L’Inde n’exclut pas une action militaire contre le Pakistan
le 20 décembre 2001 à 00h00
Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a déclaré mercredi privilégier la diplomatie, mais n’a pas exclu une action militaire contre le Pakistan accusé d’être derrière une attaque-suicide du Parlement indien la semaine dernière. Le Premier ministre a fait ces déclarations devant les députés quelques heures après que des soldats des deux puissances nucléaires d’Asie du Sud eurent échangé des tirs le long de la frontière disputée du Cachemire. Cet affrontement armé est le premier depuis que New Delhi a accusé Islamabad d’être derrière l’assaut du Parlement qui a fait treize morts jeudi dernier. Aucune victime n’a été signalée du côté indien, mais selon la police pakistanaise trois villageois ont été blessés côté pakistanais. M. Vajpayee a assuré que l’Inde ne cherchait pas à déclencher une guerre avec son voisin et rival, tout en laissant la porte ouverte à des représailles. «Personne ne réclame la guerre», a-t-il dit lors d’un débat parlementaire sur la réponse à apporter à la spectaculaire attaque. «Tous les efforts doivent être faits pour éviter la guerre», a-t-il ajouté. Le Pakistan a démenti toute implication et mis en garde l’Inde contre un recours à la force. «Nous essayons actuellement de résoudre le problème par les canaux diplomatiques. D’autres options sont ouvertes», a déclaré M. Vajpayee. Deux des trois guerres ayant opposé l’Inde et le Pakistan depuis 1947 ont éclaté à propos du Cachemire, revendiqué par les deux pays. Une insurrection musulmane contre l’Administration indienne y a fait 35 000 morts depuis 1989. Le Premier ministre a ajouté que l’Inde ne pouvait compter que sur ses propres forces dans la lutte contre le terrorisme. «Nous nous battrons seuls», a-t-il dit. Il a d’autre part rejeté l’offre d’enquêter avec le Pakistan sur l’attaque du Parlement. Le Pakistan avait réaffirmé mardi qu’il était disposé à participer à une enquête conjointe et avait demandé à l’Inde de fournir des «preuves crédibles» de ses mises en cause. New Delhi a formellement accusé Islamabad de complicité dans une attaque qui, selon l’Inde, visait à éliminer l’ensemble des dirigeants indiens. L’assaut a été mené par des islamistes basés au Pakistan et qui combattent l’administration installée par l’Inde au Cachemire, un territoire à majorité musulmane, a dit le gouvernement indien. Sur le terrain, un porte-parole militaire indien a accusé les soldats pakistanais d’avoir ouvert le feu au mortier et à la mitrailleuse dans la nuit de mardi à mercredi sur des positions indiennes le long de la ligne de contrôle, la frontière de facto qui divise le Cachemire. Les soldats indiens ont répliqué et le calme est revenu, selon le porte-parole. Le commandant de l’armée indienne, le général S. Padmanabhan, a de son côté affirmé que le Pakistan avait massé des troupes à la frontière. «Il y a un renforcement de l’autre côté», a-t-il dit tout en ajoutant qu’il n’était pas prêt à se laisser entraîner dans une aventure. À Islamabad, le porte-parole du gouvernement pakistanais a démenti ces allégations. Le général Rashid Qureshi a estimé que l’Inde cherchait peut-être «une excuse pour masser ses propres troupes à la frontière». Il a également affirmé que c’était l’Inde qui avait ouvert le feu lors de l’incident frontalier qui a duré deux heures. Les deux pays ont échangé des tirs de manière intermittente au Cachemire depuis l’échec d’un sommet en juillet entre le général Pervez Musharraf, le président pakistanais et le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee. Les États-Unis, la Chine et d’autres pays ont appelé l’Inde à la retenue pour éviter une escalade dangereuse avec le Pakistan dans une région déjà fragilisée par la guerre en Afghanistan. Mais les dirigeants indiens sont aussi soumis à des pressions de membres du Parti nationaliste de M. Vajpayee qui réclament des frappes contre des camps d’extrémistes dans la partie pakistanaise du Cachemire.
Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a déclaré mercredi privilégier la diplomatie, mais n’a pas exclu une action militaire contre le Pakistan accusé d’être derrière une attaque-suicide du Parlement indien la semaine dernière. Le Premier ministre a fait ces déclarations devant les députés quelques heures après que des soldats des deux puissances nucléaires d’Asie du Sud eurent échangé des tirs le long de la frontière disputée du Cachemire. Cet affrontement armé est le premier depuis que New Delhi a accusé Islamabad d’être derrière l’assaut du Parlement qui a fait treize morts jeudi dernier. Aucune victime n’a été signalée du côté indien, mais selon la police pakistanaise trois villageois ont été blessés côté pakistanais. M. Vajpayee a assuré que l’Inde ne cherchait pas à déclencher...
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