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Actualités - Chronologies

Le grand retour des femmes à l’université de Kaboul

Les portes de l’université de Kaboul se sont rouvertes aux femmes pour la première fois samedi, après plus de cinq ans d’interdiction. «Ce n’est pas l’Afghanistan, nous sommes comme dans un rêve», s’est exclamée Zohra Rahimi, 26 ans, arrivée très tôt sur le campus de l’université située à l’ouest de la capitale pour se réinscrire à la faculté de médecine. Comme elle, des dizaines de jeunes femmes semblaient ravies mais également nerveuses en cette journée ensoleillée à Kaboul. La plupart portaient la burqa, vêtement qui recouvre le corps de la tête aux pieds. Les talibans, chassés de Kaboul le 13 novembre, avaient interdit l’enseignement aux femmes peu après avoir pris le pouvoir en 1996. Quelque 3 500 jeunes femmes, inscrites à l’université de Kaboul, s’étaient retrouvées à la maison du jour au lendemain. «J’ai passé mes journées à cuisiner, à nettoyer et à m’occuper d’autres tâches ménagères», a raconté Zohra, le visage caché par sa burqa. «Je m’ennuyais et j’étais déprimée. J’ai perdu cinq ans de ma vie». Selon l’interprétation de l’islam par les talibans, les femmes devaient rester cloîtrées chez elles. Outre l’enseignement, elles n’avaient pas le droit de travailler, à quelques exceptions près dans le secteur de la santé. Comme Zohra, Zahkia Yousufi, 25 ans, a dû abandonner ses études de médecine en septembre 1996, après seulement quatre mois et demi de cours. «Ça a été le jour le plus terrible de ma vie. Je ne l’oublierai jamais», a lancé Zahkia. «Lorsque les talibans sont arrivés à Kaboul, ils nous ont ordonné de quitter l’université et de mettre une burqa. Ensuite, j’ai été à la maison. Je regardais mes livres de cours sur les étagères et ça me faisait pleurer», a ajouté l’étudiante qui n’a pas dormi la nuit précédant son retour à la faculté tellement elle était excitée. Farida Avzali, 21 ans, est entrée samedi dans l’histoire en devenant la première femme de l’ère post-taliban à s’inscrire à l’université juste après 09h00 heure locale. Accompagnée de son père, Farida a été la première à s’asseoir dans le bureau du recteur. Elle était vêtue d’un blouson de cuir et d’une jupe violette, et ses cheveux bruns étaient recouverts d’une écharpe noire et blanche. «Je ne sais pas ce qui passera à l’avenir mais c’est un jour important pour l’Afghanistan : les femmes peuvent enfin retourner à l’université. Je suis si heureuse que le peuple afghan ait permis cela», a dit la jeune femme. Farida, qui rêve de devenir professeur d’anglais, avait étudié à l’université de Mazar-i-Sharif en 1997-1998, juste avant que les talibans ne s’emparent aussi de cette ville du nord de l’Afghanistan et ne l’empêchent de poursuivre ses études. Le recteur de l’université de Kaboul, Mohammed Akbar Aqib, nommé à ce poste par les talibans il y a cinq ans, a affirmé qu’il s’était insurgé contre l’interdiction d’enseignement pour les femmes, mais qu’il avait finalement obéi aux ordres. Cette fois, les ordres sont venus de l’Alliance du Nord qui contrôle la capitale afghane et qui lui a demandé de s’adresser, via la radio et la télévision, à toutes celles qui avaient interrompu leurs études pour leur demander de se réinscrire à l’université, à partir de ce samedi. Les cours ne doivent reprendre qu’en janvier. «Ce n’est que le premier jour. D’autres (étudiantes) viendront d’autres régions d’Afghanistan, ainsi que d’Iran et du Pakistan», a souligné le recteur.
Les portes de l’université de Kaboul se sont rouvertes aux femmes pour la première fois samedi, après plus de cinq ans d’interdiction. «Ce n’est pas l’Afghanistan, nous sommes comme dans un rêve», s’est exclamée Zohra Rahimi, 26 ans, arrivée très tôt sur le campus de l’université située à l’ouest de la capitale pour se réinscrire à la faculté de médecine. Comme elle, des dizaines de jeunes femmes semblaient ravies mais également nerveuses en cette journée ensoleillée à Kaboul. La plupart portaient la burqa, vêtement qui recouvre le corps de la tête aux pieds. Les talibans, chassés de Kaboul le 13 novembre, avaient interdit l’enseignement aux femmes peu après avoir pris le pouvoir en 1996. Quelque 3 500 jeunes femmes, inscrites à l’université de Kaboul, s’étaient retrouvées à la maison du...