La Grande-Bretagne pourrait annoncer dès aujourd’hui son intention de prendre la tête d’une force internationale en Afghanistan, à laquelle elle envisage d’affecter plusieurs milliers d’hommes, augmentant encore les engagements militaires britanniques à travers le monde. Selon des sources concordantes citées par la presse, le ministère de la Défense (MoD) met la dernière main aux détails de cette participation et les médias avançaient hier des chiffres allant de 800 hommes (Times) à 3 000 (Daily Telegraph). Le ministre de la Défense, Geoffrey Hoon, est resté évasif sur la taille du contingent britannique à cette force, dont le principe a été approuvé lors de la conférence interafghane de Bonn (Allemagne) la semaine dernière. L’Onu souhaite qu’elle puisse commencer à être déployée rapidement, si possible dès la mise en place du nouveau gouvernement provisoire le 22 décembre. «Je ne veux pas anticiper une quelconque décision sur le nombre (de troupes) ou sur notre rôle exact, mais nous avons dit clairement depuis le début que nous sommes prêts à fournir des troupes pour une opération de paix sous un mandat des Nations unies», a déclaré lundi à Bruxelles le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. Les médias s’accordaient aussi sur le fait que la participation britannique serait annoncée aujourd’hui mardi, à l’occasion de la visite à Londres du secrétaire d’État américain Colin Powell, trois mois après les attentats du 11 septembre. Le 17 novembre, Londres avait annoncé en fanfare la mise «en alerte maximale» de 6 000 soldats en vue d’un déploiement en Afghanistan «dans un délai de 48 heures». Le soufflé était retombé quelques jours plus tard, sous la pression conjuguée d’une Alliance du Nord hostile à une arrivée massive de troupes étrangères et d’une Maison-Blanche quelque peu irritée par ce volontarisme. L’affaire avait été embarrassante pour Londres, qui n’a pas été avare de son soutien diplomatique et militaire aux États-Unis depuis le 11 septembre. Hier, le MoD se refusait à confirmer qu’une annonce serait faite mardi, se bornant à indiquer que la Grande-Bretagne était prête à aider dans l’hypothèse où les Nations unies le lui demanderait, une «ligne» reprise par le porte-parole de Downing Street. Il est «absolument fondamental» d’avoir l’accord des Afghans avant tout déploiement, a souligné un porte-parole du MoD. «Si nous n’avons pas cet accord, il n’y aura pas de déploiement du tout». L’envoi des premiers éléments pourrait avoir lieu plus tard cette semaine ou la semaine prochaine, ont pour leur part indiqué des sources proches du ministère de la Défense. Quelque 130 Royal Marines sont aujourd’hui déployés sur l’aérodrome de Bagram, au nord de Kaboul, et des membres des forces spéciales britanniques seraient engagés aux côtés des troupes antitalibans dans l’est et le sud de l’Afghanistan. Selon le Daily Telegraph, bien informé sur les questions de défense, la contribution britannique à la force internationale serait d’une brigade composée de trois bataillons d’infanterie. Un détachement de commandement compléterait ce mini-corps expéditionnaire. Le déploiement de milliers de soldats britanniques en Afghanistan va augmenter encore un peu plus les engagements militaires déjà importants de la Grande-Bretagne à travers le monde, notent les spécialistes. Londres dispose aujourd’hui d’une armée de métier unanimement reconnue comme l’une des mieux entraînées et des mieux équipées au monde, mais dont les modestes effectifs (environ 100 000 hommes) ne sont sans doute pas à la hauteur des ambitions (et/ou du discours) du gouvernement britannique. Selon le MoD, les troupes britanniques sont déjà «déployées dans plus de 80 pays», de Belize à la Sierra Leone. Ces déploiements vont d’un seul conseiller militaire à plusieurs centaines d’hommes.
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