Réseau aux ramifications mondiales et au financement apparemment illimité, el-Qaëda, l’organisation d’Oussama Ben Laden, a une seule raison d’être : la guerre sainte contre les États-Unis. Son noyau est formé de plusieurs milliers d’anciens moudjahidine, ex-combattants d’Afghanistan contre l’occupation soviétique de 1979-89, qui opèrent aujourd’hui de la Bosnie au Tadjikistan. El-Qaëda, «la base», est accusée par les États-Unis d’être le principal groupe derrière les attaques du 11 septembre à New York et Washington, et les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Ses origines remontent aux dernières années de la présence de l’Armée rouge en Afghanistan, où Ben Laden a consolidé sa vision d’une union des musulmans dans une lutte permanente contre les puissances occidentales et leurs alliés du monde islamique, qualifiés de «traîtres». Les débuts de la formation du réseau sont généralement situés vers 1988, un an avant le retrait soviétique. Mais il a fallu attendre encore quatre ans pour que les services de renseignements occidentaux commencent à faire le rapprochement entre l’organisation et des attentats contre les forces américaines en Arabie séoudite, au Yémen et en Somalie. La guerre du Golfe de 1991 et ses suites marquèrent un tournant pour Ben Laden dans sa vindicte contre les États-Unis, à ses yeux la principale menace contre le monde musulman. Selon les services antiterroristes du département d’État, le réseau du Séoudien a participé à trois attentats à la bombe contre des soldats américains au Yémen en décembre 1992. Il a aussi revendiqué avoir abattu des hélicoptères et tué des soldats américains en Somalie en 1993. Un véritable collectif du terrorisme international L’organisation est également liée à un complot destiné à assassiner le pape Jean-Paul II lors de sa visite à Manille en 1994, à des attentats contre des vols américains transatlantiques en 1995 et un projet d’assassinat du président Bill Clinton pendant une visite aux Philippines la même année. Mais ce n’est qu’à la fin des années 1990 que l’organisation est apparue sous sa forme actuelle de véritable collectif du terrorisme international. Février 1998 a marqué le début d’un nouveau processus sur le plan théologique qui s’est traduit par la légitimation d’un jihad, «une guerre sainte» contre l’Occident. À Londres, l’organisation Azzam, regroupant des moudjahidine afghans et bosniaques, publie des instructions pour la prière du vendredi. Elle ramenait toutes les menaces de jihad et autres défis à un seul objectif contre un ennemi commun : les États-Unis et Israël. Une série de «fatwas», ou édits religieux, suivirent dans la bouche de dirigeants de groupes désireux de concrétiser l’appel aux armes. La plus importante fut prononcée le 20 février par Ben Laden lui-même, qui annonçait la création d’un «front mondial pour le jihad contre les juifs et les croisés», avec pour but de «tuer les Américains, civils et militaires». En tête de son ordre du jour, la dénonciation de la présence des forces américaines en Arabie séoudite, terre des lieux les plus saints de l’islam, et du soutien de Washington à Israël. L’organisation a fait preuve de son efficacité en faisant sauter les deux ambassades américaines en Afrique de l’Est – 224 morts – en 1998, date à laquelle elle prit son nom d’el-Qaëda. Ben Laden est aussi soupçonné d’avoir commandité en octobre 2000 une attaque à l’explosif contre le destroyer américain USS Cole dans le port d’Aden, au Yémen, où 17 marins américains trouvèrent la mort.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Réseau aux ramifications mondiales et au financement apparemment illimité, el-Qaëda, l’organisation d’Oussama Ben Laden, a une seule raison d’être : la guerre sainte contre les États-Unis. Son noyau est formé de plusieurs milliers d’anciens moudjahidine, ex-combattants d’Afghanistan contre l’occupation soviétique de 1979-89, qui opèrent aujourd’hui de la Bosnie au Tadjikistan. El-Qaëda, «la base», est accusée par les États-Unis d’être le principal groupe derrière les attaques du 11 septembre à New York et Washington, et les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Ses origines remontent aux dernières années de la présence de l’Armée rouge en Afghanistan, où Ben Laden a consolidé sa vision d’une union des musulmans dans une lutte permanente contre les...