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Actualités - Chronologies

Surveillance high-tech pour le feu qui couve sous les décombres du WTC

Un petit avion survole régulièrement «Ground Zero». Dans sa carlingue, une caméra thermique, une autre digitale et un radar-laser sophistiqué pour surveiller le dragon tapi dans les décombres du World Trade Center. Dix semaines après l’attentat, un feu singulier couve encore dans les sous-sols, trahi par les colonnes de fumée qui s’en échappent. Des milliers de tonnes de meubles, matériaux de construction, ordinateurs, équipements divers se consument sans que les pompiers, en surface, puissent y faire grand’chose, faute d’accès aux foyers. C’est, selon les experts, le plus long feu ayant consumé un bâtiment commercial dans l’histoire des États-Unis. Ne pouvant l’attaquer directement, les pompiers se contentent d’asperger certains secteurs pour le contenir. Et pour ne rien perdre des mouvements de la bête, ils font appel aux appareils d’une société privée, qui collecte des données analysées ensuite par les géographes d’une université new-yorkaise. Bryan Logan est le président de cette entreprise, EarthData International, spécialisée depuis 50 ans dans les mesures aériennes de la terre. «Du 15 septembre au 22 octobre nous avons survolé “Ground Zero” tous les jours. Maintenant c’est toutes les deux semaines parce que cela s’est un peu stabilisé», explique-t-il. Les autorités américaines ont accordé au bi-moteur d’Earthdata l’autorisation de voler à basse altitude au-dessus de la zone, interdite à tout autre aéronef. A l’approche du sud de l’île de Manhattan, la caméra thermique se déclenche. Elle relève les différences de température et permet de faire ensuite apparaître, sur la carte du sinistre dressée avec une précision d’environ 50 cm grâce à la caméra digitale, les zones les plus chaudes en rouge, les plus froides en bleu, avec de nombreuses nuances. Le radar-laser («lidar») entre aussi en action. «Cela consiste à projeter des faisceaux laser sur les décombres afin de constituer une image très précise en trois dimensions», poursuit M. Logan. «Grâce à cela, nous pouvons surveiller le monceau de débris au jour-le-jour : bouge-t-il ? Glisse-t-il ? Ces activités pourraient mettre en danger les sauveteurs». Les données entrent ensuite dans les puissants ordinateurs du Centre pour l’analyse et la recherche des informations spatiales (Carsi) de l’Université de Hunter, à New York, et ressortent sous forme de cartes tri-dimensionnelles en couleur. «Ces cartes ont été très utiles aux pompiers et autres travailleurs parce qu’elles leur procurent des points de référence, permettent de mieux localiser les cratères et les amas», assure le Pr Sean Ahearn, directeur du Carsi. «L’imagerie thermique permet de déterminer où les feux couvent, nous surveillons aussi les dommages subis par tous les bâtiments et les progrès dans les travaux de déblaiement». L’exceptionnelle durée de vie de ces feux sous-terrains est due, selon les nombreux experts consultés par le New York Fire Department, au fait qu’ils ne peuvent être combattus directement, qu’ils disposent d’immenses réserves de combustibles et sont alimentés de façon restreinte mais régulière par des courants d’oxygène qui se glissent entre les décombres. Ces incendies sous-terrains rappellent ceux qui peuvent persister pendant des années, parfois des décennies, dans les galeries de mines de charbon. Souvent, quand les grues géantes soulèvent des morceaux de poutres d’acier tordues et calcinées, parfois chauffées au rouge, elles créent un appel d’air qui réveille un foyer. L’alerte est donnée à coups de sirène. Pompier et ouvriers se ruent alors loin du chantier, pour échapper au souffle du dragon.
Un petit avion survole régulièrement «Ground Zero». Dans sa carlingue, une caméra thermique, une autre digitale et un radar-laser sophistiqué pour surveiller le dragon tapi dans les décombres du World Trade Center. Dix semaines après l’attentat, un feu singulier couve encore dans les sous-sols, trahi par les colonnes de fumée qui s’en échappent. Des milliers de tonnes de meubles, matériaux de construction, ordinateurs, équipements divers se consument sans que les pompiers, en surface, puissent y faire grand’chose, faute d’accès aux foyers. C’est, selon les experts, le plus long feu ayant consumé un bâtiment commercial dans l’histoire des États-Unis. Ne pouvant l’attaquer directement, les pompiers se contentent d’asperger certains secteurs pour le contenir. Et pour ne rien perdre des mouvements de la bête,...