Réunis à Berlin, les pays donateurs d’aide humanitaire à l’Afghanistan ont fait part d’un optimisme relatif hier, après la signature d’un accord politique interafghan à Bonn, estimant qu’il incombait d’abord aux Afghans d’engager leur pays sur la voie de la reconstruction. Les participants à la conférence, qui doit se prolonger aujourd’hui, ont mis en exergue les deux ombres qui persistent au tableau, malgré la signature d’un accord sur une transition politique, sans chiffrer encore les besoins de la reconstruction. D’abord, la situation humanitaire actuelle est «désespérée», a estimé le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer, dont le pays préside jusqu’à la fin de l’année le Groupe de soutien à l’Afghanistan, créé en 1996. «Même si les possibilités d’accès se sont dans l’ensemble améliorées, le chaos, la peur et la violence règnent dans beaucoup de régions», a-t-il ajouté. Aussi, «la tâche la plus urgente est-elle maintenant d’unir toutes les forces pour que les gens surmontent le début de l’hiver», a-t-il appelé, jugeant que l’aide d’urgence ne devait pas être soumise à des conditions politiques. «Si l’aide ne parvient pas à ceux qui en ont besoin dans quelques semaines, beaucoup de personnes mourront», a mis en garde Joschka Fischer. Autre préoccupation au centre de la conférence, la reconstruction du pays à long terme. «Nous réalisons que les difficultés auxquelles nous avons fait face ne sont rien comparées à ce qui nous attend», a averti le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afghanistan, Lakhdar Brahimi, venu à Berlin pour présenter aux donateurs les résultats de Bonn. Nul ne peut «reconstruire leur pays à la place des Afghans», a-t-il lancé à l’adresse des délégués des quinze principaux pays donateurs, de l’Union européenne, des agences humanitaires des Nations unies et des ONG engagées en Afghanistan. Il a notamment appelé les nouveaux maîtres de Kaboul à œuvrer pour le retour de la paix et de la stabilité. Ces derniers semblent, selon lui, y être disposés : «Nous avons l’impression que les gens qui ont perdu le pouvoir à Kaboul en 1994 à cause de leur comportement irresponsable envers le peuple ont compris qu’il fallait mettre fin aux agissements qui les ont conduits à perdre le pouvoir». Et qu’il faut «partager le pouvoir». Les participants à la conférence, parmi lesquels le coordinateur pour les Affaires humanitaires de l’Onu, Kenzo Oshima et le haut commissaire aux Réfugiés, Ruud Lubbers, se sont contentés hier de proposer des priorités pour la reconstruction du pays, sans dresser de projet précis. En tête de liste figurent la lutte contre le trafic de drogue, le respect des droits de la femme et surtout la sécurité, en particulier dans les régions de Mazar-i-Sharif (nord), Kunduz (nord) et Kandahar (sud), dernier bastion taliban, où l’acheminement de l’aide humanitaire est quasiment impossible. Se gardant de tout pronostic sur les suites du revirement politique à Kaboul, les pays donateurs n’ont en revanche dévoilé aucune estimation financière des besoins pour la reconstruction de l’Afghanistan. Pour l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Mark Malloch-Brown, un soutien sera nécessaire sur «quatre ou cinq ans» et son ampleur dépendra de l’application par les Afghans des engagements pris à Bonn. L’Afghanistan aurait besoin de 6 milliards de dollars au total (6,7 milliards d’euros) pour sa reconstruction sur cinq ans, a indiqué l’expert pour l’Afghanistan du ministère allemand pour la Coopération et le Développement, Michael Bohnet.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Réunis à Berlin, les pays donateurs d’aide humanitaire à l’Afghanistan ont fait part d’un optimisme relatif hier, après la signature d’un accord politique interafghan à Bonn, estimant qu’il incombait d’abord aux Afghans d’engager leur pays sur la voie de la reconstruction. Les participants à la conférence, qui doit se prolonger aujourd’hui, ont mis en exergue les deux ombres qui persistent au tableau, malgré la signature d’un accord sur une transition politique, sans chiffrer encore les besoins de la reconstruction. D’abord, la situation humanitaire actuelle est «désespérée», a estimé le chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer, dont le pays préside jusqu’à la fin de l’année le Groupe de soutien à l’Afghanistan, créé en 1996. «Même si les possibilités d’accès se sont dans...