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Actualités - Chronologies

Le traitement chirurgical de l’épilepsie

Une équipe de neurochirurgiens de l’Université Western Ontario (Canada), sous la direction du Pr Samuel Webe, a publié le 2 août 2001, dans la revue médicale et scientifique «New England Journal of Medicine», les résultats d’un premier essai de chirurgie du cerveau en vue de contrôler les crises d’épilepsie irréductibles, récalcitrantes à tous les traitements médicaux connus. La maladie en question (épilepsie temporale), une redoutable affection cérébrale, est caractérisée par des hallucinations visuelles, auditives, olfactives, motrices et gustatives. Elle touche cinq à dix personnes sur mille, mais elle est source d’une pathologie lourde autant pour le sujet que pour sa famille et la société. La littérature et les arts comptent de nombreux génies atteints de ce mal. Dostoïevski, Van Gogh et une foule d’autres grands inspirés payaient le lourd tribut de leur génie par cette irréversible atteinte qui faisait d’eux, simultanément, des héros et des hommes ravagés de l’intérieur par un mal sur lequel ils n’avaient aucun pouvoir. Gustave Flaubert aurait-il écrit «Salammbô», Van Gogh aurait-il laisser ce magistral «râle» sur toile si leur épilepsie temporale n’avait pas atteint la source fragile et vulnérable de leur mécanique humaine ? On sait aujourd’hui que l’épilepsie temporale est une source inépuisable d’inspirations artistiques. Guy Lazorthes, dans son ouvrage Les hallucinés célèbres (Éd. Masson 2001), explique scientifiquement ce don amer du destin qui concède au sujet un pouvoir dont il paie le prix en autant d’années de souffrance. Selon l’équipe canadienne précitée, quatre-vingts patients atteints d’épilepsie temporale ont reçu un traitement antiépileptique après confirmation de leur état par l’examen clinique et l’imagerie médicale. Après tirage au sort, deux groupes se sont formés : le premier recevait un traitement médical antiépileptique, le second était soumis au traitement chirurgical en question. Les ajustements des doses de médicament antiépileptique ont été établis par des médecins ignorant totalement si les malades avaient été opérés ou non. Le résultat optimal à espérer serait l’absence de crises avec modification positive de la conscience. Les médecins ont suivi minutieusement la fréquence et l’intensité des crises, la qualité de vie, toute manifestation adverse éventuelle et, le cas échéant, le décès des sujets participant à l’essai. Le bilan, douze mois après le début de l’épreuve, annonçait que 58 % des sujets opérés n’ont pas accusé de crises. Les malades traités médicalement ont continué, dans une proportion de 92 %, à avoir des crises d’épilepsie soit généralisées soit localisées. Il faut souligner que l’épilepsie temporale déploie une palette particulièrement riche en symptômes dont l’expression clinique est constituée d’automatismes divers (végétatifs, circulatoires) mais aussi de perturbations végétatives diverses ainsi que de troubles émotionnels complexes ou simples. Invalidantes et très caractéristiques, les crises hallucinatoires, simples ou complexes, fréquentes ou rares, complètent le tableau pathologique. Pour des raisons diverses concernant autant la méthodologie que la réalisation pratique, semblable essai n’a pas pu être réalisé auparavant. La chirurgie, par ailleurs, n’a pas eu une place privilégiée jusqu’à présent dans le traitement de l’épilepsie et d’autres affections psychomentales. Selon les statistiques américaines aux États-Unis, sur 100000 patients éligibles, seuls 1500 reçoivent un traitement chirurgical annuellement. Il s’agit, pourtant, d’une chirurgie standardisée du lobe temporal dont le taux de réussite est évalué à 95 % ! Mais c’est toujours et impérativement en fonction des corrélations électrochimiques des patients et les signes observés que le médecin est en mesure de conseiller (ou pas) une chirurgie qui reste, en fait, «personnalisée» et très dépendante des relations si complexes entre cerveau et corps du patient...
Une équipe de neurochirurgiens de l’Université Western Ontario (Canada), sous la direction du Pr Samuel Webe, a publié le 2 août 2001, dans la revue médicale et scientifique «New England Journal of Medicine», les résultats d’un premier essai de chirurgie du cerveau en vue de contrôler les crises d’épilepsie irréductibles, récalcitrantes à tous les traitements médicaux connus. La maladie en question (épilepsie temporale), une redoutable affection cérébrale, est caractérisée par des hallucinations visuelles, auditives, olfactives, motrices et gustatives. Elle touche cinq à dix personnes sur mille, mais elle est source d’une pathologie lourde autant pour le sujet que pour sa famille et la société. La littérature et les arts comptent de nombreux génies atteints de ce mal. Dostoïevski, Van Gogh et une foule...