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Actualités - Opinions

Humeur - C’est arrivé un soir de Noël

C’est arrivé une soirée, pas très loin de chez vous, dans la banlieue «chic» de la ville, celle où les villas rivalisent avec les beaux appartements, celle où l’on se croit à l’abri de ces choses qui, croit-on, n’arrivent qu’aux autres. 17 heures 15, il fait nuit, déjà. Le réverbère censé éclairer cette rue passante, mais aussi les enfants, les adultes, les personnes âgées qui rentrent chez elles, le réverbère est éteint, ce soir. Soir de fête, obscurité d’encre noire, mais ce n’est pas grave. Allez donc comprendre pourquoi, et pourquoi les réverbères sont allumés à midi, inutiles et irritants. 17 heures quinze, le garçon de 10 ans encore grisé par un père Noël auquel il continue à croire, tente de traverser la rue. Des voitures dans les deux sens, pressées, inconscientes. En une fraction de seconde, c’est le drame. Le petit garçon est renversé, projeté quelques mètres plus loin. Rien n’arrêtera le conducteur-criminel, ni les cris des témoins venus constater que, bien heureusement – un vrai miracle de Noël – il a eu plus de peur que de mal, ni les crissements des freins des autres voitures qui ont évité de justesse d’écraser l’enfant, qu’elles ne voyaient évidemment pas, étendu pas terre, ni enfin et surtout une conscience humaine chatouillée par un air de fête. Ce sont des choses qui arrivent tous les jours, près de chez nous ou un peu plus loin. Mais lorsqu’elles se répètent, lorsqu’elles se passent devant nos yeux horrifiés, un soir de Noël, elles prennent du coup l’ampleur qu’elles devraient avoir. Qui donc faut-il responsabiliser pour cette irresponsabilité collective et banalisée ? À qui faut-il se plaindre pour toutes ces rues encore plongées dans l’obscurité, une obscurité qui semble s’être installée pour ne plus repartir. Ils s’habitueront, semblent penser les responsables-irresponsables. Mais peut-on franchement s’habituer à des accidents qui peuvent coûter la vie à des citoyens déjà épuisés ? Peut-on s’habituer à vivre dans un système sans âme et sans conscience ? Et que faut-il faire pour que ces choses et d’autres, aussi graves, aussi bêtement dangereuses n’arrivent plus, ni à soi ni aux autres ?
C’est arrivé une soirée, pas très loin de chez vous, dans la banlieue «chic» de la ville, celle où les villas rivalisent avec les beaux appartements, celle où l’on se croit à l’abri de ces choses qui, croit-on, n’arrivent qu’aux autres. 17 heures 15, il fait nuit, déjà. Le réverbère censé éclairer cette rue passante, mais aussi les enfants, les adultes, les personnes âgées qui rentrent chez elles, le réverbère est éteint, ce soir. Soir de fête, obscurité d’encre noire, mais ce n’est pas grave. Allez donc comprendre pourquoi, et pourquoi les réverbères sont allumés à midi, inutiles et irritants. 17 heures quinze, le garçon de 10 ans encore grisé par un père Noël auquel il continue à croire, tente de traverser la rue. Des voitures dans les deux sens, pressées, inconscientes. En une fraction de...