comme Dani, avec un i ? l’aîné, directeur général de la société, sa tête pensante, son cœur battant. Dori, le «tout dernier», donc, 32 ans qu’il ne «fait même pas» et une carrière entamée il y a quelque huit ans. L’encore très jeune homme ne semble pas avoir changé, un air juvénile, un sourire intact, souligné par un appareil d’orthodontie qui lui donne l’apparence d’un adolescent timide mais satisfait ! Dori ressemble toujours au jeune étudiant qu’il était, le costume...