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Actualités - Chronologies

La dynastie des Sargonides

Le grand-père de notre saint, Mansour Ibn Sargoun, dirigeait les affaires financières de Damas sous le règne de l’empereur Mauricius (582 – 602), il conserva sa place après la conquête arabe par décision de Yazid Ibn Abi Soufiane, commandant de l’armée conquérante et gouverneur de la place de Damas. Moawiya, ayant hérité de la fonction après la mort de son frère Yazid, terrassé par la peste, confirma Mansour dans son poste. Les prérogatives de Mansour s’élargirent avec l’élargissement des horizons du califat. Il devint le directeur des Finances de Damas et ministre de tout l’empire. Il veillait sur les rentrées fiscales et finançait les armées de terre et de mer. Moawiya, qui descendait lui-même d’une famille de riches négociants et de financiers, appréciait à sa juste valeur le génie de son ministre dans la direction des affaires de l’État, il lui donna les pleins pouvoirs et en fit son confident et son ami. Mansour occupa son poste jusqu’à sa mort à un âge avancé. Moawiya le remplaça par son fils Sargoun Ibn Mansour et lui donna les mêmes prérogatives qu’à son père. Nous savons que Sargoun était aussi l’ami intime de Yazid Ibn Moawiya, héritier du trône. Ils passaient leur temps ensemble, soit à la résidence de Bostan el-Qat ou au quartier de Bab Touma, en compagnie du chantre des omeyyades le grand poète al-Akhtal, écoutant ses poèmes au son de la musique et buvant du vin du Liban. La confiance de Moawiya dans son ministre Sargoun était telle que sentant sa fin proche et son fils Yazid étant absent de Damas, il le nomma au sein d’une sorte de «conseil de tutelle» pour diriger les affaires de l’empire. Ce conseil était formé de trois membres : deux musulmans et le secrétaire d’État Sargoun. Après la mort de Moawiya, il était tout à fait naturel que Yazid confirme son ami Sargoun dans ses fonctions. Étant devenu indispensable dans la gestion des affaires de l’empire, il fut nommé de nouveau membre d’un «conseil de tutelle» après la mort de Yazid en 683 et en attendant que finisse la période de troubles qui surgit avec l’accession au trône du faible et incapable Moawiya II. Sargoun continua à occuper ses fonctions sous le califat de Marwan Ibn al-Hakam (684 – 685) et sous celui de son héritier Abdel-Malak (685 – 705). Bien qu’à partir de cette période on assista à une vague d’«arabisation» au sein des services de l’État, car jusqu’à cette période on utilisait encore la langue grecque à Damas et la langue copte en Égypte. Cette politique d’arabisation et d’islamisation fut entamée par Abdel-Malak. Elle tendait à éliminer des rouages de l’État les musulmans non Arabes et les Dhimmis. Sargoun garda quand même ses prérogatives et ses fonctions jusqu’à un âge avancé, à la fin du califat de Abdel-Malak. Ibn Abd Rabbihi note dans son traité «al-Aqd al-Farid», ainsi que Ibn Assaker dans son «histoire de Damas» que le calife Abdel-Malak fit remplacer son ministre Sargoun par son scribe Soleiman Ibn Saad : «il fut le premier musulman à occuper ce poste et il entreprit de l’arabiser». Dans une autre relation, il est dit que Sargoun resta aux commandes jusqu’au califat d’al-Walid (705 – 715), qui vit une arabisation complète des services. On lui arracha alors le ministère d’État et la direction des Finances pour les confier à un Arabe.
Le grand-père de notre saint, Mansour Ibn Sargoun, dirigeait les affaires financières de Damas sous le règne de l’empereur Mauricius (582 – 602), il conserva sa place après la conquête arabe par décision de Yazid Ibn Abi Soufiane, commandant de l’armée conquérante et gouverneur de la place de Damas. Moawiya, ayant hérité de la fonction après la mort de son frère Yazid, terrassé par la peste, confirma Mansour dans son poste. Les prérogatives de Mansour s’élargirent avec l’élargissement des horizons du califat. Il devint le directeur des Finances de Damas et ministre de tout l’empire. Il veillait sur les rentrées fiscales et finançait les armées de terre et de mer. Moawiya, qui descendait lui-même d’une famille de riches négociants et de financiers, appréciait à sa juste valeur le génie de son ministre...