Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Arafat et Sharon ne peuvent plus se contenter de belles paroles

La nouvelle médiation lancée lundi par les États-Unis met le président palestinien Yasser Arafat, mais aussi le Premier ministre israélien Ariel Sharon, au pied du mur, dans la mesure où elle testera la sincérité des professions de foi des deux parties. Même si les deux hommes ne cessent de répéter qu’ils souhaitent un arrêt des violences, le doute persiste à la fois sur la stratégie d’Israël, qui a poursuivi vendredi soir sa politique d’assassinat d’activistes palestiniens au risque de provoquer une nouvelle vague d’attentats-suicide, et sur celle des Palestiniens, M. Arafat ne semblant pas encore décidé à faire tout ce qu’il peut pour mettre fin à l’intifada, estiment des sources diplomatiques. Pour M. Sharon, la mission du général à la retraite Anthony Zinni et du secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient Williams Burns, arrivés lundi après-midi en Israël, a pour but de convaincre M. Arafat de prendre la «décision stratégique d’abandonner le terrorisme», condition sine qua non à une reprise des négociations, selon un communiqué de la présidence du Conseil. MM. Zinni et Burns ont pour tâche de parvenir à un cessez-le-feu, afin de permettre l’application du rapport Mitchell, du nom d’un ancien sénateur américain, dont l’aboutissement est une reprise des négociations sur un règlement final du conflit. «Aujourd’hui, il y a une réduction de la violence» palestinienne, a admis un responsable israélien, qui a demandé à conserver l’anonymat, «mais pas grâce aux Palestiniens». «Il y a une réduction (de la violence) grâce aux actions énergiques des forces de sécurité israéliennes, mais il y a encore 20 à 30 attaques (anti-israéliennes) par jour», a-t-il déclaré. La dernière de ces actions a été l’exécution vendredi soir, lors d’un raid d’hélicoptères, du chef de la branche armée du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) en Cisjordanie, Mahmoud Abou Hannoud, responsable de plusieurs attentats sanglants ces dernières années. «La question principale à l’heure actuelle est de savoir si les Palestiniens, comme l’a demandé Powell dans son discours, feront un effort maximum» pour mettre fin à la violence, a poursuivi ce responsable. «Ça ne suffit pas de dire “nous combattons le terrorisme”. Il faut le démontrer par des actes», a-t-il ajouté. Les Israéliens exigent avant tout de M. Arafat l’arrestation des activistes palestiniens qui préparent des attentats. Jusqu’à présent, les avis divergeaient sur l’étendue des efforts déployés en ce sens par M. Arafat, qui est soumis à d’intenses pressions américaines et européennes. Surenchère de Netanyahu Mais les Palestiniens doutent aussi de la sincérité de M. Sharon, qui affirmait encore dimanche qu’Israël ferait «tout ce qui est en son pouvoir» pour parvenir au cessez-le-feu. Dans un communiqué publié samedi, la direction palestinienne l’a accusé d’avoir opté pour une «escalade» dans le but «de faire dérailler» la mission de MM. Burns et Zinni et «d’empêcher la tenue de négociations sérieuses qui conduiraient à un règlement final reposant sur les accords existants et les résolutions internationales». Des sources diplomatiques ont estimé que des doutes existaient depuis longtemps sur la volonté réelle de M. Sharon d’entamer des négociations avec les Palestiniens, dans la mesure où la moindre concession à M. Arafat ferait sans doute exploser son gouvernement. Car le danger pour lui ne vient pas de sa gauche, puisque le Parti travailliste fait partie de sa coalition, mais de sa droite, l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu faisant de la surenchère et l’accusant de mollesse face au «terrorisme». Pour ces mêmes raisons, l’application du rapport Mitchell poserait d’énormes problèmes politiques à M. Sharon, puisqu’il prévoit un gel de la colonisation juive dans les Territoires, une mesure que la droite du Likoud (le parti de M. Sharon) et l’extrême droite récusent. Dans cette optique, le maintien par M. Sharon de son exigence d’une période de «calme absolu» de sept jours comme condition à l’application du rapport Mitchell, qu’il a réitérée lundi, accroît les suspicions à son égard. Elle donne en effet aux extrémistes palestiniens une sorte de droit de veto sur l’application du rapport
La nouvelle médiation lancée lundi par les États-Unis met le président palestinien Yasser Arafat, mais aussi le Premier ministre israélien Ariel Sharon, au pied du mur, dans la mesure où elle testera la sincérité des professions de foi des deux parties. Même si les deux hommes ne cessent de répéter qu’ils souhaitent un arrêt des violences, le doute persiste à la fois sur la stratégie d’Israël, qui a poursuivi vendredi soir sa politique d’assassinat d’activistes palestiniens au risque de provoquer une nouvelle vague d’attentats-suicide, et sur celle des Palestiniens, M. Arafat ne semblant pas encore décidé à faire tout ce qu’il peut pour mettre fin à l’intifada, estiment des sources diplomatiques. Pour M. Sharon, la mission du général à la retraite Anthony Zinni et du secrétaire d’État adjoint pour...