Cheikh Ahmed Yassine, que l’Autorité palestinienne a décidé de placer en résidence surveillée à Gaza, provoquant l’opposition de plusieurs centaines d’activistes, est le fondateur et le guide spirituel du mouvement intégriste Hamas. Cheikh Yassine, 65 ans, malade depuis des années, est la figure emblématique des intégristes palestiniens et son portrait s’étale partout dans la bande de Gaza. Le cheikh, dont le mouvement a revendiqué les attentats-suicide sanglants du week-end dernier en Israël, s’est dit opposé à l’arrêt des opérations tant que durera l’occupation des territoires palestiniens, dans une interview publiée mercredi par le quotidien espagnol ABC. Petit, portant la barbe et la calotte blanche des islamistes, le fondateur du Hamas, acronyme en arabe du Mouvement de la Résistance islamique, est paralysé des deux jambes depuis l’âge de 12 ans. Il avait reçu un mauvais coup à la colonne vertébrale en jouant au football dans le camp de réfugiés de Chatti dans la bande de Gaza, où il habitait. Depuis, son œil vif et très mobile et sa voix haut perchée contrastent avec son corps inerte, et il se déplace sur une chaise roulante. Ce père de onze enfants fait partie des réfugiés expulsés du territoire qui forme aujourd’hui Israël lors de la première guerre israélo-arabe, en 1948. Il est né en 1936 à Majdel, près d’Ashkélon. En 1948, son village, comme nombre d’autres, est rasé par les forces juives et il se retrouve dans la bande de Gaza, où il termine ses études secondaires. Malgré sa paralysie, il part au Caire où il passe un an à l’Université Aïn Chams. Faute d’argent, il doit interrompre ses études. Mais cette année aura été décisive pour l’avenir : c’est au Caire qu’il rencontre des fondamentalistes du mouvement des Frères musulmans. Dans les années 1970, il fonde sa propre organisation, le Moujama al-Islami, et commence à recruter des jeunes épris d’action. À l’époque, Israël laisse faire et même encourage en sous-main les intégristes qui étendent leur influence dans la bande de Gaza, afin de faire pièce au mouvement Fateh du président Yasser Arafat. Au début des années 1980, dans la foulée de la révolution iranienne, cheikh Yassine crée une organisation intégriste plus radicale, Majd el-Moudjahiddine (gloire des combattants de l’islam). Mais il est arrêté en 1984 et est condamné pour détention d’armes et d’explosifs. Il ne restera en prison qu’un an, car il est libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers. Il va alors bâtir patiemment une nouvelle organisation, le Hamas, qui proclame son existence le 14 décembre 1987, au début de la première intifada, le soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne. Arrêté en mai 1989 par Israël, puis condamné à la prison à vie en octobre 1991, cheikh Yassine reste impassible en écoutant le verdict. «Le peuple juif a bu au verre de la souffrance et a vécu dispersé dans le monde. Aujourd’hui, c’est le même peuple qui veut forcer les Palestiniens à boire à ce verre. L’histoire ne vous pardonnera pas et Dieu nous jugera tous», lance-t-il à ses juges. Il sera libéré début octobre 1997 et sera banni en Jordanie après huit ans et demi de détention sur une intervention du défunt roi Hussein de Jordanie. Ce dernier, outré par une tentative des services secrets israéliens (Mossad) d’assassiner à Amman le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, obtiendra la libération de cheikh Yassine contre celle des deux agents israéliens arrêtés en Jordanie. Après un bref séjour dans un hôpital d’Amman, cheikh Yassine regagne Gaza. Il entretient depuis des relations en dents de scie avec l’Autorité palestinienne du président Arafat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cheikh Ahmed Yassine, que l’Autorité palestinienne a décidé de placer en résidence surveillée à Gaza, provoquant l’opposition de plusieurs centaines d’activistes, est le fondateur et le guide spirituel du mouvement intégriste Hamas. Cheikh Yassine, 65 ans, malade depuis des années, est la figure emblématique des intégristes palestiniens et son portrait s’étale partout dans la bande de Gaza. Le cheikh, dont le mouvement a revendiqué les attentats-suicide sanglants du week-end dernier en Israël, s’est dit opposé à l’arrêt des opérations tant que durera l’occupation des territoires palestiniens, dans une interview publiée mercredi par le quotidien espagnol ABC. Petit, portant la barbe et la calotte blanche des islamistes, le fondateur du Hamas, acronyme en arabe du Mouvement de la Résistance islamique, est...